Ce début d’été promet d’être studieux. Entre la réforme des heures supplémentaires, l’augmentation du Smic, et la mise en œuvre d’une loi-cadre sur le service minimum – ou garanti – dans les transports en commun, le nouveau gouvernement vient de nous donner à tous quelques devoirs de vacances. Et ce n’est sans doute qu’un début. Alain Juppé, notre super ministre à vélo, a sûrement attendu son élection dans le Bordelais pour nous annoncer quelques magistrales réformes destinées à assurer un vrai développement durable.
Les électeurs ont voulu une rupture, et les premières vagues de ce raz-de-marée réformiste vont submerger les digues protégeant nos petites existences tranquilles. Difficile d’anticiper pour l’instant le contrecoup réel de toutes ces mesures.
La FNTV fait déjà des heures supplémentaires pour analyser leur impact sur l’activité du secteur. Ses conclusions devraient être connues avant les vacances scolaires. Les responsables d’exploitation passeront donc une partie des beaux jours à plancher sur les nouvelles grilles horaires. Car les conducteurs – à plein temps ou pas – voudront certainement gagner plus, donc travailler plus. Et il n’est pas question de les décevoir si l’on veut continuer à susciter quelques vocations.
L’instauration d’un service minimum est plus inquiétante. Peu concernés par le problème jusqu’alors, les autocaristes pourraient bien se trouver pris dans la tourmente d’une loi obligeant toutes les autorités organisatrices à négocier avec leurs entreprises délégataires. Il leur faudra alors discuter ferme, au risque de mettre en lumière des mécontentements jusque-là oubliés. On se rappelle de l’effet désastreux qu’a pu avoir, en son temps, la loi sur les 35 heures dans les relations patron-employés. Espérons que ce nouveau texte sera suffisamment bien pensé pour garantir un minimum de désagréments.
