Les autocaristes de Midi-Pyrénées vont avoir du travail! La région doit en effet rénover un tiers des 1 500 km du réseau ferré régional d’ici à 2013. D’où la fermeture totale de lignes, l’une après l’autre. Et un service de remplacement assuré en autocar.
Le 25 juillet à Toulouse, le président de la région Midi-Pyrénées Martin Malvy, le président du Réseau ferré de France (RFF) Hubert du Mesnil, et la présidente de la SNCF Anne-Marie Idrac, ont signé le protocole d’accord d’un plan Rail de 820 millions d’euros. Le plus ambitieux jamais réalisé en France. La région mettra 500 millions sur la table, en dehors de ses compétences obligatoires, qui s’ajouteront au contrat de projets État-région 2007-2013. La situation était gravissime. Alors que le nombre de voyages effectués en TER en Midi-Pyrénées est passé de 5 à 10 millions en sept ans, un audit rendu en février mettait en lumière un réseau en fin de vie.
“La poursuite des pratiques de maintenance et des budgets qui lui sont consacrés conduirait inévitablement à la fermeture de l’ensemble du réseau ferré de Midi-Pyrénées à l’exception de deux axes”, écrivait le cabinet suisse SMA, auteur du document.
“Il n’était plus possible de se contenter d’une rénovation progressive du réseau sur 15 ans”, reconnaît Hubert du Mesnil, indiquant que “malgré son ampleur et son coût, le plan devait être réalisé rapidement”. Avec une multiplication par quatre de l’investissement de RFF.
Anne-Marie Idrac souligne, de son côté, la “formidable et exigeante progression du trafic passagers TER dans cette région, qui a encore crû de 6 % au premier semestre 2007”, ainsi que le caractère pionnier du projet midi-pyrénéen. Pour répondre à l’ambition du plan Rail, la SNCF met sur pied dès septembre à Toulouse une agence de travaux dédiée. “Plus de 50 spécialistes seront mobilisés, localement ainsi que dans nos pôles d’excellence régionaux ou nationaux”, indique Anne-Marie Idrac. Les études dureront trois à quatre ans, et le premier chantier de régénération complète des voies (y compris les ouvrages d’art et la signalisation) démarrera en septembre 2008.
“L’idée est d’entrer dans une logique industrielle, explique Éric Pauchet, directeur des TER en Midi-Pyrénées. Dans d’autres régions, les travaux ont lieu l’été. Ici, nous concentrerons nos efforts sur chaque ligne, l’une après l’autre pendant quatre ans. Nous allons donc devoir densifier les chantiers, organiser la circulation des autocars de remplacement pour que ce plan pénalise le moins possible les voyageurs.”
Ces derniers ont déjà été très lésés par des annulations de trains à répétition et un défaut d’information. Fin juin, Martin Malvy avait mis en demeure solennellement la SNCF “d’assurer le bon fonctionnement des TER”. Il a examiné le plan d’amélioration du service présenté par l’opérateur public et conclu: “S’il faut aller plus loin dans le financement de l’information des usagers, nous le ferons”.
