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Jouer la carte de l’expertise

La fin des procédures négociées va exiger une professionnalisation dans la rédaction et la réponse aux appels d’offres. Sur ce terrain, expérience oblige, les transporteurs ont peut-être une longueur d’avance sur les AO… Et un nouvel atout à jouer dans les relations avec les collectivités comme l’a fait apparaître la table ronde du Club Managers.

Deux enveloppes… C’est à cela, et seulement cela, que seront désormais conditionnées les attributions de services conventionnés. Tel en a décidé le Conseil d’État, le 9 juillet 2007, en annulant certaines dispositions du Code des marchés publics 2006, entraînant ainsi la disparition des procédures négociées au profit de la généralisation des appels d’offres “purs et durs” (voir fiche pratique p. 20).

Des AO souvent mal informées

Les participants du Club Managers étaient en terrain de connaissance lorsqu’Éric Ritter, juriste et animateur de la table ronde, leur a exposé le sujet. Mais s’ils avaient eu vent de l’information, il est clair qu’ils n’en avaient pas saisi toute la portée. Et pour cause. Ils pouvaient difficilement compter sur leurs AO pour livrer quelques informations sur le sujet: depuis le 9 juillet, celles-ci n’ont pas jugé utile d’entamer une concertation avec les autocaristes, bien qu’elles soient les premières concernées par la décision du Conseil d’État. “Les cahiers des charges qu’elles présenteront devront être le plus précis possible. Or les donneurs d’ordres souffrent souvent d’un manque d’informations sur la réalité du terrain, voire même sur les textes en vigueur concernant les transports. Il est assez difficile d’y accéder, même par le biais d’internet. Dans ces conditions, les transporteurs doivent mettre en avant leur expertise”, assure Éric Ritter.

De la négociation à la concertation

Ainsi, la fin des procédures négociées ne met pas un terme aux relations orales avec les AO. “Il n’est écrit nulle part qu’il soit interdit de rencontrer le responsable transport d’un département pour mieux cerner ses attentes”, martèle Éric Ritter.

Simplement les discussions vont être déplacées dans le temps. On se parlera avant l’avis d’appel public à la concurrence, pour tenter de définir les besoins réels en matière de transport, et non plus juste après dans le but de marchander sur la prestation. “Il est vrai que la phase de négociation était surtout l’occasion pour l’AO de tenter de nous faire revenir sur nos prix, ou de nous demander de présenter des modifications sur l’offre de service”, témoignent plusieurs participants.

C’est dans la durée des contrats en cours que les relations avec les AO devront être les plus actives. “Vous devez vous faire respecter comme de vrais professionnels. Votre expérience du terrain doit devenir un réel atout. Vos constatations, vos propositions devraient pouvoir prendre une valeur technique dans l’optique de la rédaction des futurs cahiers des charges”, suggère Éric Ritter. Par ailleurs, après l’envoi de ces derniers, il n’est pas interdit de s’adresser au rédacteur. “Avant d’envoyer une réponse, si un élément semble flou, il ne faut pas hésiter à demander une précision par écrit. C’est rendu d’autant plus impérieux par l’absence de négociation. Si on répond un tant soit peu à côté du sujet, on risque de se mettre directement hors-jeu, sans espoir de repêchage”, prévient l’animateur.

Rentabiliser le savoir-faire?

Il ne faut pas se méprendre. Il s’agit d’une radicalisation des relations avec les donneurs d’ordre. Il va devenir essentiel de professionnaliser la manière de les appréhender. Cela va du relationnel au quotidien à la façon de répondre aux appels d’offres. “Cela passera sans doute par la constitution d’une équipe dédiée à cette tâche et travaillant directement avec le chef d’entreprise”, préconise Éric Ritter. Visiblement, les AO n’ont pas encore entamé cette démarche de professionnalisation. “Mais elles finiront bien par se mettre au diapason de la nouvelle donne. D’ici là, elles chercheront sans doute des appuis auprès des transporteurs les plus avertis”, prévient-il. C’est sans doute là une belle carte à jouer pour les autocaristes. L’occasion de rentabiliser cette “culture du savoir-faire” qui les symbolise assez bien. “Il est vrai que jusqu’ici, nous avions tendance à faire plus de choses que ce que demandait le contrat, ou à aménager certaine incohérence qu’il comportait. Et, en échange nous ne réclamions rien”, reconnaissent à l’unisson les managers.

Il faudra désormais pointer les incohérences, notamment dans le but d’inciter les AO à rédiger des cahiers des charges le plus complets possible. “Bien souvent elles ne connaissent pas nos marchés aussi bien que nous. Elles comptent sur notre expérience pour y voir plus clair. Nous devons en tirer profit”, conclut un des participants.

Les managers 2007

Pascal Combedouzou, co-gérant de Combedouzou Autocars

Olivier Mery, Dg de Mery Autocars

Daniel Parsy, président des Autocars Finand

Rémi Chauchard, gérant des Autocars Chauchard

Étienne Miquel, directeur de Negoti Tourisme

Alain Jumeau, président des Cars Dunois

Incontournables… Après la visite de la brasserie Guinness (photo d’ouverture), le Club Managers passe à une distillerie de whisky, histoire de découvrir tous les secrets de fabrication des boissons locales. Rappelons que ce sont des moines irlandais qui ont inventé le whisky.

La visite s’achève. Dubitatifs, les invités s’interrogent, non pas sur l’avenir de leur profession, mais sur le goût des différents whiskys qui leur sont proposés à la dégustation. Tous ressortent diplômés de la distillerie Jameson.

Grande tradition locale, la course de lévriers est une excellente occasion de partager un moment typique de la vie irlandaire: l’ambiance est à la fête, et la vitesse des lévriers – jusqu’à 60 km/h – toujours saisissante.

L’attente du résultats des courses. Certains gagneront, d’autres perdront… aussi vite que les lévriers ont couru. Toujours dans la bonne humeur et l’ambiance surchauffée des salles de paris.

Dans un autocar transformé à la fois en bar et en salle de concert, les managers se rendent, dans la joie, à la dernière soirée de cette édition 2007.

Éric Ritter, juriste et habitué du Club Managers, a mis en lumière tous les avantages que les autocaristes pourront sans doute retirer de la dernière mouture du Code des marchés publics.

Les managers 2007

Pierrick Burban, directeur des Cars Menguy-Burban

Jean-Patrick Lefort, Pdg des Voyages Lefort

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Auteur

  • David Reibenberg
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