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L’audace payante du Neoplan Cityliner

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L’audace payante du Neoplan Cityliner

Crédit photo David Reibenberg

Le Cityliner de Neoplan peut viser sans rougir le haut de gamme. Avec ce nouveau véhicule, le constructeur montre que son intégration dans Neoman ne lui a rien fait perdre de sa créativité. Il a même appris de Man la rigueur industrielle, tout en bénéficiant des qualités de motoriste de son propriétaire.

Il s’en est fallu de peu pour que cet essai soit marqué du sceau des champions. Participant malheureux du dernier Coach Euro Test, le Cityliner n’a pas démérité, il est simplement tombé sur plus méritant, en l’occurrence le Volvo 9 700 (voir page 24). En revanche, sur le marché français, le grand tourisme de Neoplan devance celui du constructeur suédois en terme d’immatriculations. “Nous avons pour le moment livré une vingtaine de véhicules. Il s’agit de l’objectif que nous nous étions fixé pour toute l’année 2007, c’est encourageant”, se réjouit Uwe Jurgeleit, directeur commercial de Neoman France. La bonne percée du Cityliner ne devrait pas en rester là. Le constructeur vise désormais la barre des 30 unités. Pour un véhicule de ce niveau de gamme et de prix (le modèle testé flirte avec les 280 000 euros) c’est un chiffre plus qu’honorable. L’autre satisfaction du côté de chez Neoman est l’aménagement dans lequel est généralement livré le Cityliner. “Les trois quarts de nos ventes se réalisent dans des configurations 48 ou 51 places. Sur le marché français, ce n’est pas si courant. Cela signifie que nos clients perçoivent réellement le Cityliner comme un véhicule haut de gamme”, souligne Uwe Jurgeleit. Avec en prime le Starliner au catalogue, Neoplan est vraiment bien paré sur ce créneau.

Le véhicule de l’essai

Le Cityliner s’est présenté à notre test dans sa version N 1216 HD de 12,2 m, équipé du moteur Euro 4 Man D 20 66 LOH 03 développant 400 ch. Il est couplé à une boîte de vitesses automatique ZF AS-Tronic, rebaptisée Man TipMatic par le constructeur, car elle bénéficie en plus de la fonction Easy Start, qui empêche le véhicule de reculer lors d’un démarrage en côte. Bien rodé, il affichait 20 364,2 km au compteur au départ de l’essai et accueillait son lest en soute afin d’accuser 17,83 tonnes à la pesée. Le constructeur n’a pas souhaité donner dans le spectaculaire, aussi, le Cityliner ne bénéficiait d’aucune option particulière. Dans sa définition standard, il fait tout de même plutôt envie que pitié: sièges inclinables, repose-pieds, lecteur multifonctions audio-video, deux écrans LCD, climatisation, toilettes, GPS avec écran escamotable dans le tableau de bord, caméra de recul… Sans oublier, pour le conducteur, un pare-soleil électrique ou encore des commandes au volant. La sécurité n’est pas mise entre parenthèses avec l’ESP (régulation du comportement dynamique) et le MSC (limiteur de frein continu), qui l’empêche de s’emballer dans les descentes. Ces deux dispositifs sont intégrés de série.

L’esthétique

Neoplan a un style que le temps et les changements de designers n’altèrent pas. Le Cityliner est dans cette tradition avec une allure imposante et franchement en rupture avec d’autres modèles d’autocars. Ce véhicule passe rarement inaperçu. Sa large face avant bombée et ses phares en forme de longs yeux fins, lui donnent une allure d’insecte. Une mante religieuse prête à dévorer la route. Les lignes sont fluides, jouant sur les courbes sans tomber dans un style trop mou. Quelques éléments chromés, notamment pour inscrire la marque viennent rehausser l’ensemble et permettent au Cityliner de supporter la fade couleur blanche. L’arrière reste dans le ton avec toujours ce mélange de courbes et de lignes saillantes. Sans oublier un parallélisme réussi des formes entre le capot moteur et le pare-brise.

La tenue de route et le confort

Sur un autocar visant le haut de gamme, l’implantation en 55 + 1 + 1 n’est décidément pas l’idéal. Le Cityliner y perd de son confort. L’espace entre les sièges n’invite pas spécialement aux grands voyages. Et pire, l’aménagement souffre de quelques incohérences. C’est le cas avec les deux places logées sur la cabine des toilettes. Haut perchées, elles sont vivement déconseillées aux passagers de grande taille. Par ailleurs, celle de droite a dans son dos le second écran LCD. Quand on incline le siège, le haut du dossier vient effleurer celui-ci. Le positionnement de ces deux places constitue également une gêne pour celles situées après l’accès central. La vision vers l’avant se limite dès lors à deux dossiers, une cabine de toilettes et un petit écran LCD dont la fixation assez douteuse ne limite en rien les tremblements.

