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Joël Lebreton – pdg de Transdev

"Nous voulons être un acteur solidaire et responsable"

Chez Transdev, la question de l’environnement et plus largement du développement durable ne se limite pas à des opérations ponctuelles dans les réseaux.

C’est une culture d’entreprise insufflée depuis le plus haut niveau. Précis de philosophie verte avec Joël Lebreton.

Pouvez-vous nous rappeller les implications du projet Vision 2012, en matière de développement durable?

– En qualité d’opérateur de transport public, le groupe Transdev est par définition naturellement impliqué dans une démarche de développement durable depuis sa création. Le groupe a conduit son projet avec une vision respectueuse des principes du développement durable en équilibrant sa croissance économique avec les enjeux sociaux et environnementaux. Cela s’est traduit formellement par différents projets d’entreprise.

Au début des années 2000, Transdev était l’un des premiers promoteurs et signataires de la charte du développement durable de l’UITP afin, d’une part, de favoriser la diffusion des principes du développement durable au sein de la profession et au-delà. Et, d’autre part, de soutenir une démarche de gouvernance toujours plus transparente, mais aussi de s’engager à proposer aux collectivités locales des solutions de mobilité durable sur mesure, des offres attractives pour des territoires et des villes plus douces.

En 2003, Transdev adhérait au Pacte mondial des Nations unies, et adoptait les 10 valeurs fondamentales de ce pacte, dont 3 principes concernant directement l’environnement (appliquer le principe de précaution face aux problèmes touchant l’environnement; entreprendre des initiatives tendant à promouvoir une plus grande responsabilité en matière d’environnement; favoriser la mise au point et la diffusion de technologies respectueuses de la planète).

2003 était également l’année de lancement d’un ambitieux et innovant programme qualité: le Label qualité Transdev, via un processus groupe certifié Iso 9001, affirmant la volonté de l’entreprise d’être l’opérateur de qualité, peu importe la société et le territoire d’opération. Un programme soutenant le développement de réseaux de transport performants et plus efficients, au service d’une mobilité plus durable.

En 2007, le groupe confirmait son engagement en matière de développement durable pour en faire l’un des axes stratégiques de son projet d’entreprise Vision 2012: être un acteur solidaire et responsable pour le territoire de demain, une référence de la ville en matière de préservation de la planète et une entreprise à l’image des hommes et des femmes de son environnement.

Quel est l’état d’avancement du projet?

– Aujourd’hui, une trentaine de projets ont abouti et sont déjà finalisés; et plus de 95 % des projets sont lancés. Le groupe effectue ainsi des bilans carbone, développe des formations à l’écoconduite, équipe ses véhicules aux normes européennes, se dote de véhicules électriques ou hybrides, met en place des dépôts à haute qualité environnementale.

En termes de véhicules électriques par exemple, Transdev propose quel que soit le type de véhicule: les bus avec l’Oreos 4X mis en service en Île-de-France en juin 2010, l’autopartage avec notamment citizenn.com, premier service d’autopartage à Porto lancé cette année, qui intégrera bientôt des véhicules électriques, ou encore les navettes terrestres ou fluviales à Auxerre, Avignon, Hendaye ou encore Montauban.

En termes de dépôts, sur l’Île-de-France, le groupe a inauguré le 25 juin 2010 le Centre technique HQE(r) de Val-d’Europe, premier pôle de maintenance de véhicules de transport de personnes, opération pilote en démarche HQE(r) en France. Autre exemple, à Angers. Pour alimenter les besoins en électricité du Centre de maintenance commun aux bus et aux deux futures lignes de tramway, Transamo a proposé à la communauté d’agglomération d’Angers-Loire-Métropole un large recours aux énergies renouvelables. Deux éoliennes seront plantées. L’hiver, le centre sera chauffé grâce à une chaudière au bois et le poste de contrôle et commandements (PCC) par une pompe à chaleur. Le bâtiment sera isolé par 300 m2 de toiture végétalisée et 500 m2 de panneaux photovoltaïques viendront compléter le dispositif.

