Le carrefour final du Predit 3 n’aura pas mené à une impasse. Dominique Bussereau, secrétaire d’État au Transport, a livré le programme du Predit 4. Le nouveau quinquennat promet d’être chargé.
Si dans le domaine de la recherche, la France passe souvent pour un élève décevant, il n’en est rien pour les transports. Le succès du Predit 3 vient confirmer cette remarque. Avec plus de 1 600 projets d’innovation dans les transports terrestres financés par le programme, et un milliard d’euros dépensés (dont 360 millions en terme de financements publics), il semble clair que les cinq années de ce Predit ont été bien remplies. Les travaux du Predit 3 ont porté sur trois axes majeurs: la mobilité durable des personnes et des biens, la sécurité des systèmes de transports, enfin la lutte contre l’effet de serre. Une certitude, le transport public aura été au cœur du programme.
Ce constat positif a certainement convaincu le gouvernement de renouveler la formule. Le Predit 4 aura bien lieu, il sera même mieux doté, avec 400 millions d’euros de fonds publics. Par ailleurs, Valérie Pecresse, ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche, a confirmé Jean-Louis Leonard, député de Charente-Maritime, dans son rôle de président. Ce nouveau programme de cinq ans a déjà un chemin tout tracé, avec six groupes de programmation. Selon Dominique Bussereau, secrétaire d’État aux Transports, ils devront “faire progresser la recherche dans quatre domaines stratégiques: l’efficacité énergétique des transports, le rééquilibrage des différents modes de transport, les instruments économiques permettant d’encourager les comportements vertueux sur le plan écologique et la protection de l’environnement”.
Plus concrètement, le groupe “énergie et environnement” du Predit 4 devrait concentrer ses efforts sur le développement des véhicules hybrides et électriques. Parallèlement, le ministère de l’Environnement et du Développement durable a créé un groupe de travail consacré au développement industriel des véhicules très performants. Il devra définir un plan d’actions en faveur des véhicules propres. Dominique Bussereau en a présenté les grandes lignes: “Soutenir les projets de recherche technologique et stimuler l’innovation et la compétitivité des entreprises françaises dans ce domaine. Ce plan devra en outre identifier et lever les obstacles à la commercialisation et à la circulation de ce type de véhicules.” De telles annonces ne devraient pas déplaire aux industriels du bus et du car, investis de longue date dans la filière électrique, mais contraints par un manque de pertinence économique. Il est encore trop tôt pour évoquer les projets qui pourraient bénéficier d’un soutien du Predit 4. Mais, nul doute que la recherche sur les batteries, et notamment sur l’amélioration de leur fiabilité dans le temps, occupera le devant de la scène.
Le Predit 4 ne se focalisera pas uniquement sur les aspects technologiques. L’étude socio-économique des transports va aussi être mise en avant. La meilleure connaissance des attentes et des comportements des clients des transports devient un nouvel axe de travail. Elle doit permettre d’accentuer leur attractivité et, par ce biais, leur garantir un impact accru sur le plan du développement durable. Cette approche sociale va s’inviter dans le groupe Mobilité dans les régions urbaines, qui devra réfléchir aux moyens de limiter la dépendance à l’automobile, et proposer des alternatives durables. Mais cette modification des habitudes est inévitablement conditionnée par le développement des services de substitution à la voiture. L’amélioration de la qualité des systèmes de transport, de l’accessibilité, du confort et de la sécurité sera placée entre les mains du groupe “qualité des systèmes de transport”.
La question de la fiscalité écologique sera aussi à l’ordre du jour du Predit 4. Il faudra trouver des solutions pour rendre les entreprises et les particuliers plus responsables à l’égard de l’environnement, sans pour autant “porter atteinte au pouvoir d’achat de ménages, ni à la compétitivité des entreprises”, précise Dominique Bussereau. Les chercheurs du Predit 4 trouveront-ils la pierre philosophale?
Enfin, dans le nouveau programme, la protection de l’environnement ne passera pas uniquement par la promotion et la recherche sur les véhicules propres. Les infrastructures de transport devront également se montrer plus vertueuses en matière d’écologie. C’est ce que l’on appelle un Predit chargé de belles promesses.