Au-delà de ces quelques points regrettables, dus à une configuration inadéquate, le Cityliner présente bien des qualités. La luminosité intérieure est très bonne, entre le large pare-brise avant qui remonte sur le toit, les hautes baies latérales et les ouvertures dans le pavillon, la lumière a tout loisir de pénétrer dans l’habitacle. L’accès aux liseuses est cependant difficile. Les porte-bagages ouverts sont aériens et élégants. Ils n’alourdissent pas l’intérieur du Cityliner, qui offre un réel sentiment d’espace.

Sur le plan de la tenue de route, le grand tourisme de Neoplan est assez impressionnant. Ses suspensions sont tout simplement parfaites. Il n’y a pas de tangage, et les aspérités de la route sont bien absorbées. La climatisation est aussi efficace que discrète. Il en va de même pour le moteur, quasiment inaudible à l’avant, et incroyablement silencieux à l’arrière.

Seul bémol, une entrée d’air par la porte avant provoquait un son assez désagréable. Ce n’est peut-être qu’une question de réglage, mais sur un véhicule haut de gamme, on doit se montrer exigeant.

La consommation

Le Cityliner a bénéficié de conditions météorologiques optimales pour cet essai: temps dégagé, température clémente et absence de vent. Cela a certainement participé aux bons résultats du véhicule sur le parcours.

Avec une consommation moyenne globale de 26,47 l/100 km, il entre dans la catégorie des véhicules de grand tourisme relativement peu gourmands. Il démontre également que le système EGR, pour le passage à Euro 4, ne se stigmatise pas par un accroissement de la consommation. Le résultat a de plus été légèrement faussé, car le véhicule est resté coincé de longues minutes le moteur allumé à un péage sur la A4. Cela explique la faible vitesse moyenne sur la première étape. Sur les différentes portions, le Cityliner a d’ailleurs fait preuve d’une bonne régularité entre 26 et 27 l/100 km. Sobriété, constance et élégance, décidément, le Cityliner peut entrer la calandre haute dans le grand monde du tourisme.

L’avis de Jean-Philippe Pastre

Si l’extérieur apparaît futuriste, le poste de conduite est plus classique et rationnel. Le siège Isri est excellent et l’ergonomie sans faute. Seul vrai point noir: l’angle mort formé par l’association entre le montant de pare-brise et le rétroviseur gauche qui peut se révéler traître sur les ronds-points.

Ces derniers que l’on peut cependant aborder sereinement grâce au couplage entre l’ESP et la suspension ECAS qui rend le véhicule hyper stable.

La réactivité du ralentisseur hydraulique est très bonne. Reste la cas de la boîte ZF AS-Tronic: idéale en ville ou sur autoroute, mais à la peine sur les parcours sinueux ou en faux plats. Là, il vaut mieux reprendre la main car elle s’y révèle trop peu réactive. Un sacrilège tant le moteur fait preuve de bonne volonté et de vigueur. La fonction "manœuvres" de la marche arrière gère parfaitement le point de patinage. La direction est douce et filtre très bien les cahots. Au final, un véhicule très attachant.

Les plus

– Freinage parfait

– Confort et ergonomie

– Couple moteur et progressivité de l’embrayage en mode "manœuvres"

– Finitions

Les moins

– Boîte peu réactive sur routes sinueuses

– Angle mort 3/4 avant

– Pilotage de l’embrayage perfectible

– Absence d’espaces de rangement côté gauche

Fiche technique

Longueur/Largeur/Hauteur

12,24 / 2,55 / 3,682 m.

Moteur

Man Euro 4 D 2066 LOH 03 de 400 ch.

Boîte de vitesses

Automatisée Man TipMatic à 12 vitesses avec Easy-Start.

Freins AV et AR

À disques avec ABS, EBS, ASR, ESP et MSC. Intarder ZF.

Suspensions

Pneumatiques AV et AR.

Réservoir

480 litres.

Le tableau de bord jouit d'une bonne ergonomie. Un bémol pour le poste de conduite avec l'angle mort dû à la présence trop marquée d'un montant en plastique (ci-dessus à gauche). L'ouverture du réfrigérateur avant (à droite) ne dispose pas d'une double trappe pour permettre au guide de ranger certains documents, c'est dommage.

L'intérieur est très lumineux avec ses multiples ouvertures. Il donne un réel sentiment d'espace. Les grilles d'aération de la climatisation sont discrètement logées au-dessus des porte-bagages. Cela permet également de ne pas sentir la pulsation d'air.

Avec 400 ch sous le capot, le Cityliner a réellement du répondant.

L'accès au compartiment moteur est remarquable de facilité. À la traditionnelle trappe arrière viennent s'ajouter deux ouvertures latérales.

La maintenance est encore facilitée par la face avant qui s'ouvre pour laisser accès à la roue de secours et aux phares d'optique.

Le Cityliner offre 10,5 m3 de capacité de rangement dans ses soutes traversantes. Ce n'est pas énorme, mais Neoplan préfère optimiser le poids totalisé par le nombre de passagers transportés.

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Auteur

  • David Reibenberg
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