Malgré cinq ans de retard sur la livraison et un budget doublé par rapport au projet initial… les Marseillais auront mérité leur nouvelle gare Saint-Charles.
Elle aurait logiquement dû être livrée dans la foulée de l’arrivée du TGV Méditerranée en 2001, mais n’a été inaugurée que le 10 décembre dernier. Et encore, tout n’est pas entièrement fini. Rien n’a été épargné à ce chantier, de la mésentente des financeurs (SNCF, Réseau Ferré de France et collectivités locales), à la faillite de l’entreprise chargée de creuser un tunnel routier pour dévier la circulation routière sous la gare.
Heureusement, la qualité architecturale des travaux réalisés pour 220 millions d’euros devrait aider les Marseillais à oublier dix ans de galère.
L’élément phare du chantier est incontestablement la grande halle Honnorat qui relie la gare routière et ses 27 quais au bâtiment historique où arrivent TGV, TER, métros et taxis. La verrière, longue de 160 mètres pour 15 mètres de hauteur, supportée par 64 colonnes de pierre blanche, abrite 24 faux arbres parfaitement reproduits pour former une véritable avenue couverte. Les promeneurs et 45 000 usagers quotidiens de ce pôle de transport multimodal pourront y faire leurs courses dans une vingtaine de commerces. La gare routière et sa dizaine de lignes régulières en direction d’Aix-en-Provence, des Alpes et de la vallée du Rhône bénéficient d’une billetterie implantée dans la grande halle.
Le concept classique de gare et même de pôle d’échange est dépassé. Le site reste un centre de transport, mais devient également un lieu de vie. Les voyageurs y croiseront les nombreux étudiants de la faculté voisine, ou ceux qui prennent le car pour les facultés d’Aix-en-Provence. Ils pourront boire un verre, manger, acheter un CD ou même des vêtements.
