En une décennie, elle a connu une croissance effrénée qui a transformé ses villes et enrichi ses habitants. Finie la terre pauvre qu’il fallait fuir.
L’Irlande est devenue ce pays à la mode qui attire les jeunes de toute l’Europe. Sans rien perdre du charme celte de ses paysages, de Dublin à Cork, du Donegal au Connemara, de Belfast à l’anneau du Kerry.
L’image de l’Irlande avec ses chaumières, ses habitants aux doigts crottés coupant la tourbe, ses paysages déchiquetés, ses enfants aux cheveux roux et aux tâches de rousseur a vécu. Aujourd’hui, une ville de la banlieue dublinoise a même élu un maire de couleur noire. Inimaginable il y a à peine 15 ans sur cette île dont la majorité des habitants fuyaient à cause de la pauvreté.
Aujourd’hui, elle est le nouvel eldorado européen! En une décennie de croissance économique effrénée (+ 6 % depuis 2004 après avoir flirté avec les 10 %) qui lui a valu le surnom de “Tigre celte”, l’Irlande traditionnelle n’a pas totalement disparu. Mais elle laisse progressivement place à un pays nouveau: jeune, urbain, et à la mode. Qui a attiré près de 10 millions de touristes en 2007 dont plus de 4 % de Français.
Longtemps cachée derrière les portes de ses belles maisons géorgiennes ou ses vieux entrepôts délabrés le long de la rivière Liffey, Dublin déborde maintenant d’énergie et d’habitants venus de toutes les parties du monde. Avec ses embouteillages, son tramway made in France (Alstom-Veolia), ses folies architecturales, sa pluie d’enseignes de luxe et une vie intense, de jour comme de nuit, la capitale irlandaise s’est métamorphosée.
Les plus vieux Dublinois trouvent même que leur ville a perdu son âme. “En quinze ans, c’est comme si Dublin était passé de Calcutta à Paris!”, ironise l’écrivain Irvin Welsh, un Écossais amoureux de la ville. Dublin symbolise bien la période charnière que vit le pays, à la fois tournée vers l’avenir et toujours attachée à ses racines celtes. Il suffit de pousser la porte de n’importe quel pub, le soir, pour comprendre. On y chante toujours Molly Malone et autres refrains traditionnels arrosés de Guinness à gogo. Mais la population est jeune (la moitié des habitants a moins de 25 ans), polyglotte (9,5 % d’étrangers en 2006 contre 5,8 % en 2002 d’après l’Office des statistiques d’Irlande) et qualifiée. À la question de savoir où s’expatrie le fameux plombier polonais, la réponse pourrait bien être… l’Irlande.
Le petit pays au trèfle vert dépasse le niveau de revenu par habitant de ses voisins (38 000 euros, 25 % de plus qu’en France), et est devenu un pôle d’attraction pour les jeunes Européens.
Mais l’Irlande reste aussi une formidable terre d’accueil pour les touristes, et si le règlement définitif du problème de l’Irlande du Nord est en aussi bonne voie qu’on nous le laisse entendre, toute l’île est fréquentable. Du nord au sud. Au moment où une trentaine d’autocaristes invités par Bus & Car et ses partenaires s’envolait pour Dublin début décembre, Tour Indicom Voyages y organisait un éductour. L’occasion de redécouvrir la ville de James Joyce, devenue aussi bouillonnante que Bono (le chanteur de U2), son plus illustre habitant. Puis de se laisser bercer par l’autocar au détour des fastueux paysages du Connemara et de l’anneau du Kerry.
Le tiraillement entre catholiques et protestants a miné l’Irlande depuis trois siècles.
D’un côté, les catholiques (les "nationalistes"), descendants des Irlandais de souche dépossédés de leurs terres pendant la colonisation anglo-écossaise des 17e et 18e siècles, aspirent à une Irlande unifiée. De l’autre, les protestants (les "unionistes"), qui ont pour ancêtres les propriétaires terriens anglo-écossais, et sont favorables au maintien de l’Irlande sous la bannière britannique. Majoritaires en Irlande du Nord, les unionistes n’ont pas reconnu la République d’Irlande née en 1921 après la guerre d’indépendance.
Aujourd’hui, on est heureusement loin de la situation explosive des années 60 et 70 qui fit plus de 3 000 morts, des milliers de blessés, et jeta en prison des centaines de prisonniers politiques supposés sympathisants de l’IRA.
Depuis 2000, le processus de paix est en marche, et après plusieurs années d’incertitude sur l’élection d’une assemblée locale et le désarmement des organisations paramilitaires dissidentes de l’IRA, le processus de paix a été relancé à Saint Andrews (Écosse) fin 2006. Début 2007, la Grande-Bretagne a dissous l’assemblée d’Irlande du Nord, ouvrant ainsi la voie à de nouvelles élections pour parvenir à un partage du pouvoir dans la province de l’Ulster. Elles ont eu lieu le 7 mars 2007 et les leaders des deux partis majoritaires se sont entendus sur ce partage du pouvoir. Le calme règne.
– Spécialiste de l’Égypte, vous vous aventurez en terre celtique depuis la création de Tour Indicom Voyages en 2000. Comment se porte la destination?
L’Irlande ne cesse de prendre de l’ampleur: en 2007, nous y avons fait partir plus de 2 000 pax, soit 28 % de notre production. L’Égypte, la Croatie et l’Europe centrale représentent les deux autres tiers.
– Le boom économique et la hausse du coût de la vie ne changent-ils pas la donne?
Il est vrai qu’en Irlande, le prix des prestations a augmenté mais, du fait de notre montée en puissance sur cette destination, j’ai réussi à négocier à la baisse mes tarifs aériens avec Aer Lingus. Ce qui me permet de compenser, par exemple, la hausse des prestations hôtelières. Nous proposons même une montée en gamme avec des établissements trois et quatre étoiles. Notre réceptif, Abbey Tours, est très bien implanté sur l’île.
– Le Sud-Ouest est le circuit le plus exploité par les autocaristes. Pourquoi ne pas ouvrir la programmation vers des contrées plus secrètes de l’île?
En 2008, nous sortons des frontières de l’Ouest:
Aer Lingus nous propose de bonnes conditions tarifaires pour nos produits week-end (3 jours / 4 nuits) avec une entrée /sortie Dublin.
Nous travaillons aussi sur un produit en étoile autour de Waterford dans le sud-est de l’île. Mais il est vrai que l’anneau du Kerry et le Connemara restent les must: avec Go Voyages, nous proposons 19 rotations annuelles sur l’aéroport de Shannon.
– Comment s’est terminée l’année 2007 pour Tour Indicom Voyages et quels sont vos nouveaux projets?
Nous terminons l’exercice 2007 avec une progression du chiffre d’affaires de 15,3 %. Après Marseille, nous avons ouvert un bureau à Lyon en 2007, et allons en ouvrir un autre à Toulouse en 2008. Après l’Irlande et l’Égypte, où nous avons notre propre réceptif, notre bateau et notre parc autocars, nous comptons développer notre production sur les pays baltes et la Bulgarie.
Propos recueillis par N. A.
