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Transport scolaire: le cheval revient au galop

De plus en plus de collectivités locales font appel au cheval pour lui confier des tâches généralement réalisées par des véhicules motorisés. Exemple en Normandie avec un Percheron en lieu et place d’un autocar scolaire.

Un attelage au lieu d’une autocar scolaire? Lorsque la petite commune de Saint-Pierre- sur-Dives (Calvados) a décidé à la rentrée 2006 d’utiliser une Percheronne pour faire du ramassage scolaire, les 4 000 habitants ont ri sous cape. Depuis, tous les matins d’école, Pola traverse la ville de son trot régulier pour transporter en deux tournées 24 gamins d’un quartier périphérique vers une école maternelle. Un an et demi plus tard, le pari semble gagné, “le cheval, c’est la vedette”, selon la directrice de l’école maternelle en question.

À la suite d’un regroupement scolaire, Hervé Lucas, l’adjoint au maire chargé du tourisme a pensé à la jument municipale, qui ramassait déjà les corbeilles à papier publiques et arrosait les jardinières, pour transporter une partie des 127 élèves de ce nouveau groupe scolaire. Région et conseil général ont financé 50 % de l’investissement. Et pour compenser les trois nouveaux emplois nécessaires pour “conduire” le cheval scolaire et l’entretenir, quelques départs en retraite n’ont pas été remplacés parmi les agents municipaux.

Saint-Pierre-sur-Dives est une récidiviste: en 1993, la commune de Basse-Normandie, au cœur de l’élevage percheron, avait été la première de France à se doter d’une jument de trait (elle s’appelait Uranie) pour vider les corbeilles de la commune. Aux municipales de 1995, lorsque l’équipe dirigeante a été battue, le nouveau maire avait promis d’envoyer la jument “à la boucherie”! Grâce à la mobilisation d’une partie des habitants, Uranie a échappé aux couteaux, et repris du service depuis 2001 avec la réélection des défenseurs du cheval urbain. “L’idée de remplacer un véhicule motorisé par un animal est innovante, porteuse d’image écologique et économique: un cheval de trait coûte environ 4 000 euros et carbure à l’avoine”, rappelle l’élu. En 2006, Pola a repris le flambeau. Les scrutins du 9 et 16 mars vont-t-ils la reconduire dans ses fonctions de transporteur scolaire?

Témoignage

AMBROISE DUPONT, sénateur du Calvados, défenseur du cheval territorial: "un formidable médiateur social"

"Cantonnier, agent de surveillance, guide touristique, jardinier, transporteur d’enfants, débardeur, éboueur, le cheval est un formidable médiateur social. Il est un facteur d’apaisement, on ne klaxonne pas derrière l’animal, par exemple. Dans une société urbaine qui s’est beaucoup minéralisée, il introduit du vivant dans la ville, et intime un certain respect. C’est aussi un outil de travail urbain respectueux de l’environnement et économique, critère non négligeable avec la hausse du prix des carburants. On l’avait oublié en ville. On ne voyait guère plus que des chevaux de la Garde Républicaine à Paris. Progressivement, les communes font de nouveau appel à lui pour de multiples tâches urbaines. Les seules contraintes du cheval territorial: le nourrir, l’entretenir et le soigner. Pas plus, ni moins, que pour un véhicule utilitaire!".

QUID D’UNE RÈGLEMENTATION ÉQUESTRE?

Si la réintroduction du cheval urbain est en vogue, bien des questions se posent.

Où acheter un cheval de trait et comment bien le choisir?

Quid de la formation des agents municipaux en charge de l’animal?

Quel type d’assurance couvre le risque "cheval urbain"?

Sur quelle ligne comptable l’imputer?

Que nécessite son entretien, où le faire dormir, combien de fois par an doit passer le maréchal-ferrant?

Comment cohabite-t-il avec les autres usagers de la rue?

Les Haras Nationaux jouent le rôle d’expert auprès des collectivités locales qui veulent faire reprendre du service au cheval urbain. L’établissement public recense aujourd’hui un millier de chevaux affectés à des tâches urbaines. Et comme on ne s’improvise pas cocher urbain, les Haras Nationaux font passer le Galop 7 (diplôme de meneur) pour les futurs "conducteurs" scolaires.

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Auteur

  • Nathalie Arensonas
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