L’Italie peut-elle encore sauver Alitalia après le retrait définitif de l’offre d’Air France/KLM? Silvio Berlusconi doit convaincre Bruxelles.
Fin du feuilleton Air France/KLM et Alitalia. Le groupe franco-néerlandais a définitivement jeté l’éponge. Deux jours seulement après son élection comme chef du gouvernement italien, Silvio Berlusconi s’était pourtant dit prêt à revenir à la solution du rachat par la compagnie franco-néerlandaise, alors qu’il s’était opposé à cette option durant toute sa campagne.
Finalement, devant le retrait d’Air France/KLM, le gouvernement Prodi avait annoncé avoir approuvé un décret-loi accordant un prêt-relais d’urgence de 300 millions d’euros pour venir en aide à Alitalia au bord du dépôt de bilan. Reste cependant à convaincre Bruxelles. Une nouvelle aide de l’État à la compagnie nationale italienne étant une solution difficile à défendre devant la Commission européenne. Celle-ci avait en effet autorisé une aide publique en 2001, et rappelle qu’il ne peut y en avoir d’autre avant 2011. Elle a donc émis "des doutes" sur le fait que ce soutien ne s’apparente pas à une aide d’État. Bruxelles devrait écrire aux autorités italiennes "pour réclamer des explications".
Silvio Berlusconi, qui s’est engagé à sauver Alitalia, est prêt à tout mettre en œuvre pour faire accepter par Bruxelles ce crédit-relais. Il fera tout pour éviter qu’Alitalia soit mise en administration contrôlée, et a évoqué la possibilité d’un rapprochement avec la compagnie russe Aeroflot. Reste aussi l’éventuelle solution brandie par le Cavaliere pendant la campagne électorale. Les mêmes noms continuent à circuler: Salvatore Ligresti, l’homme d’affaires proche de Silvio Berlusconi, Marco Tronchetti Provera, Pdg de Pirelli. Intesa SanPaolo, première banque du pays, apporterait son soutien. Air One, deuxième compagnie italienne, qui avait déjà été candidate, serait aussi dans le coup. Feuilleton à suivre sur RAI Uno!
