C’est auréolé de son titre de Coach of the Year que le Volvo 9 700 s’est frotté au parcours de l’essai de Bus & Car. Aucun traitement de faveur pour le nouveau roi des autocars, qui a même souffert de piètres conditions météorologiques. Une bonne occasion d’éprouver son titre avec doigté.
C’est ce que l’on appelle une tenue de circonstance. Le Volvo 9 700 proposé pour notre essai arbore une lumineuse robe dorée. Un teint de monarque qui sied bien au Coach of the Year 2008 (voir Bus & Car no 790). Le Suédois vient juste de monter sur son trône, et compte bien favoriser le développement de la marque sur le marché hexagonal. “Le titre arrive au bon moment, nous sommes dans une dynamique globale de regain de la confiance de nos clients. Même si cela passera essentiellement par le réseau et nos équipes, le Coach of the Year ne peut être qu’un plus”, se réjouit Jean-Claude Girot, directeur général de Volvo Bus France.
Dans l’Hexagone, le deuxième constructeur mondial a derrière lui plusieurs années de vaches maigres. La faute à une politique commerciale hasardeuse et à un développement de produits peu en rapport avec les attentes des transporteurs français. Depuis quatre ans, le Suédois a repris les choses en main et fait de la France un de ses axes de développement prioritaires. Volvo Bus France a été rattaché à Renault Trucks. Ce mariage entre l’autocar et le poids lourd vise à développer le réseau. “Avec les concessions Renault Trucks nous profitons du meilleur savoir-faire français en matière d’entretien et de maintenance d’autocars. Ce n’est pas parce que Renault a vendu sa branche autocars que les concessions ne savent plus intervenir sur les véhicules”, assure Jean-Claude Girot.
Aujourd’hui, ce réseau compte 51 points Volvo Bus Services, dont la moitié est issue de Renault Trucks. L’autre évolution chez Volvo concerne la gamme. Elle est aujourd’hui quasiment complète, à l’exception de l’autocar scolaire, tant de fois annoncé en vain qu’il passe aujourd’hui pour l’Arlésienne. Le créneau du tourisme est bien doté avec le fleuron 9 900 et son petit frère titré, le 9 700. Ce dernier est de toute façon promis à une plus belle carrière commerciale, notamment pour des raisons de prix.
Sur l’année 2007, une quinzaine d’immatriculations sont au programme. Le chiffre n’est pas extraordinaire, mais cela pouvait représenter le total annuel des immatriculations de Volvo en France il y a peu. Le futur exercice sera certainement plus ambitieux, gageons que Volvo Bus France aura préparé un programme royal pour son 9 700.
Bus & Car n’a pas accueilli sur son parcours le véhicule du Coach Euro Test. Volvo Bus France a dépêché un ancien véhicule de démonstration vendu à la société Voyages N & M. Il était de ce fait bien rodé et affichait 22 661,2 km au compteur. Il était équipé du moteur de 12 l Euro 4 Volvo DH12 E développant 420 ch, couplé à la boîte de vitesses mécanique à 12 rapports, à commande robotisée, I-Shift de deuxième génération. Son lest réparti dans les soutes et dans l’habitacle le montait au PTAC maximum de 19 tonnes. En plus de son élégante robe dorée, Volvo a doté ce 9 700 de quelques options: des jantes aluminium Alcoa Dura Bright, des stores, un réfrigérateur intégré dans le tableau de bord, une machine à café à droite du siège guide, une kitchenette, un coffre-fort et un système d’écoute à la place multicanaux. Ce “petit” plus venait compléter un ensemble déjà bien fourni: climatisation, cabine de toilette, couchette conducteur, ordinateur de bord ave débitmètre et l’impressionnant ensemble audio vidéo Volvo Sound & Vision, qui inclut les deux écrans LCD de 17 et 15 pouces, le GPS, la caméra de recul.
La face avant aux lignes saillantes du Volvo 9 700 n’est pas un simple effet de style. Ce design est censé ancrer l’autocar dans la famille Volvo. Le moins que l’on puisse dire, c’est que c’est réussi. Il y a des faux airs de FH 12, S 80 ou même de moteur Penta (motorisation pour bateaux) chez le 9 700. C’est bien la seule audace du véhicule dont la ligne d’ensemble reste bien classique, dans le bon sens du terme.
Remercions les Voyages N & M d’avoir opté pour une implantation en 44 + 1 + 1. Cela permet de profiter pleinement de l’inclinaison et du confort de la sellerie. En revanche, on peut regretter les, ou plutôt le choix de coloris. C’est gris, sur gris, sur gris, ce qui ne met pas suffisamment en valeur l’aménagement intérieur du 9 700. Les racks à bagages de type avion sont à bonne hauteur et parfaitement finis. La finition est d’ailleurs un des traits de caractère de ce véhicule. L’aménagement en théâtre, héritage de Drögmöller, reste toujours aussi agréable pour les passagers. La visibilité est impeccable, du fond du véhicule jusqu’aux premières places.
