Le premier bilan du MAP version B to B est loin d’être à la hauteur des espérances de ses organisateurs. Les aficionados du MIT ne s’y sont pas retrouvés, au propre comme au figuré. Il fallait beaucoup de chance, de la patience et de bons yeux pour rencontrer un autocariste au détour d’une allée. Ce constat est moins vrai pour les autres professionnels du tourisme, même si, en plein démarrage des réservations estivales, seuls les patrons se sont vraiment déplacés. Conséquences, malgré leur pertinence, les conférences et autres ateliers n’ont pas attiré les foules. Quant aux exposants du hall 3, ils frôlaient la neurasthénie. À moitié vide, bas de plafond, drapé de tentures noires un peu partout, le lieu évoquait plus volontiers les décors de la série Sixt feet under qu’un salon dédié au envies de vacances. Pire, lors des deux premières journées, de nombreux clients – vieux présidents d’associations diverses, vieux papivores, vieux tout court, ou jeunes étudiants fatigués de leur salon voisin – ont pu se glisser entre les mailles fort lâches des filets vérificateurs de badges. La bonne fréquentation du grand public ne rattrapera pas tous ces ratés, et les seuls qui peuvent se montrer vaguement satisfaits de l’événement sont pour l’instant les organisateurs de Top Résa. La balle estampillée B to B est en effet dans leur camp pour cette année. Mobiliseront-ils à Paris comme ils l’espèrent? Pas si sûr. D’autant que les cartes se brouillent un peu plus du côté des autocaristes, décidément fort courtisés. En effet, un collectif de constructeurs de véhicules et la FNTV annoncent la tenue fin octobre d’une manifestation nouvelle. On ne veut pas encore donner son nom ou avouer qu’elle se déroulera à Nice, mais elle se présente volontiers comme le rendez-vous de l’autocar et… du tourisme, encore lui. Et l’on se prend à regretter la simplicité d’hier. Chacun savait qui produisait quoi, qui vendait quoi, où et quand s’exposait qui, et à qui s’adressait qui… Et puis sont arrivés les notions marketing de B to B, de B to C, et de B to B to C, pas simple.
