La communauté urbaine du Grand Lyon rassemble 57 communes et 1 300 000 habitants, soit 80 % de la population du Rhône, sur 16 % du territoire de ce département. “Les transports en site propre ont eu un rôle clé de structuration de la ville de Lyon et de l’agglomération”, souligne Gilles Fourt, conseiller technique chargé des transports du Grand Lyon.
Cette structuration a d’abord été réalisée par le métro, puis le tramway, et enfin les trolleybus qui ont constitué un facteur majeur de transformation et d’intégration urbaine, en reliant des communes ou des quartiers très différents qui n’éprouvaient pas, a priori, un sentiment d’appartenance commune. Le quartier central de la place Bellecour à Lyon est ainsi relié à Vaulx-en-Velin par la ligne A du métro, tandis que la commune de Villeurbanne à la forte identité sociologique, politique et culturelle, est également desservie par les lignes A et B.
La ligne C joue un rôle important de liaison entre Lyon et Calvire. La ligne D, la plus longue avec 12,5 km et 15 stations, est la première à être automatisée. “Elle a eu un rôle clé pour mieux relier et intégrer Lyon et Vénissieux”, souligne Gilles Fourt. Et à l’horizon 2013, il est prévu de prolonger la ligne B pour mieux intégrer la commune d’Oullins au cœur de l’agglomération lyonnaise.
Les promoteurs de cette politique de transports espèrent ainsi voir émerger entre les habitants des 57 communes une même “conscience métropolitaine”. Des trois lignes de tramway, les lignes T2 et T3 jouent un rôle de “cordon ombilical et donc de structuration urbaine”, souligne Gilles Fourt. Le tramway s’est révélé à Lyon un outil fort de renouvellement urbain: “Il suffit de voir le nombre de projets immobiliers qui ont fleuri tout le long du parcours de la ligne T3. Un habitat résidentiel est sorti de terre, transformant les quatre communes traversées de Villeurbanne, Vaulx-en-Velin, Décines et Meyzieu”, continue-t-il.
Jusqu’à l’arrivée du tramway, les habitants des communes périphériques devaient prendre leur voiture ou les bus pour aller travailler à Lyon. Le tram a changé leur relation avec le cœur de l’agglomération. La ligne T4, elle, aura un tracé concentrique. Elle reliera le quartier des Minguettes à Vénissieux, à la place de Jet d’Eau du huitième arrondissement de Lyon. La première tranche sera mise en service fin 2009. Deux autres projets figurant au plan de déplacement urbain, les lignes A7 Villeurbanne/Gerlan et A8 Vaulx-en-Velin/Vénissieux seront également des lignes concentriques, mais le choix entre la technologie du tramway ou du trolley n’est pas encore arrêté.
La politique de transport de la communauté urbaine du Grand Lyon est mise en œuvre par le Sytral, autorité organisatrice des transports: un syndicat mixte entre la communauté urbaine, majoritaire, et le conseil général du Rhône. Elle entend poursuivre les investissements dans des prolongements de lignes de métro, de tramway et de trolley de type Cristalis. Pour ce faire, le Sytral a programmé 600 millions d’euros d’investissements pour les six prochaines années. Mais la politique des transports du Grand Lyon ne s’arrête pas aux limites de la communauté urbaine. En effet, l’aire urbaine, telle que définie par l’Insee, totalise 1,6 million d’habitants répartis sur quatre départements. Elle raisonne donc au niveau de ce territoire, en coopération avec la région Rhône-Alpes, les départements du Rhône, de l’Ain et de l’Isère, ainsi que les agglomérations de Saint-Étienne-Métropole, Vienne, Villefranche et l’Isle d’Abau.
Un projet commun, REAL (pour Réseau express de l’aire métropolitaine lyonnaise), a été mis en place. Il consiste à s’appuyer sur l’étoile ferroviaire régionale pour mettre en place un RER à la lyonnaise, sur la base de rames TER cadencées. Il recouvre un programme de modernisation du matériel ferroviaire, l’amélioration des gares et de leurs abords, l’information multimodale et la tarification combinée dans le cadre de la carte Oura mise en place par la région.
Cette politique a trois grands objectifs. À l’échelle de l’aire urbaine, il s’agit d’inciter toujours plus de personnes à utiliser les TER pour venir travailler à Lyon-Villeurbanne au lieu d’utiliser leur voiture. Dans la communauté urbaine de Lyon, on veut renforcer le report modal de la voiture vers les modes alternatifs. Et dans la ville centre, il s’agit d’utiliser les modes doux, notamment le vélo et les transports en commun. Cette politique s’accompagne de la mise en place de parcs relais: 13 sont déjà achevés, trois autres sont en travaux et 29 à l’étude.
