Cette fois, c’est la loi qui le dit. Les dispositions permettant d’assurer un service minimum dans les transports publics devront être mises en place pour le 1er janvier 2008.
Le texte validé par le Parlement place l’UTP et les syndicats devant une obligation d’entente cordiale. Selon l’organisation patronale, la présentation d’un accord de branche d’ici à la fin de l’année est parfaitement envisageable. "Dans le cas contraire, c’est un décret qui s’imposera, et personne ne le souhaite", souligne Michel Cornil, président de l’UTP.
Pour réussir à emboîter le pas de la RATP et de la SNCF, l’union des réseaux de province va mener une série de discussions avec les syndicats, le Gart et les usagers. La première rencontre se fera avec les représentants des grandes centrales le 27 septembre. "Nous allons trouver un terrain d’entente. Sur la question, les mentalités évoluent. Il y a cinq ans, il était impensable de se retrouver autour d’une table pour évoquer le service garanti. Il y deux ans nous avions été proches d’un accord. Cette année, cela devrait passer", prédit Michel Cornil. Pour faciliter la discussion, l’UTP devra certainement mettre la main à la poche et donner plus de moyens aux syndicats pour assurer leur représentativité au niveau de la branche. "Mais cela n’est envisageable qu’à la seule condition d’obtenir en contrepartie la possibilité d’offrir un meilleur service aux usagers en cas de conflit."
Avec le Gart – "J’ai prévu de rencontrer Michel Destot sur le sujet" – les discussions porteront plutôt sur la question des plans de transports prévus en cas de grève. "On ne part pas de rien. Des plans de transport existent. Ils avaient été élaborés en vue de la crainte de la grippe aviaire. Ces plans ne sont pas destinés à répondre aux conflits sociaux mais à faire face aux situations exceptionnelles", souligne Bruno Gazeau, secrétaire général de l’UTP.
Enfin, l’UTP va rencontrer les usagers qui, comme le souligne la loi, ont désormais des droits. Notamment celui d’être informés. "Mais personne ne s’est jamais réellement penché sur les attentes des voyageurs en matière d’information. Il va falloir travailler sur cette question pour apporter des réponses cohérentes et surtout normer ce qui devrait être fait", prévient Michel Cornil. Autant de travail dans un délai assez court n’inquiète pas l’UTP. "Cette loi-cadre impose de rendre compte à l’opinion publique. Or, ni les syndicats, ni les employeurs ne veulent endosser la responsabilité de l’échec de la négociation", conclut Michel Cornil.
