Les chantiers sociaux ouverts par le gouvernement sont si nombreux qu’un point s’imposait. Avec un objectif: se préparer plutôt que de subir.
Brosser un panorama exhaustif des réformes sociales en cours revient à dresser à une liste à la Prévert, rien n’échappant à la volonté réformiste du gouvernement. Mieux vaut donc chercher les moyens d’anticiper. Tel fut le sujet du débat lancé lors de ce Club Managers par Véronique Radet, responsable du pôle juridique et social de Réunir.
Difficile de résumer l’ensemble des discussions. D’abord, certains projets, comme celui sur la modernisation du travail (durée de la période d’essai, décompte de l’ancienneté ou introduction du concept de “flexsécurité”) n’en sont qu’au stade des réflexions. Ensuite, chacun des managers a apporté sa réflexion personnelle au travail du groupe, contribuant à l’animation des débats sans qu’une synthèse puisse être nettement dégagée.
Deux sujets intimement liés sortent toutefois du lot: la réforme des retraites et la définition de la notion de pénibilité. Dans le premier cas, il paraît évident que la durée de cotisation passera à 41 ans. Dans le même registre, il est probable que le CFA Voyageurs, considéré par le gouvernement comme un régime spécial, disparaisse dans les deux à trois ans. Tout cela devrait être discuté à partir du printemps prochain. D’un autre côté, le métier de conducteur d’autocar était jusqu’alors considéré comme pénible, d’où les aménagements du type CFA.
Les syndicats font d’ailleurs de cette classification un préambule à toute discussion sur les retraites. Or, le stress au travail ou la pénibilité sont deux chantiers complexes. Si le Medef en donne une définition particulièrement étroite, elle est totalement contestée par les organisations syndicales. Autant dire que ces sujets, peu argumentés en matière statistiques dans les transports de voyageurs, sont propices à une remise en cause profonde du management dans les entreprises. Les PME devraient d’ailleurs être en première ligne. Et il ne suffit pas de constater que les conditions varient évidemment d’un métier à l’autre, ou selon les régions, encore faudra-t-il se mettre autour de la table avec les partenaires sociaux pour établir et valider des normes précises.
Le sujet du dialogue social, et donc de la représentativité des syndicats, devrait être le grand chantier du premier semestre. On comprend bien les enjeux politiques qui se cachent derrière ce dossier. Mais ils sont tout aussi importants à l’échelle des PME. Avec le nombre de changements programmés qui devront faire l’objet d’accords d’entreprise, la qualité des interlocuteurs de la direction sera primordiale.
Et là, les avis sont assez unanimes. “Il existe un écart frappant entre les délégués syndicaux dans nos entreprises, et les représentants nationaux. Ces derniers ne connaissent rien à la réalité du terrain”, constatent la plupart des managers. Quel que soit le résultat de la réforme, il serait nécessaire de trouver en interne les “bons” délégués syndicaux. “Il s’agira d’un travail de longue haleine, prédit Véronique Radet. En commençant si possible avec un accord technique, il faudra discuter d’égal à égal, et mettre vos interlocuteurs en mesure de comprendre la globalités des problématiques de l’entreprise. Il s’agira sans doute d’expliquer ligne par ligne, mais ils seront votre relais de communication auprès des salariés. C’est donc très important”.
Ces deux exemples montrent que c’est bien à une révolution du management d’entreprise qu’il faudra faire face dans les mois qui viennent. Il convient de s’y préparer.
Jean-Pierre Fayard, président des Autocars Fayards SAS
Danièle Fraga, gérante des Transports Ferron
Paul Royer, Pdg de Royer Voyages
Philippe Girardot, co-gérant des Autocars Girardot
Vincent Dumont, Dg des Voyages Dumont
L’Irlande a su bien mettre en scène son patrimoine industriel, pour beaucoup tourné vers la production d’alcool. Ici, la distillerie Jameson.
La cuisine traditionnelle irlandaise réservera quelques bonnes surprises aux managers durant leur court séjour.
Véronique Radet, responsable du pôle juridique et social de Réunir, a voulu alerter les managers sur l’ampleur des bouleversements à attendre cette année de toutes les réformes enclenchées par le gouvernement.
François Piot, Pdg de Prêt à Partir
Muriel Ricaud, Pdg de Eyraud Voyages
Guy Villeton, Pdg des Autocars Suma
Lise Sarro, directrice des Cars Domejean
Autre découverte d’une vieille tradition locale entre deux séances de travail: l’art de la fauconnerie. Quelques chefs d’entreprises s’y essaieront, avec plus ou moins de bonheur.
