Un nouveau nom pour un nouveau lieu. Après deux ans de travaux, le musée Champollion-Les Écritures du Monde rouvre ses portes à Figeac, patrie du célèbre égyptologue.
En 1986, Figeac, dans le Lot, décide de rendre hommage à un des enfants du pays, Jean-François Champollion, le déchiffreur des hiéroglyphes égyptiens. La ville lui consacre un musée dans sa maison natale, au cœur de la cité médiévale. Le lieu présente alors une collection d’objets liés à l’Égypte ancienne, et plus particulièrement à l’écriture des hiéroglyphes. Il y a deux ans, la municipalité décide d’amplifier cet hommage: le bâtiment est agrandi, et la collection enrichie pour offrir aux visiteurs un parcours muséographique consacré à l’histoire de l’écriture. Ouvert au public en juillet dernier, son nouveau nom témoigne de son ambition: musée Champollion-Les Écritures du Monde.
Le musée décrypte 5 300 ans d’histoire, depuis les quatre écritures fondatrices (cunéiforme, hiéroglyphique, chinoise et maya) jusqu’à celles en usage de nos jours. Il évoque la richesse et la diversité des cultures qui les ont produites, mais aussi l’évolution des premiers outils et supports de l’écriture (pierre, argile, papyrus, papier).
Plus de 600 objets, acquisitions de la ville de Figeac ou donations, sont présentés, dont plusieurs pièces rares comme le livre des morts de la défunte Néfériou (IIIe siècle av. J.-C.), une momie d’homme datant de l’époque ptolémaïque (332-30 av. J.-C.), un manuscrit arabe d’Andalousie du XIIe siècle ou encore une bible enluminée du XIIIe siècle.
Le parcours est composé de huit salles distinctes distribuées sur quatre niveaux (soit une surface de 1 000 m2). La première salle est une “invitation au musée” dédiée au génie de Champollion. Les collections de l’Égypte ancienne et divers signes (lettres, hiéroglyphes…) flottent en suspension dans les reflets de panneaux en verre noir. La deuxième est consacrée aux enjeux de l’écriture. Par le biais de manipulations multimédias, le visiteur découvre les signes, les systèmes d’écriture et leurs usages. Les salles suivantes font le récit de l’aventure des grandes écritures du monde, depuis les caractères cunéiformes de Mésopotamie jusqu’aux alphabets méditerranéens, les plus proches de nous. Pour clore le parcours, un salon multimédia invite à approfondir certains sujets à travers des vidéos et cédéroms. On y trouve notamment un document inédit sur la reconstitution d’une momie en trois dimensions.
Tout au long de la visite, plus d’une dizaine d’installations permettent une approche interactive des collections: jeux multimédias, prise d’empreintes, livres à feuilleter sur écran, points sonores, etc.
Le parcours est conçu aussi bien pour les adultes que pour les plus jeunes. Il offre en effet plusieurs niveaux de lecture, selon la curiosité et les références culturelles des visiteurs. Enfin, différentes expositions temporaires viendront mettre en valeur la collection permanente, tandis que des activités pédagogiques seront proposées aux groupes scolaires.
Jean-François Champollion est né en 1790 à Figeac (Lot). Élève hors du commun, il est capable de parler le latin à l’âge de neuf ans, l’hébreu à treize et l’arabe à quatorze. Il étudie à Figeac, puis à Grenoble. Dès le lycée, il se passionne pour l’étude des hiéroglyphes égyptiens qu’il tente de déchiffrer. Un travail de longue haleine: en 1808, il découvre le principe de regroupement des signes.
En 1810, il émet l’idée qu’ils peuvent être des idéogrammes ou des phonogrammes. En 1812, il établit une chronologie des écritures. Devenu professeur adjoint d’histoire à l’université de Grenoble, il poursuit l’étude des hiéroglyphes. À partir de 1821, il déchiffre les premiers cartouches royaux. Il lui faudra encore trois ans pour publier son Précis du système hiéroglyphique des anciens Égyptiens, et ouvrir les portes de l’égyptologie scientifique. En 1826, il est nommé conservateur des collections égyptiennes du musée du Louvre.
De 1828 à 1830, il réalise son rêve en partant pour une mission scientifique en Égypte. De retour à Paris, il obtient la chaire d’Antiquité égyptienne au Collège de France. Mais épuisé par ses travaux, il meurt à Paris en 1832. Il est enterré au cimetière du Père Lachaise.
– Groupes reçus sur rdv du lundi au dimanche de 10 h 30 à 12 h 30, et de 14 h à 17 h 30 en septembre, avril, mai et juin; de 14 h à 17 h 30 en novembre, décembre, janvier, février et mars; de 10 h 30 à 18 h en juillet et août.
– Mise en place de visites guidées pour les groupes à partir d’octobre.
– Gratuité pour le conducteur et l’accompagnateur.
– Stationnement sur l’esplanade du Foirail, à 200 m du musée (gratuit).
– Tél.: 05 65 50 31 08.
Fax: 05 65 50 16 79.
