Setra, Optare et le réseau Berlinois BVG avec un Man ont accepté de jouer le jeu du Bus Euro Test 2008. Le nouveau roi des autobus sera sacré à l’IAA de Hanovre au mois de septembre. En attendant, Bus & Car dévoile ses impressions sur les engagés de Berlin.
Byzance, c’est pas tous les ans! En 2007, le plateau du Bus Euro Test était exceptionnel, avec pas moins de six candidats, dont le Magelys, nouveau fleuron d’Irisbus, dévoilé pour l’occasion. Autant le reconnaître d’emblée, l’édition 2008 ne laissera pas un souvenir aussi fort que la précédente. Le nombre de participants est ni plus ni moins dans la moyenne habituelle, lorsqu’il s’agit de juger les véhicules urbains. Ils étaient trois à Poznan en 2004, autant à Vienne en 2006 et, bien entendu, “drei” à Berlin cette année. Pour composer une triplette, il a fallu compter sur la présence en dernière minute du réseau berlinois BVG.
Au final, le plateau accueillait le Setra 415 NF, l’Optare Versa (conduite à droite) et le Man NL 270 HZ avec son moteur à hydrogène. À côté de l’autobus Setra, on avait donc un véhicule limité aux routes britanniques; un autre non-commercialisé et exploité dans le cadre d’un projet expérimental européen, en l’occurrence HyFleet Cute.
Cela n’enlèvera rien au crédit du futur vainqueur, car ce sont les valeurs techniques qui sont avant tout jugées. On peut néanmoins regretter la frilosité des constructeurs dans l’opération Bus Euro Test. Certes, le renouvellement de l’offre est moins fréquent dans l’autobus que dans l’autocar, mais pour cette édition 2008, les participants potentiels ne manquaient pas. Irisbus n’aurait pas eu à rougir de son Citelis, de son Crossway LE ou du nouvel articulé de Heuliez. Le Trolino de Solaris aurait certainement pu faire bonne figure. Le Citea de VDL, exposé sur tous les salons en 2007, brillait par son absence. Quant aux différents autobus hybrides présentés depuis un an, ils se sont faits aussi discrets que leur propulsion électrique. Tous ces industriels ont leurs raisons pour ne pas prendre part à la compétition. Ceux qui en revanche ont souhaité participer y gagneront en visibilité.
Aussi est-il préférable de faire la part belle aux présents. Et, à Berlin, il y avait de quoi satisfaire les amateurs de curiosité “autobussienne”. Sur les trois candidats, seul le 415 NF a entamé une carrière dans l’Hexagone. L’autobus de la famille 400 de Setra tente de connaître le même glorieux destin que son petit frère, le 315 NF primé en 1996.
Pour Optare, en revanche, la participation au Bus Euro Test s’apparentait à un saut dans l’inconnu. Le carrossier britannique n’a guère l’habitude de traverser la Manche, faisant du précarré anglais son principal terrain de jeu commercial. Pourtant, le Versa devrait prochainement sortir en version conduite à gauche. Cela montre la volonté d’Optare de voir si l’herbe est plus verte ailleurs. “Aujourd’hui, nous réalisons près de 90 % de notre chiffre d’affaires au Royaume-Uni. Nous devons rééquilibrer la donne et faire près de 40 % de notre activité dans le reste du continent européen. Nous visons notamment la France. Nous sommes à la recherche d’un agent pour nous y représenter”, révèle Jos van der Putten, directeur général d’Optare Europe. Avec sa gamme d’autobus à gabarit réduit, il compte concurrencer Heuliez, qui a les mains un peu libres sur ce créneau de marché. En inscrivant son autobus Man à hydrogène, le BVG fait office de pionnier dans la compétition. Ce n’est pas le constructeur qui a participé, mais bien le réseau berlinois. Il faut dire qu’il est très fier et satisfait de son petit bijou écologique. Au total, 14 autobus de ce type sont exploités. Mais, inutile d’appeler Man pour en commander un. Ils roulent à Berlin dans le cadre du programme européen HyFleet Cute. Le financement communautaire est encore indispensable pour s’offrir des autobus dont le coût d’achat est deux fois plus élevé qu’un modèle standard diesel. Un prix qui en vaut tout de même la chandelle puisqu’en matière d’émission, le Man hydrogène dépasse les exigences EEV. Les trois concurrents présentés, il ne reste plus qu’à savoir si le jury aura laissé libre court à sa fibre écologique, misé sur l’exotisme britannique ou joué la carte du classique avec Setra. Réponse après les vacances estivales pour une remise de trophée à l’IAA de Hanovre.
