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MAP: le concept doit encore faire ses preuves

Le MAP n’a pas totalement convaincu les professionnels, contrairement au grand public. Un constat amer, mais dont les enseignements devraient permettre de rectifier le tir pour la seconde édition.

Tous les professionnels du tourisme n’étaient pas au rendez-vous de la première édition du MAP, du 13 au 17 mars derniers à la porte de Versailles. Les organisateurs annoncent 11 607 visiteurs professionnels, soit moins que les 15 000 escomptés. Il est vrai que Top Résa et le MIT International avaient eu lieu à peine cinq ou six mois avant. Un délai qui, par exemple, n’a pas incité les autocaristes à venir nombreux.

Pour eux, la saison 2008 est d’ores et déjà bouclée, et les exposants n’étaient pas prêts pour 2009. Certains ont compensé en allant à la rencontre de quelques-uns de leurs fournisseurs, ou se sont arrêtés devant les stands de prestataires susceptibles de leur apporter de nouvelles idées. Ils y ont passé moins de temps, une journée maximum, suffisamment pour découvrir une première édition que beaucoup espéraient être “la continuité du MIT International”, du moins dans le cadre des journées purement professionnelles. Plus généralement, en plein démarrage de l’activité des voyagistes, il était difficile de mobiliser ses vendeurs. Les exposants l’ont bien ressenti. Enfin, le mélange des genres en a aussi dissuadé plus d’un. Même s’ils avaient la possibilité de planifier leur venue tout au long des cinq jours du salon, ceux qui ont fait le déplacement se sont concentrés sur les deux premières journées.

De leur côté, les exposants ont dû faire face à la difficulté de gérer deux clientèles. Certains d’entre eux ont joué le jeu en enlevant dès le vendredi soir leurs brochures professionnelles avant l’arrivée du grand public. “Peut-être aurait-il fallu réserver totalement un hall à l’accueil des professionnels, et bien les séparer du grand public?”, entendait-on souvent. Les prestataires présents dans le hall 3 ont été les plus pénalisés, la majorité ayant l’impression d’avoir été installés là par manque de place.

Succès pour le B to C

Si la partie B to B du MAP devra être clairement repensée, la venue en nombre du grand public – environ 94 000 visiteurs – a plutôt “rattrapé” les deux premières journées. Les allées du salon n’ont pas désempli pendant trois jours. Les organisateurs n’avaient pas lésiné sur les campagnes de communication dans la presse écrite, à la radio et à la télévision. “Cela a permis de mettre en avant nos marques et de faire connaître nos entreprises”, ont constaté les exposants. Beaucoup de voyagistes, peu habitués à ce public, ont toutefois découvert avec un certain étonnement les “dévoreurs” de brochures bien connus de toutes les manifestations de ce type. En final, certains se réjouissaient toutefois des nombreuses ventes effectives.

Le MAP, dont les dates de l’édition 2009 ne sont pas encore arrêtées, devra indéniablement “revoir sa copie” pour les professionnels. Une enquête devrait d’ailleurs être réalisée auprès des exposants pour préciser les améliorations qui seront nécessaires. Les enjeux sont d’autant plus importants que Top Résa se tient déjà en embuscade, prêt, sans doute, à jouer sur toutes les faiblesses constatées chez son concurrent.

Les anciens du tourisme ont bon pied, bon œil

L’Association française des seniors du Tourisme (AFST) a tenu sa première assemblée générale au MAP où près de 70 pionniers s’étaient donné rendez-vous. L’association a vu le jour fin 2007 à l’initiative de Michel Messager, qui a terminé sa carrière professionnelle en tant que secrétaire général de l’APS.

L’AFST s’est donnée pour objectif d’informer les jeunes en recherche d’orientation professionnelle sur les métiers du tourisme, de mener des actions de tutorat ou de conseil, mais aussi de solidarité envers les anciens du tourisme, d’aider les enfants défavorisés à partir en vacances, etc.

LUC CHATEL: SON PREMIER (ET DERNIER) MAP

Luc Chatel, alors encore secrétaire d’État chargé du Tourisme, a inauguré le MAP le 13 mars. "Aux yeux du gouvernement, le tourisme est désormais un levier de croissance, un facteur de compétitivité et d’attractivité, une véritable industrie créatrice de valeur et d’emploi", a-t-il déclaré en guise d’introduction. Rappelant qu’au niveau mondial, la part des revenus consacrés aux voyages et au tourisme ne cesse de croître, il a évoqué une hausse de 80 % des flux touristiques d’ici à 2020, d’après les chiffres de l’Organisation mondiale du tourisme. "En 2007, la France a battu un record historique, en accueillant plus de 80 millions de visiteurs", souligne-t-il.

L’objectif du tourisme français est double: valoriser clairement la richesse et la diversité de son offre, et poursuivre sa montée en gamme (la réforme des hébergements touristiques sera une première étape).

Enfin, le secrétaire d’État chargé du Tourisme a annoncé une évolution à venir de la réglementation de la vente de voyages. "Suite aux déclarations de Christine Lagarde, ministre de l’Économie, sur cette réglementation et compte tenu des contraintes réglementaires communautaires qui s’imposent à nous, j’ai décidé de rassembler toutes les parties prenantes, publiques et privées, pour constituer un comité de pilotage sur ces questions essentielles. Ce comité sera réuni au ministère de l’Économie et des Finances dès le mois d’avril", a-t-il annoncé. Son successeur, Hervé Novelli, tiendra-t-il cette promesse?

VOYAGES DAUMIN Jean-Michel Daumin, directeur

“Je suis venu au MAP par curiosité, pour rencontrer des prestataires que je ne connais pas. Je pense en particulier aux destinations lointaines sur lesquelles je viens à la pêche aux nouvelles idées.

Cependant, l’année 2008 est bouclée, et il est encore trop tôt pour s’informer sur l’an prochain. Je le regrette. Peut-être en sera-t-il autrement lors de la prochaine édition. Je ne suis en revanche présent qu’aux deux journées purement professionnelles, car il n’y a aucun intérêt à venir côtoyer le grand public”.

VOYAGES RICHOU Daniel Richou, Pdg

“Je viens juste une journée au MAP car pour nous la saison démarre, et nous avons moins de temps libre. C’est un premier salon, il doit trouver ses marques, et je suis là plutôt en observateur. Il faut repérer qui est là, qui n’y est pas, et quels sont les objectifs des uns et des autres en choisissant d’exposer lors de cette nouvelle manifestation. Je n’y traiterai aucune affaire pour 2009, car nos fournisseurs habituels ne sont pas prêts”.

JACQUESON TOURISME Jean-Pierre Jacqueson, Pdg

“Nous sommes en pleine saison pour les ventes, et nous n’avons pas pu faire venir nos vendeurs. Et puis, nous ne savons pas trop qui sera présent. Les exposants que j’ai rencontrés me semblent plus en attente du grand public que des professionnels. C’est une impression dérangeante. Cependant, le MAP me donne l’opportunité de découvrir de nouveaux prestataires, comme ces deux réceptifs sur l’Afrique avec qui j’ai pris contact”.

Propos recueillis par Catherine Mautalent

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Auteur

  • Catherine Mautalent
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