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Requiem pour une réforme

Mais où est donc passé le rapport Attali? Ce document ne devait-il pas être “intégralement” mis en œuvre par le nouveau président? La levée de boucliers des taxis, ces chantres bien connus de la modernisation, a-t-elle vraiment suffi à l’enterrer “intégralement”? Bien sûr, les élus départementaux, nombreux dans les rangs de l’UMP, découvrant leur inutilité à travers ce document, ont sans doute joué aussi un rôle dans son enterrement. Mais alors que chaque groupe défend bec et ongles son pré carré, c’est peut-être le silence des penseurs du transport public qui paraît le plus étonnant. Les multiples débats organisés depuis des années sur l’intermodalité n’arrivent-ils pas à la conclusion que l’entité administrative la plus pertinente pour gérer au mieux les transports est la région? Et pourtant, personne du secteur ne s’est dit prêt à discuter sérieusement des avantages – et inconvénients – d’une telle réforme.

La France est-elle à ce point éteinte qu’il lui soit impossible de seulement débattre des changements qui pourraient lui être profitables? Finalement, il n’y aura eu aucune vraie discussion sur ce rapport. Tous ceux visés par les réformes envisagées lui ont opposé une fin de non recevoir. La gauche, par principe, ne lui a trouvé que des défauts. Nicolas Sarkozy, déjà au plus mal dans les sondages, a vite refermé la porte au nez de son conseiller d’ouverture. Les grands médias, sans doute parce qu’il est fastidieux d’analyser en détail la portée de 300 propositions, ont largement donné la parole à ceux qui faisaient le plus de bruit, c’est-à-dire à ses contradicteurs. Bien sûr, ce rapport n’est peut-être pas défendable en bloc. Mais il est dommage que le fruit d’une telle réflexion n’ait été analysé – et rejeté – qu’à travers le petit bout de la lorgnette. Tristement, le pays se montre une nouvelle fois rétif à toute forme de remise en question. Le nouveau président voulait réformer, quitte à être impopulaire. Il y a au moins un point sur lequel il tient parole.

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Auteur

  • Pierre Cossard
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