L’acquisition de véhicules hybrides est surtout significative en Île-de-France. Qu’en est-t-il pour le reste de l’Hexagone?

– Depuis 2009, le groupe est leader de l’expérimentation des bus hybrides en Europe par le nombre de sites impliqués (Londres, le sud des Pays-Bas, Strasbourg) avec des villes très engagées, comme Londres par exemple, qui s’est fixé comme objectif 100 % de bus neufs hybrides à partir de 2012, année des jeux Olympiques.

Après avoir développé une flotte de véhicule au gaz (70 sont exploités en Île-de-France), Transdev a franchi en 2009 une nouvelle étape de diversification des filières énergétiques pour son matériel roulant. Le premier véhicule hybride d’Île-de-France et le nouveau véhicule articulé du constructeur Evobus reçu par Transdev en 2009 préfigurent par ailleurs l’évolution de matériels roulants, qui auront vocation à équiper les futures lignes de BHNS.

Aux Pays-Bas, Connexxion a également pris de nouvelles initiatives en faveur des “énergies vertes”: en Zélande, 63 bus roulent au biogaz (produit à partir de déchets ménagers et de fumier) et 14 bus hybrides ont été mis en service dans le nord de la Hollande-Méridionale… une première à une telle échelle dans le pays.

Transdev joue-t-il un rôle d’incitateur dans le développement d’actions environnementales dans les réseaux? Ou bien vous contentez-vous de suivre les préconisations des donneurs d’ordres?

– En cohérence avec les collectivités locales et son projet d’entreprise Vision 2012, Transdev mène une politique volontariste en faveur d’une mobilité durable, respectueuse de l’environnement. Parce que les transports sont source de pollution – ils sont responsables de 23 % des émissions globales dans le monde –, Transdev considère la réduction de son empreinte écologique comme un objectif essentiel.

La mise en place de transports en commun en site propre comme le tramway et le BusWay(r) est une composante majeure de cette politique. Il y a plus de vingt ans, Transdev fut le premier à comprendre l’importance de la réintroduction du tramway et son rôle pour un nouveau partage de l’espace public. En lançant en 2006 son premier BusWay(r), Transdev inscrit une fois encore la dimension écologique au cœur de son activité. En développant une offre de modes doux (vélo, autopartage, covoiturage…), le groupe s’efforce de proposer aux collectivités locales des solutions attractives et non polluantes.

Eu égard aux réponses d’appels d’offres, avez-vous le sentiment que les critères environnementaux pèsent de plus en plus?

– Les voyageurs comparent et jugent dorénavant les prestations de transport public selon des critères de qualité et de prise en compte des enjeux environnementaux auxquels les ont habitués d’autres entreprises de service, comme les opérateurs de téléphonie mobile ou les constructeurs automobiles. Ce phénomène ira en s’accentuant dans les années à venir et les collectivités en sont aujourd’hui pleinement conscientes.

La qualité de service offerte aux voyageurs est devenue un besoin fondamental pour la maîtrise et le développement de réseaux de transports durables. Transdev a été le premier groupe à standardiser un processus qualité (Label qualité Transdev), afin d’offrir aux collectivités une démarche locale formelle et contrôlée indépendamment, assurant ainsi la maîtrise des enjeux de qualité de service.

La crise économique et la baisse des ressources des collectivités risquent-elles de freiner les développements de la filière hybride?

– Les collectivités locales voient leurs ressources diminuer et sont aujourd’hui, dans le monde entier, à la recherche de nouveaux leviers d’investissements pour financer leurs projets de transport public. C’est donc ensemble, qu’opérateurs de transport public et collectivités locales doivent trouver les voies permettant de maîtriser l’équilibre économique de la chaîne de transport, selon le modèle le plus durable et le plus équitable possible. Il ne s’agit plus de se demander s’il faut investir dans le secteur mais bien de déterminer, ensemble, les meilleurs leviers pour le faire.

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Auteur

  • David Reibenberg
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