Abyssin, Persan, Bengal, Manx sans queue ou Sphinx sans poils… 90 matous de 35 espèces voguent dans l’Arche Féline ancrée dans l’Eure. À visiter pour appeler un chat un chat.
Il y a eu Opale, une petite Persane bleue. Puis Ortéga, un jeune mâle crème, venu la rejoindre pour lui compter fleurette. Il y aura ensuite Océane, Nymphéas, Brindille, et beaucoup d’autres encore. Ils sont venus agrandir peu à peu la famille de félins constituée par deux amoureux et passionnés des chats, Gérard et Monique Dumont. “Notre aventure a commencé en 1999, raconte celle-ci. Nous avons craqué pour une petite boule de grands poils: Opale. Puis un jour, mon mari a croisé le regard d’un Bengal au pelage de léopard. Un vrai coup de foudre!” Suit une longue série d’adoptions. En mars 2004, le couple trouve à Vascœuil, dans l’Eure, une terre d’accueil pour sa grande famille: c’est le port d’attache de l’Arche Féline, qui rassemble aujourd’hui 90 chats adultes représentant 35 races
Tous ces matous de prestige, que les visiteurs découvrent en extérieur, disposent d’un espace couvert et “tout confort”, avec petites maisons individuelles chauffées. Les rencontres sont parfois bien surprenantes. Le Sokoké, par exemple, est le chat le plus rare du monde. Avec des pattes de derrière plus longues que celles de devant et ses larges oreilles, on le dit très bavard. L’Abyssin, appelé aussi “Bunny Cat” (chat lapin) en raison de son pelage semblable à celui du lièvre, gracieux et souple, fut l’animal vénéré par les pharaons. Il y a aussi le “chat mouton”, le Rex Selkirk, gros et au poil frisé. Si le Manx n’a pas de queue, le Sphinx du Don avec ses yeux en biais et sa grande moustache a, lui, perdu son pelage. Sa peau ridée est nue, mais au toucher, elle est chaude et délicate, dit-on. Quant à l’American Curl, ses oreilles recourbées au-dessus de sa tête font penser à deux croissants de lune, tandis que celles du Highland Fold sont tellement pliées sur son crâne rond et joufflu qu’on dirait qu’il porte une casquette. Sans oublier aussi le superbe Bombay qui ressemble à une panthère noire en miniature. “Nombre de ces espèces sont très rares, chacune a sa propre histoire et ses particularités. Dans ce cadre, et en tant qu’éleveurs, nous poursuivons notre travail de sélection, d’amélioration et de conservation des races”, souligne Monique Dumont, qui se prête bien volontiers au jeu du commentaire pour présenter sa grande famille. Il est même possible pour les visiteurs d’assister à la toilette des quatre pattes pour peu qu’ils arrivent en début d’après-midi. “Nous nous attachons à faire découvrir nos chats dans leur vie de tous les jours, et les visiteurs, jeunes ou adultes, n’y sont pas indifférents”, conclut-elle. Qu’ils soient passionnés ou simples curieux.
On dénombre aujourd’hui 80 races de chats dans le monde.
→ Ouvert du 22 mars à fin octobre, tous les jours sur rendez-vous pour les groupes.
→ Visite accompagnée sur demande.
→ Gratuité conducteur et accompagnateur.
→ Tables de pique-nique. Café offert.
→ Parking autocar sur le site.
→ Tél.: 02 35 23 10 93
→ (
Le mot chat vient du latin cattus, du verbe cattare signifiant guetter. L’histoire de ce félin est vieille de plus de 4000 ans. Dans l’Égypte ancienne, il fut vénéré parce qu’il chassait les rats porteurs de la rage dans les greniers à blé. Dans la Grèce antique, il était toléré pour son utilité. Ce sont les Romains qui ont répandu dans toute l’Europe les chats égyptiens, les emmenant partout avec eux, même durant leurs conquêtes! Au Moyen Âge, les félins deviennent les animaux du diable. Des milliers d’entre eux furent brûlés vifs, noyés ou crucifiés. La Renaissance sera tout autre, on le tolère pour ses qualités de chasseurs de rats, surtout au moment de la peste noire. Sauvé par son pire ennemi, le chat retrouve progressivement une place de choix dans la société.
La première exposition féline eut lieu en 1871 au Crystal Palace de Londres.
