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Hynovis, le bus rêvé du Dauphin

Dans le cadre du Predit 3, le constructeur Irisbus a dévoilé un concept d’autobus très innovant, baptisé Hynovis. Le projet ne devrait pas voir le jour en l’état, mais il préfigure sans doute ce que seront les autobus de demain.

Autant mettre les choses au point immédiatement. N’essayez pas de l’acheter, il n’existe pas dans le catalogue d’Irisbus. Le Dauphin présente un projet, cofinancé par le Predit, qu’il a réalisé notamment en partenariat avec la RATP ou Michelin. Hynovis promet d’apporter des solutions innovantes pour répondre aux problématiques d’environnement, d’accessibilité, d’attractivité et de productivité du transport public. Ce qui a été présenté ne classe pas Irisbus dans la catégorie des prétentieux arrogants.

Une hybridation inédite

Première originalité d’Hynovis, son système de propulsion. Irisbus propose une hybridation hydraulique incluant un moteur Iveco Tector de six litres, couplé à une inédite boîte de vitesses Voith à six vitesses. Le concept Hynovis utilise un démarreur stop-start et un système de récupération de l’énergie au freinage. Le “stop-start” cumule deux fonctions. Il permet l’arrêt du moteur pendant que le véhicule est immobile, et son redémarrage rapide (en 0,3 seconde) avant qu’il ne reparte. Le démarrage étant enclenché automatiquement lorsque le conducteur actionne la fermeture des portes. Le “stop-start” assure également l’alimentation des équipements auxiliaires lors de l’arrêt du moteur, grâce à un dispositif innovant de stockage de l’électricité par un système mixte combinant batteries et super-capacités.

Le système de récupération de l’énergie au freinage fait appel à des moteurs-pompes hydrauliques. Associés à une capacité de stockage hydropneumatique, ils permettent de récupérer l’énergie au freinage et de la réinjecter à l’accélération.

À la différence des autres systèmes d’hybridation, la solution d’Irisbus ne permet jamais d’obtenir du zéro émission mais, “nous visons des émissions abaissées en permanence”, explique Valérie Cervantes, responsables des affaires publiques chez Irisbus.

Moins lourds, plus accessibles

Le constructeur a également joué sur le poids du véhicule. Hynovis a bénéficier d’une cure de minceur exceptionnelle. La baisse notable de la masse de l’architecture métallique, et l’utilisation d’un moteur de plus petite cylindrée, lui permettent d’afficher une tonne de moins à la pesée qu’un autobus conventionnel. Et ce, malgré l’hybridation qui alourdit habituellement les véhicules. Michelin, partenaire du projet, a apporté son concours pour équiper le double essieu directeur avant. Le manufacturier a spécifiquement développé des pneumatiques de taille réduite. Cela permet d’élargir le couloir central à 1 200 mm au niveau des passages de roues (il est de 900 mm sur un autobus classique). Cela augure d’une meilleure fluidité à l’entrée du véhicule, et d’une réduction du temps d’attente aux points d’arrêt. Par ailleurs, ces quatre petites roues directrices autorisent la suppression des trottoirs d’accès aux sièges avant. Ces places deviennent naturellement plus accessibles aux personnes à mobilité réduite.

L’emplacement de l’essieu arrière, logé sous la banquette arrière, libère également de l’espace. La suppression du passage de roue laisse une longue plate-forme libre de toute marche, permettant ainsi une implantation optimale pour une capacité augmentée de 8 % par rapport à un autobus classique.

Moins de pollution, plus de passagers

Hynovis ne passe pas à côté du sujet développement durable. Irisbus promet une baisse de 30 % des émissions de CO2. Ce gain est partagé entre l’hybridation hydraulique, la réduction du poids du véhicule (5 %) et les pneumatiques Michelin dont la technologie Durable Technology Infini Coil permet de diminuer la résistance au roulement. Ces derniers ne se contentent pas de contribuer à rendre le véhicule plus propre. Ils autorisent également une charge utile d’une tonne supplémentaire par rapport à un autobus classique. Autant de perspectives prometteuses pour la capacité du véhicule.

Un travail a également été réalisé au niveau de la climatisation. Un système inertiel à fluide caloporteur a été spécialement développé. La climatisation fonctionne à l’eau, refroidie à l’aide de fluide frigorigène. La masse de ce produit, néfaste pour l’environnement, est ainsi réduite de 50 % et sa consommation de 25 %.

Plus beau dedans et dehors

Le design n’a pas été oublié, exception faite de la face avant qui est celle, désormais classique, du Citelis. En revanche, l’arrière du véhicule a bénéficié d’une refonte totale, notamment pour recevoir l’implantation spécifique du système d’hybridation hydraulique. Mais Hynovis fait surtout la part belle aux surfaces vitrées, augmentées de 20 %. Les baies latérales ont été abaissées de 200 mm, et le côté droit du pavillon devient totalement vitré, dans le même esprit que les voussoirs du Magelys, l’autocar de grand tourisme du Dauphin. C’est tout simplement un nouveau regard panoramique qui est ouvert sur la ville.

Le confort vibratoire et acoustique a fait l’objet d’améliorations significatives. Hynovis est le premier autobus dont les roues sont toutes indépendantes et directrices, à l’avant comme à l’arrière. Cette solution permet de conserver des rayons de braquage et de balayage standard, malgré l’augmentation de l’empattement. Irisbus assure également que le confort est sensiblement amélioré par la diminution des masses non suspendues et l’amortissement indépendant des roues droite et gauche. Cela permet une réduction des vibrations et des secousses dans le véhicule.

L’insonorisation acoustique a fait l’objet d’un traitement particulier, simplifié par la conception de la partie arrière moteur, et le moteur de faible cylindrée engendre une baisse des émissions sonores extérieures de 6 dB.

C’est pour quand?

Avec Hynovis, Irisbus a clairement réussi son opération séduction. Mais dans ce projet, le constructeur joue le même jeu que ses confrères de l’automobile avec les concept cars. “À la différence que nous ne nous sommes pas contentés d’améliorer le design. Nous avons énormément travaillé sur les fondamentaux”, explique Valery Cervantes. Alors, Hynovis c’est pour aujourd’hui ou pour demain? “Nous venons d’achever la phase de recherche. Rien n’a été décidé pour le passage à la série. Et, rien n’indique pour le moment que le véhicule sera un jour commercialisé tel qu’il a été présenté”. Il est même plus probable qu’Irisbus exploite certaines idées d’Hynovis pour les intégrer dans une offre future. Ou que ce véhicule serve de point de départ à la conception d’une nouvelle gamme d’autobus.

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Auteur

  • David Reibenberg
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