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INTERVIEWS: ALAIN JUPPÉ, maire UMP, et ALAIN ROUSSET, candidat PS

Bordeaux: le tram transporte Juppé au sommet des sondages

Dernier volet de notre série consacrée aux enjeux du transport public lors des élections municipales de mars. Interviewés: Alain Juppé, le maire sortant UMP et son challenger Alain Rousset, tête de liste socialiste,Vert et communiste. Sur les grands dossiers d’infrastructures, les positions des deux candidats sont assez proches.

Alain Juppé, ancien ministre et Premier ministre, maire UMP de la capitale d’Aquitaine depuis 1995 joue son avenir politique dans cette élection. S’il échoue, il disparaît, au moins un certain temps, de la scène politique locale et nationale. À en croire les nombreux sondages, cinq consécutifs donnent le maire sortant gagnant des urnes, dès le premier tour.

Son challenger socialiste, Alain Rousset, savait, dès le départ, que le combat serait rude dans cette ville qui a toujours voté pour un maire de droite depuis 1947. Après un début de campagne hésitant, le président de la Région Aquitaine et de l’Association des régions de France (ARF) a fait feu de tout bois. Les deux hommes ont en commun, parmi d’autres choses, d’avoir chacun présidé la Communauté urbaine de Bordeaux (27 communes), autorité organisatrice de transports et maître d’ouvrage de nombreux dossiers de transport: tramway, bus, franchissements. Leurs visions des transports publics et de leur avenir dans l’agglomération sont donc assez convergeantes.

– Si vous êtes (ré)élu à la mairie de Bordeaux, quelles seront vos priorités en matière de transports collectifs?

Alain Juppé: C’est en priorité le développement du transport collectif en site propre, notamment du tramway, même si c’est une compétence de la Communauté urbaine (CUB), qui retiendra mon attention. Il va falloir s’attaquer à la troisième phase du tramway (déjà trois lignes, soit 43,8 kilomètres existants sur la CUB, Ndrl). Il faudra également développer un site propre dans le nouvel “arc de Bordeaux” qui passera de la rive gauche à la rive droite via le futur pont Bacalan-Bastide jusqu’à un autre pont en projet au sud de Bordeaux. Il va aussi falloir améliorer la complémentarité entre le tram et les bus, avec une concertation plus approfondie. Concernant les modes doux, nous avons lancé un appel d’offres pour un projet de vélos en libre accès type Vélib’.Enfin, je suis en faveur de la gratuité des transports pour les familles à partir du troisième enfant.

Alain Rousset: Il faut bien sûr poursuivre la troisième phase du tramway et encourager les parcs-relais autour du tram. De manière générale, il faut développer les transports en commun en site propre comme le busway (bus à haut niveau de service, Ndlr), notamment sur les boulevards où il faudrait développer des zones de circulation à 30 km/h à l’intérieur. Il faut ensuite améliorer les dessertes de bus, promouvoir l’autopartage, le covoiturage et les modes de déplacements doux (piétons et vélos). On souhaite d’ailleurs créer un service de vélos en libre-service en partenariat avec la CUB, et faire en sorte qu’il y ait plus de places vélos dans les parkings publics de surface et dans ceux des résidences.

– Votre position en faveur du pont levant Bacalan-Bastide, avec emprise pour un transport en site propre à l’entrée nord de la ville,est-elle irrévocable et pourquoi?

A. J.: C’est une nécessité absolue. Le pont fait partie intégrante du projet urbain lancé en même temps que le tramway. Il est indispensable d’avoir ce pont levant, surtout qu’on nous annonce le retour de paquebots dans le port de Bordeaux. Il faut un pont plutôt qu’un tunnel pour des questions de coût, mais aussi pour créer un lien urbain et social entre les deux rives. Impossible si nous retenions l’option tunnel.

A. R.: Au-delà du lien urbain entre les deux rives, ce projet de pont doit permettre de relancer l’avenir fluvio-maritime de Bordeaux: les bateaux de grande taille pourront à nouveau venir au cœur de la ville. La municipalité actuelle ne s’en est pas occupé, mais il faut développer une activité fluviale de transports et de loisirs avec, notamment, des navettes régulières qui seront intégrées au réseau des transports colectifs.

– Les principaux élus girondins ont abandonné l’idée d’un grand contournement – une autoroute avec peu de péages – à l’ouest de Bordeaux. Est-ce une décision politique raisonnable sachant l’augmentation inéluctable du trafic routier local et international?

A. J.: Ou bien on considère que l’augmentation du fret routier est inéluctable, auquel cas, il faudra se résigner à envisager ce type d’infrastructure. Ou bien on arrive à faire basculer ce trafic sur le ferroviaire et le maritime. Avec deux moyens: taxer le fret routier comme en Allemagne – le Grenelle de l’environnement l’envisage – et faire des réformes à la SNCF pour rendre le fret ferroviaire plus fonctionnel et compétitif.

A. R.: C’est une décision irrévocable si on veut bien faire du report modal une priorité, ce que j’ai dit depuis longtemps à la région Aquitaine, et commencé à financer. Il faut marquer un coup d’arrêt au transport routier international de marchandises et développer des modes alternatifs comme le fret ferroviaire. Parallèlement, il faut bâtir des autoroutes maritimes qui partiront et rejoindront l’Espagne.

Une polémique persiste sur la pertinence du type de franchissement – pont ou tunnel – sur son gabarit (quatre ou deux voies) et sa conformité avec le classement mondial de Bordeaux à l’Unesco.

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Auteur

  • Claudia Courtois
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