À l’orée de la saison touristique, celui qui était sans doute le plus ancien chemin de fer touristique de France, le Mastrou, fonctionnera à guichets fermés.
Il restera vraisemblablement à quai en gare de Tournon (07) cet été.
Les deux actionnaires de la société d’économie mixte qui gèrent le Chemin de fer du Vivarais depuis 2003, le Conseil général de l’Ardèche et la société anonyme du Chemin de fer touristique de montagne, viennent de décider d’arrêter l’exploitation du chemin de fer touristique, Le Mastrou. L’accumulation des difficultés financières et techniques a abouti à une telle mesure. Celles-ci ont commencé en mars dernier, lorsque les actionnaires ont été informés que les locomotives à vapeur étaient inutilisables du fait de réparations non- effectuées. D’où un refus des organismes de contrôle d’accorder les autorisations nécessaires. L’exploitation aurait pu se poursuivre grâce à des locomotives fonctionnant au diesel. Mais quelques jours plus tard, un courrier du directeur départemental de l’équipement informe la Sem que "l’état des voies, constaté par les services du bureau interdépartemental des remontées mécaniques et transports guidés, présente des défauts rendant impossible la poursuite de l’exploitation".
Ce courrier est confirmé par un arrêté préfectoral du 29 avril suspendant l’autorisation d’exploitation du chemin de fer pour des raisons de sécurité. Une décision de sagesse qui remet au premier plan la question du financement. Le prix de la sécurité a toujours pesé sur les comptes de la Sem, engendrant des exercices déficitaires depuis sa création (au 31 octobre 2007, le déficit était de 259 362 euros). Prenant acte de la décision préfectorale, le Conseil général vient cependant de réaffirmer son attachement au Mastrou. Toutefois, il considère qu’il n’a pas la vocation ni les moyens de participer directement à la gestion de ce type de produit touristique. À ce jour, les investissements à réaliser sont estimés à plus de dix millions d’euros, de la création d’une nouvelle gare à la remise à niveau des ouvrages d’art, en passant par la remise en état des véhicules ou encore la reconstitution d’un fonds de roulement. Face à une telle situation, le Conseil général de l’Ardèche se dit prêt à s’engager vers un nouvel effort significatif (soit 50 % au maximum des investissements), à condition d’être accompagné. Aussi fait-il un appel à des partenaires financiers pour que la reprise d’exploitation s’effectue dans des conditions qui garantissent la sécurité et la pérennité du train. En attendant, autocaristes ou groupistes se trouvent privés d’une prestation qui avait été incluse dans leur programme depuis longtemps…