Côté insonorisation, le 9 700 est particulièrement impressionnant. Le moteur se montre de la plus grande discrétion. Même au dernier rang, il est possible de suivre la conversation entre les personnes assises à l’avant et le conducteur. Seul bémol, la quiétude du moteur laisse entendre certains bruits de plastique assez désagréables. Mais des deux maux, Volvo a choisi le moindre. Le bloc liseuses et le système d’écoute à la place sont correctement accessibles, même si on a déjà connu mieux sur certains véhicules.
La tenue de route est de bonne qualité, les suspensions se jouent bien des irrégularités du parcours.
Peut-on être sacré Coach of the Year sans être particulièrement brillant dans tous les domaines? Avec le Volvo 9 700, la réponse est oui. En matière de consommation, il n’a en effet pas été des plus performants. On peut cependant rappeler les conditions météorologiques difficiles, avec un vent fort de face sur quasiment l’ensemble du parcours. Il suffit de voir les résultats de la deuxième étape, sans doute la plus escarpée et celle qui sollicite le plus des changements régimes, mais où le véhicule est aussi le plus protégé des rafales: c’est sur ce tronçon que la moyenne a été la plus flatteuse (29 l/100 km). Quant à la consommation moyenne générale de 30,22 l/100 km à pleine charge, elle reste honorable sur l’exigeant parcours conçu par Bus & Car.
Ce chiffre résume assez bien le sentiment global que donne le 9 700: un bon véhicule, sans éclat ni fausse note. Pour un outil de travail, c’est certainement là l’essentiel. Volvo a bien compris que c’est ce qu’on attend d’abord d’un autocar.
Le Volvo 9 700 se singularise par son homogénéité. Pas de point saillant ni d’excentricités, mais pas de défaut criant non plus. C’est le genre d’engin que l’on savoure avec le temps.
L’ergonomie profite d’un excellent siège conducteur et d’une commande de boîte idéalement placée. Seule critique, les témoins d’antibrouillards, microscopiques, risquent d’être oubliés facilement. Le champ de vision est bon, avec une rétrovision satisfaisante et une bonne découpe de la porte latérale. La position de conduite, assez haute, favorise la vision. L’instrumentation, issue des camions Volvo FM et FH, est lisible et très complète. L’ordinateur de bord requiert un peu d’habitude pour être pleinement exploité.
Le moteur de 420 ch s’associe bien avec la boîte robotisée I-Shift qui sait en utiliser les ressources sans le laisser s’essouffler. Ce moteur se révèle également très silencieux. Le ralentisseur hydraulique intégré est puissant et prompt. Au final, la seule originalité du Volvo 9 700 reste sa direction commandée par un petit volant, très typée "automobile”" ferme et réactive.
Les plus
• Insonorisation moteur
• Sellerie
• Maniabilité
• Boîte I-Shift réactive mais…
• Direction directe mais…
Les moins
• Effet de clavetage de la direction autour du point milieu
• Vitre descendante trop reculée
• Boîte I-Shift parfois brutale à l’embrayage
• Direction que l’on peut juger trop ferme
– Longueur/largeur/hauteur 12,30 m/ 2,55 m/ 3,70 m.
– Moteur
Volvo Euro 4 DH 12 E développant 420 ch.
Boîte de vitesses
Volvo I-Shift à 12 rapports AV.
– Freins AV et AR
À disques à commande électronique avec ABS.
Ralentisseur Voith.
– Suspensions
À air à l’avant et à l’arrière.
– Réservoir
600 litres (+ 60 litres AdBlue)
Le tableau de bord rappelle celui des camions FH et FM du constructeur. D’une bonne ergonomie, il mise sur la simplicité et l’efficacité.
La caméra de recul escamotable sort automatiquement quand la marche arrière est enclenchée.
Le guide bénéficie d’un bon nombre d’espaces de rangement.
Le réfrigérateur intégré face à lui est une option. Le véhicule de l’essai disposait également d’une machine à café.
Les porte-bagages type avion ne gâchent en rien l’impression d’espace que donne l’habitacle. Parfaitement finis, ils sont facilement accessibles.
L’aménagement en théâtre est toujours aussi agréable. On peut simplement regretter le choix des ou plutôt du coloris: gris, sur gris, sur gris.
Associé à la boîte de vitesses I-Shift, le moteur de DH 12 E de 420 ch se montre aussi performant que discret. D’une manière globale, la chaîne cinématique est bien servie, avec en prime un ralentisseur hydraulique intégré très performant.
Sur le 9 700, Volvo inaugure un nouveau système anti-encastrement: le FUPS.
En soulevant la calandre pour accéder à la roue de secours et aux éclairages, on découvre la barre jaune de renforcement et de protection.
Avec ses soutes traversantes et en incluant la couchette conducteur, le 9 700 offre 9 m3 d’espaces de rangement, un volume indispensable pour un autocar de grand tourisme.
