L’année 2010 s’annonce bonne pour l’opérateur ferroviaire. Contrairement à 2009, les déficits ont été laissés à quai. Le résultat négatif de l’année passée (un milliard de pertes, une première depuis 2001) reste tout de même dans les esprits, car la reprise est timide. Les signes positifs sont bien là, mais la SNCF ne devrait être que très légèrement bénéficiaire. "Nous ne sommes pas aujourd’hui satisfaits", a même commenté Guillaume Pepy au micro de nos confrères d’Europe 1.
Pour autant, le retour aux affaires s’annonce bien, notamment avec le fret "les transports de marchandises sont bien repartis" et le transport de personnes a permis à la SNCF de connaître une trêve estivale active. Pendant l’été, la SNCF a transporté 17 millions de passagers, soit une augmentation de 1,5 %.
Pour sa rentrée des classes, Guillaume Pepy a déjà un agenda bien rempli. Il devra se lancer dans la bataille du rail européen, notamment avec la Deutsche Bahn. Le concurrent allemand reproche à la France de ne pas avoir ouvert son marché ferroviaire, alors que la SNCF n’hésite pas à venir pointer le bout de ses rames outre-Rhin sur les lignes régionales. Une rencontre a été organisée entre les présidents des deux compagnies à l’initiative des ministres des transports des deux pays, "afin de lever un peu les ambiguïtés", a expliqué Dominique Bussereau.
Enfin, Guillaume Pepy va devoir remuer les sombres heures du rail hexagonal dans le cadre de l’appel d’offres du TGV californien (Los Angeles – San Francisco). Une récente loi impose en effet aux candidats d’expliquer leur rôle éventuel dans la déportation des juifs pendant la Seconde Guerre mondiale et de présenter les mesures de réparation à l’égard des victimes.
Le numéro un de la SNCF ne refuse pas cette introspection et a promis d’ouvrir les archives de l’entreprise, non sans rappeler que les cheminots, dont 2000 ont été exécutés, "étaient sous le joug de l’occupant nazi."
