La situation est toujours instable au Kenya et les clients boudent la destination ou annulent. Le Ceto suspend les départs jusqu’au 5 février, mais certains TO protestent.
La crise politique qui secoue le Kenya depuis fin décembre a engendré 42 millions d’euros de pertes pour le secteur hôtelier sur le seul mois de janvier. "Des pertes supplémentaires sont attendues lorsque les tour-opérateurs, les compagnies et les agents auront compilé leurs chiffres d’annulation", a déclaré la fédération du tourisme kenyane à l’AFP. Et la situation s’enlise. Dans la région la plus fertile du pays, la vallée du Rift, assassinats et incendies se multiplient en raison d’une guerre ethnique entre Kalenjin et Kikuyu.
Les TO membres du Ceto programmant la destination ont donc réévalué le 17 janvier leur position sur la situation au Kenya, et décidé de suspendre tous les départs vers le pays jusqu’au 5 février inclus. Afin de protéger les intérêts des clients concernés par cette suspension, l’association recommande à ses membres d’accepter à titre commercial un report sans frais sur la même destination ou une autre destination à une date ultérieure (report valable pour une période maximum de 12 mois), et si aucune solution ne peut être trouvée, le remboursement du voyage. Ces dispositions sont également reprises par le Snav. Bien évidemment, ces mesures pourront être modifiées à tout moment en fonction de l’évolution de la situation.
Une décision qui ne fait cependant pas l’unanimité chez certains professionnels comme African Safari Club, Longs Courriers et le Groupe Vision, qui ne sont pas membres du Ceto. Ils ont écrit à René-Marc Chikli, président de l’association en lui rappelant que les "décisions de report systématique restent celles de l’association et non celles de l’ensemble des TO". Ces producteurs regrettent de ne pas avoir été consultés, et soulignent que les événements se sont déroulés à l’ouest du Kenya, "dans une région totalement en dehors des circuits touristiques et ne représentant aucun intérêt pour les safaris". Ils souhaitent donc "une relecture des positions du Ceto, à la lumière de nouveaux développements d’une actualité tendant à se stabiliser et à s’orienter vers le dialogue". De son côté, et en lien avec les TO membres du Ceto, Corsairfly a décidé d’annuler ses vols du dimanche vers le Kenya pour toute la saison hiver. Les vols du mardi sont, eux, annulés jusqu’au 5 février, une reprise éventuelle pouvant avoir lieu à compter du 12 février selon l’évolution de la situation. À l’heure où nous écrivons, une nouvelle réunion devait se tenir entre les membres du Ceto.
