À la pointe de la Bretagne, au fond d’une des plus belles rades du monde, la communauté urbaine Brest Métropole océane réunit sept communes autour de la ville centre portuaire. Ces sept cités bretonnes regroupent en tout 213 545 habitants sur 220 km2. Une agglomération moyenne, en somme.
Ici, le plan de déplacement urbain remonte à 2001. Il visait à réduire la circulation automobile en centre ville au bénéfice des déplacements doux. Un plan de circulation a donc été dessiné, avec des voies concentriques aménagées à partir du centre, pour donner la priorité aux bus sur certains axes. L’un vient d’être mis en place entre le CHU de la Cavale Blanche et la gare SNCF ainsi que le vieux port de commerce. Aménagé en site propre pour un tiers de son tracé, il permet un cadencement soutenu de bus rapides.
Pour aller plus loin, la communauté urbaine réfléchit à l’aménagement d’un schéma communautaire de déplacement à vélo. Et ce n’est pas tout. Pour encourager les déplacements à pied, un programme dénommé Pedibus a été lancé. Adopté par une dizaine d’écoles primaires, il consiste à faire du ramassage scolaire à pied sous la conduite sécurisée de parents d’élèves volontaires.
Restent les liaisons intercommunales. En octobre 1990, un projet de tramway avait été soumis à l’approbation de la population de Brest et des sept communes périphériques à l’identité bien marquée. Résultet sans appel: projet rejeté par 80 % des votants. Du coup, des lignes de bus à forte capacité dénommées les Lianes ont été mises en place. Exploité par Keolis, le réseau de bus est financé par le rendement du versement transport qui était de 1,5 % jusqu’en 2007. Il est passé à 1,65 % cette année. Le complément est financé par les ressources propres de la communauté urbaine, soit 6 millions d’euros en 2007.
Têtus, les élus de la communauté urbaine ont décidé de remettre sur le métier un second projet de tramway. Et il n’est plus question cette fois de référendum! Une quarantaine de réunions publiques ont tout de même été organisées pour présenter le projet d’une première ligne. L’enquête publique sera menée à l’automne 2008. Après la déclaration d’utilité publique, espérée pour le premier semestre 2009, les travaux pourront s’engager. Leur coût est estimé à 300 millions d’euros et leur achèvement prévu en 2012.
Cette ligne sera accompagnée par la construction de quatre parkings-relais dont les places seront payées par le ticket de transport. D’autres parcs sont en projet sur les grandes lignes de bus, en particulier l’axe nord-sud qui accueillera la seconde ligne à l’horizon 2020.
“Ce projet devenait indispensable”, estime Annick Cléac’h, première vice-présidente de l’intercommunalité, chargée des transports et des déplacements urbains jusqu’au renouvellement du 18 avril 2008, “car le réseau de bus a atteint ses limites et ne permet plus de répondre à la demande.” Une première ligne de tramway orientée est-ouest, de Guipavas à Plouzané, permettrait de transporter 46 000 personnes par jour, soit une économie de 50 % des bus sur certains axes.
Ces bus seront redistribués sur le réseau, en privilégiant la desserte des communes périphériques et en créant des lignes circulaires ou tangentes. Ce réseau de transport collectif a été mis en connexion avec les lignes d’autobus dépendant du conseil général. Une billetterie commune a été mise en place, et l’intercommunalité travaille à des tarifs uniques. La connexion est également établie avec la ligne TER Brest/Landerneau, le tronçon le plus fréquenté de Bretagne.
