Coup de théâtre à Strasbourg: les eurodéputés ont adopté une résolution défendant la possibilité pour un conducteur d’autocar de tourisme de garder le volant 12 jours d’affilée. Or, depuis le 11 avril 2007, un règlement européen exigeait une coupure de 24 heures au bout de six jours. Le Conseil des ministres de Bruxelles aura le dernier mot.
Les 700 autocars en colère venus encercler la Commission européenne de Bruxelles en mars dernier ont fini par faire entendre leurs coups de klaxon. Leur revendication de rétablissement des 12 jours de conduite consécutifs sur les circuits touristiques internationaux vient en effet d’être entendue: le Parlement européen s’est prononcé en faveur du maintien de la dérogation accordée aux autocaristes depuis 1985, et qui avait été supprimée le 11 avril dernier par le règlement communautaire CE 561/2006.
Aujourd’hui, les transporteurs de voyageurs ne peuvent plus laisser le volant de leurs autocars plus de six jours consécutifs au même conducteur. Un repos de 24 heures est obligatoire pour des raisons de sécurité. "Or, les plus longues périodes de conduite sont le premier et le dernier jours", soulignent les organisations patronales, appuyées, une fois n’est pas coutume, par les syndicats de conducteurs également opposés au règlement européen. Les autocaristes doivent utiliser désormais un double équipage ce qui entraîne un surcoût d’exploitation (les tour-opérateurs font état d’une hausse de 20 % à 25 % des coûts), ou bien faire appel à des sous-traitants, ce qui n’est pas sécurisant pour la clientèle.
Dans leur résolution du 3 décembre 2007, les eurodéputés pressent donc Bruxelles d’examiner "les possibilités de repousser la période de repos jusqu’à la fin des circuits touristiques (sans dépasser 12 jours)". Un message politique fort. La FNTV, enfin appuyée par l’IRU, se déclare très satisfaite de la position du Parlement: "La suppression de cette règle a engendré une crise majeure sur le marché du tourisme en autocar. Avec des conséquences néfastes aux plans économique et social sur l’ensemble du marché du tourisme en Europe et sur les entreprises de transport". La balle est maintenant dans le camp de la Commission et du Conseil des ministres.
