Le modèle de gestion du métro londonien, un partenariat public-privé, chancelle sur ses bases.
Les employés du « Tube » londonien ont entamé le 3 septembre une grève de trois jours sur neuf des douze lignes que compte le plus vieux métro du monde. Les grévistes craignent pour leur emploi depuis que la société privée Metronet, chargée avec Tubes lines de l’entretien des installations, a été placée sous administration judiciaire pour mauvaise gestion. L’entreprise s’était vue refuser en juillet une rallonge budgétaire de 551 millions de livres (817 millions d’euros) par le régulateur des partenariats public-privé. Cette répartition des rôles dans la gestion du métro avait été imposée en 2003 au maire de Londres, Ken Livingstone, par Gordon Brown, alors Chancelier de l’Échiquier (ministre des Finances).
Le contrat devait généré pour les deux sociétés retenues pour l’entretien un chiffre d’affaires de 17 milliards de livres sur 30 ans.
Gordon Brown, devenu entre temps Premier ministre, joue donc ici sa crédibilité. Il compte pour l’instant sur les principaux actionnaires de Metronet, à savoir EDF Energy (filiale britannique d’EDF), Bombardier et la compagnie d’eau Thames Water, pour renflouer une fois de plus l’entreprise défaillante. De son côté, l’exploitant public du réseau, Transport of London/TLF, a annoncé qu’il pourrait faire une offre pour prendre le contrôle de Metronet. En attendant, les Londoniens, flegmatiques, marchent en pestant contre le Tube qui, "de toutes façons, est toujours en panne…"
