Le choix, par National Tours, d’organiser son "voyage de l’année" en combinant la Thaïlande, le Cambodge et le Vietnam n’est pas dû au hasard. Ces destinations sont dans l’air du temps.
La capitale thaïlandaise est une porte d’entrée idéale pour les visiteurs désireux de partir à la découverte de l’Asie d’aujourd’hui, elle en possède à la fois les attraits et les inconvénients. L’an passé, 16 millions de touristes ont franchi les portes de l’aéroport ultra moderne de cette agglomération tentaculaire, et le tourisme de masse est ici la principale source de revenus. Gratte-ciels et hôtels de luxe poussent comme des champignons, notamment le long du large fleuve Chao Phraya.
L’emprise urbaine est telle qu’on en oublierait presque que la ville est en partie bâtie sur des canaux. Leur découverte, parfaitement organisée, permet de retrouver quelques instants les cartes postales que chacun peut avoir en tête concernant cette destination. Pour le reste, la visite des temples, la découverte du Boudha de jade, du Boudha couché et du Palais Royal sont les grands incontournables du séjour.
Problème: les embouteillages gigantesques qui paralysent l’agglomération dès 7 h du matin, engluent parfois les autocars pendant des heures, et engendrent un niveau de pollution atmosphérique souvent difficile à supporter sous une température de 35 oC. Cette cohue permanente – typique de l’Asie, mais déroutante pour nombre d’Européens – se retrouve d’ailleurs dans un autre endroit emblématique de la destination, le fameux marché flottant. Eloigné d’une trentaine de kilomètres du centre ville, le lieu est désormais totalement dédié au tourisme. On y trouve d’ailleurs tous les ingrédients habituels: parkings d’autocars, échoppes de souvenirs et, là encore, un véritable embouteillage de bateaux surchargés d’occidentaux ou de japonais brandissant leurs appareils photo. La durée de navigation est un peu courte et beaucoup resteront sans doute sur leur faim, surtout après 1 h 30 d’autocar. Bangkok comblera en revanche la "fièvre acheteuse" du touriste classique, notamment au marché de nuit. Il conviendra toutefois de prévenir la clientèle des dangers éventuels de l’achat de faux, omniprésents. Les polos Lacoste ou les chaussures Nike achetées dix dollars ont en effet le don d’intéresser les douaniers français accueillant les touristes de retour de Thaïlande.
Après ce bain d’effervescence, les clients du “voyage de l‘année” de National Tours prennent la route vers le nord du pays, histoire de goûter à un Royaume du Siam plus traditionnel et plus calme.
La première extension proposée par National Tours est le Cambodge, avec comme point d’orgue, la découverte des temples d’Angkor. Le développement touristique du pays a commencé en 2000. Il est donc loin derrière son voisin thaïlandais, avec seulement deux millions de visiteurs en 2007. Les Français y arrivent en cinquième place. Siem Reap, qui borde le parc abritant les fameux temples, est un peu comme une ville champignon abritant tout de même 1,8 million d’habitants. Les hôtels y poussent à un rythme soutenu grâce aux investissements venus de partout, mais ne dépassent jamais quatre étages, pour ne pas dominer le plus haut des temples voisins. Avec 200 étabissements de toutes catégories, une centaine de maisons d’hôtes et autant de restaurants, toute la cité est dédiée au tourisme. Le plus agréable endroit de sortie nocturne est l’ancien quartier colonial français qui date des années 20, et regroupe les meilleurs restaurants et bars de la ville. Quant aux temples qui émergent de la jungle environnants la cité, il s’agit tout de même d’une des merveilles de la planète, inscrite au patrimoine mondiale de l’humanité. Malgré l’omniprésence touristique, la magie opère toujours. Bien sûr, on regrette parfois les grappes de Japonais, de Français ou de Coréens qui s’agglutinent devant tel ou tel monument. Ils empêchent souvent de faire "la" mythique photo des ruines empêtrées dans leur gangue de végétation. Mieux vaut finalement accepter son statut de touriste et profiter du spectacle de l’émerveillement général qui gagne les visiteurs. De dérangeantes, certaines scènes deviennent alors cocasses. Aucun client, même parmi les plus blasés, ne regrettera son passage à Angkor.
En 2007, le Vietnam a accueilli 4,2 millions de visiteurs étrangers, soit une progression de 17,2 % par rapport à 2006. Le pays s’inscrit maintenant parmi les destinations à la mode. La plupart des extensions choisies par les clients de National Tours pour le "voyage de l’année" sont là pour le démontrer. Hanoï, capitale du pays et du Tonkin, la province du nord, est une agglomération à taille plus humaine que Bangkok. Le vieux centre, d’une douzaine de kilomètres carrés, possède encore une belle architecture coloniale totalement investie d’une multitude de magasins réunis par produits. Même si les touristes parcourent les lieux en permanence, à pied ou en pousse-pousse, le commerce de ces quartiers est encore destiné aux habitants, ce qui leur donne un charme indéniable. L’autre particularité des lieux est bien entendu l’omniprésence des mobylettes et scooters. Il y en aurait 1,8 million en circulation, pour trois millions d’habitants. Ce qui apparaît de prime abord comme une singularité amusante tourne toutefois plus ou moins vite à la gêne. Ces deux-roues semblent surtout avoir été construits autour de leur klaxon, tandis que leur nombre engendre une pollution atmosphérique parfois irrespirable. Et on retrouve l’Asie moderne abandonnée à Bangkok. Côté visite, le mausolée d’Ho Chi Mhin est incontournable, comme le musée d’ethnologie, qui met en scène toute la diversité culturelle d’un pays peuplé de 54 ethnies.
Un ou deux temples rappellent enfin que malgré le régime communiste, les croyances religieuses restent encore vives. Plus humaine que Bangkok, moins touristique et provinciale que Siem Reap, Hanoï possède un charme désuet, dû en partie à la réserve de ses habitants et au fait qu’ici, pour une fois, à la nuit tombée, la vie et le commerce s’y arrêtent.
De la capitale vietnamienne, il faut trois heures d’autocar pour rejoindre la baie d’Halong, distante de 180 kilomètres. C’est un peu long, d’autant que les paysages n’ont rien de passionnant. Loin des cartes postales achetées dans les rues d’Hanoï, la baie apparaît d’abord sous la forme d’un embarcadère surpeuplé de touristes attendant de monter dans l’une des 100 ou 200 jonques amarrées là. Passé ce moment d’effervescence et le départ en flotte compact de tous les bateaux ves le large, la magie des lieux se révèle progressivement, conformément aux attentes du visiteur. National Tours propose à ses clients de passer une nuit à bord d’une des 40 jonques équipées pour accueillir des passagers sur deux jours. Les cabines, spartiates, se révèlent confortables, et la restauration à bord, logiquement à base de fruits de mer et poissons, tout à fait excellente. Avec un petit rayon de soleil, les passagers pourront aussi profiter des transats du pont pour découvrir la baie en toute quiétude. Bien organisée, la découverte de la Baie d’Halong attire deux millions d’étrangers chaque année. Si la solitude n’étreindra certainement pas les touristes, ils auront en tous cas pu voir, dans d’excellentes conditions, un des plus beaux sites d’Asie.
