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RFF/SNCF

La Cour des comptes lance un pavé sur les voies

Un rapport de la Cour des comptes fait des propositions explosives sur le plan social, comme celle de transférer un tiers des cheminots de la SNCF à RFF.

Guillaume Pepy, président de la SNCF, ne risque pas de passer ses prochaines vacances avec Philippe Seguin, président de la Cour des comptes. Un récent rapport des sages de la rue Cambon prône une révolution du système ferroviaire. Pour aider à éponger la dette de 27,4 milliards d’euros de RFF (Réseau ferré de France) qui gère les infrastructures, la Cour des comptes propose de transférer un tiers des cheminots de la SNCF à RFF, et de faire prendre en charge plus la moitié de sa dette par l’État.

Inacceptable pour les syndicats

Ces solutions drastiques devraient, selon la Cour des comptes, répondre à certaines incohérences comme, par exemple, le fait que RFF, propriétaire des voies, paie la SNCF pour leur entretien.

En récupérant les 55 000 cheminots de la branche infrastructure de la compagnie ferroviaire, RFF aurait enfin les moyens humains nécessaires. Seul hic, ces 55 000 salariés perdraient ainsi leur statut, ce qui est totalement inacceptable pour les syndicats. Mais pour Philippe Seguin, il y a urgence. Le déficit d’entretien des voies entraîne "une chute de la qualité de service et de la ponctualité". Selon lui, la question de la sécurité pourrait même se poser.

À défaut de transférer les cheminots, le rapport suggère la transformation en filiale de la branche infrastructure de la SNCF, qui remplacerait à terme RFF. Mais cela provoquerait également l’ire des syndicats. Parmi les autres recommandations, on note la volonté de donner la priorité aux dépenses de renouvellement des équipements existants sur les investissements de développement, et de rouvrir le débat sur les lignes les moins fréquentées pour envisager éventuellement leur fermeture.

L’État n’est pas épargné par la Cour des comptes. Il est, par son rôle dans la réforme du système ferroviaire de 1997, responsable de la situation. Pour réparer ses erreurs, elle lui conseille de reprendre 12 à 13 milliards d’euros de la dette de RFF afin de "l’intégrer dans le périmètre de la dette publique, auquel elle échappe de façon artificielle. Il faut renoncer aux artifices comptables [..] quitte à se faire taper sur les doigts par Bruxelles", a appuyé Philippe Seguin. Si le gouvernement venait à suivre les conseils détonants des sages, la situation sociale de la SNCF risque fort de dérailler.

Quelques chiffres

• Dette de RFF: 27,4 milliards d’euros

• Dette de la SNCF: environ 5 milliards d’euros

• 30 000 km de voies ferrées

• Selon la Cour des comptes 46 % du réseau serait en mauvais état

• Les trains de la SNCF sont contraints de rouler au ralenti sur 1 200 km de voies

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