Rien n’arrête plus Nicolas Sarkozy. Les chantiers de l’été ne sont pas achevés qu’il s’attaque déjà à l’épineuse question de la durée du travail. Les 35 heures sont dans le collimateur.
Dans son discours du 18 septembre, le président de la République a très clairement annoncé son intention d’en finir avec la loi emblématique du gouvernement Jospin qui fixe à 35 heures la durée hebdomadaire du travail. Il souhaite que les entreprises et les branches professionnelles décident, en concertation avec les syndicats, de la durée collective du travail.
Si la référence aux 35 heures venait à disparaître, il ne resterait comme maximum autorisé que le plafond européen de 48 heures par semaine. D’ores et déjà, il préconise que des discussions s’ouvrent rapidement entre partenaires sociaux pour voir jusqu’où les accords de branches et d’entreprises peuvent aller.
Le chef de l’État souhaite aussi permettre aux salariés de revendre à leur employeur les jours de RTT ou les jours de repos compensateur non pris. Cette "monétisation" des comptes épargne-temps est déjà possible, mais dépend du bon vouloir des entreprises, qui ont globalement eu peu recours à ce système. Le principe pourrait donc devenir monnaie courante, même si l’on ignore encore comment le gouvernement compte s’y prendre. Ces deux annonces viennent s’ajouter à la loi sur le travail, l’emploi et le pouvoir d’achat (Tepa) votée en août, celle qui concerne la défiscalisation des heures supplémentaires, qui prendra effet le 1er octobre prochain.
Si l’on considère aussi l’action de François Fillon lorsqu’il était ministre du Travail de Jean-Pierre Raffarin, et qui a consisté à permettre l’augmentation du quota d’heures supplémentaires autorisé pour les entreprises, force est de constater que la loi sur les 35 heures ne sera bientôt plus que l’ombre d’elle-même.
Ce détricotage progressif vise, selon Nicolas Sarkozy, à remettre le travail au cœur de la société, pour lancer "un nouveau modèle social". Dans ce contexte, on ignore quelle sera la pérennité de l’accord social signé en 2002 dans les entreprises de transport routier de voyageurs. Va-t-il falloir remettre les partenaires sociaux autour de la table de négociation?
