Il y a des moments où la France m’attriste. Elle rate son passage en finale de la Coupe du monde de rugby, se passionne pour les histoires de couple de ses dirigeants, accepte de voir transformer l’essai du Grenelle de l’environnement en listes de “mesurettes” à caractère essentiellement fiscal, et se réjouit du lancement de la prochaine saison de la Star Academy. Les plus désabusés diront qu’il fallait s’y attendre. Je reste persuadé qu’il n’y a aucun fatalisme à tout cela. Lorsqu’aux premières Assises européennes du tourisme en autocar (AETA), René Léonard, président de la FBAA, a appelé ses collègues à la révolte contre certains règlements stupides mis en œuvre par la Commission de Bruxelles, une majorité des présents a souri. Avaient-il raison de prendre ce discours à la légère? Les transporteurs de marchandises se sont attirés le respect des autorités parce qu’ils ont su montrer leur réelle capacité de nuisance routière. Au même titre d’ailleurs que les cheminots ou les traminots, qui savent rappeler aux réformateurs que la remise en cause de leurs privilèges ne vaut peut-être pas un blocage du pays.
Si un bras de fer trop répétitif nuit clairement à l’image de ceux qui revendiquent, comme en attestent les sondages concernant par exemple les grèves SNCF récentes, au moins met-il leur situation en lumière. Ce n’est pas le cas des autocaristes. À quoi sert de dresser des listes de revendications dans le cadre feutré d’un congrès, si ce n’est pour les porter ensuite haut et fort en place publique? S’il fut possible de mobiliser 700 autocars il y a quelque temps pour “monter” à Bruxelles, pourquoi ne pas envisager demain une action plus musclée devant des ministères? À en croire les débats des AETA, le tourisme en autocar au long cours est pratiquement condamné. Est-il concevable de le laisser s’éteindre dans l’indifférence? Nos voisins belges nous reprochent de parler sans agir, peut-être est-il temps de leur montrer qu’ils ont tort.
