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Sécurité-prévention

"Chéri, mets ton gilet jaune!"

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"Chéri, mets ton gilet jaune!"

Crédit photo Hubert Heulot

"Un succès sur toute la ligne!", pense Yves Daniel, vice-président aux transports du conseil général de Loire-Atlantique. "Difficile d’application!", lui avait-on dit. Pourtant, un an après son entrée en vigueur, le port obligatoire du gilet jaune fluo pour rejoindre les cars scolaires fait presque l’unanimité.

La moitié des lycéens et collégiens transportés se conforment déjà au port du gilet dans les transports scolaires de Loire-Atlantique. En cette rentrée, constatant la dynamique collective, le conseil général persiste, et étend la mesure aux petits des écoles primaires, maternelles et élémentaires qui vont eux aussi avoir à “se peindre en jaune” pour prendre le car.

Ils sont 8 500. S’y ajouteront les 9 500 élèves de 6e qui n’avaient pas été équipés l’an dernier. D’ici aux vacances de la Toussaint, chacun recevra son gilet fourni par l’école ou le Syndicat intercommunal de transport scolaire. Au total, 18 500 gilets seront à nouveau distribués. 30 000 euros de dépenses supplémentaires qui n’affolent pas Yves Daniel, compte tenu de leur “utilité sociale car, au-delà du port du gilet, l’important, c’est d’avoir fait progresser l’idée que la protection vient du fait d’être vu. Que c’est fondamental en matière de sécurité routière et que c’est de la responsabilité de chacun.

Avertissement pour les parents

En réalité, l’idée a fini par faire son chemin dans la tête et sur les épaules des collégiens. Selon les autocaristes, entre 50 et 80 % d’entre eux l’ont porté pendant la dernière année scolaire. Le gilet jaune a eu moins d’adeptes chez les lycéens. “Ils ne le portent pas. À ces âges, on ne réagit pas de la même façon. Mais ils le porteront. Ce sera comme le casque pour les deux-roues, boudé au début, puis complètement admis et généralisé aujourd’hui”, se rassure Patrick Mareschal, président du conseil général. Son vice-président aux transports renchérit: “Quand tout le monde, les chefs d’établissements, les conducteurs, les parents s’y mettent, ça fonctionne bien!

Le rôle des professeurs est souligné dans le déclenchement d’une dynamique vertueuse. Beaucoup d’établissements ont joué le jeu, en se montrant intransigeants. L’obligation figurait au règlement intérieur du transport scolaire. Alors, chaque soir, ils ont contrôlé les élèves au pied des cars: pas de gilet, pas d’embarquement. Il n’y a pas eu d’exclusion, aucun élève n’est resté sur le bord du chemin. Mais l’obligation a été sans cesse rappelée. “Et des avertissements ont été envoyés aux parents”, assure Jacques Laissus, le directeur du service transport. Car si le lancement du gilet s’annonçait ardu, le mélange d’obligation et de souplesse semble constituer une bonne recette pense le conseil général.

Dans l’affaire, les parents, sont comme souvent, les premiers à jouer un rôle majeur auprès de leurs enfants. C’est ce qui a conduit certaines communautés de communes, organisatrices de transport, à moins s’engager dans l’opération, estimant que la responsabilité de faire porter les gilets reposait sur eux. Et que la sécurité avant et après le car scolaire continuait de leur incomber plutôt qu’aux communes. Mais beaucoup d’entre elles, réfractaires au départ, ont évolué, constatant que le gilet jaune diminuait effectivement les risques d’accident. Au printemps, elles ont donc décidé d’acheter des gilets pour compléter la distribution du conseil général et équiper les élèves des écoles primaires n’utilisant pas les cars.

Alberto Gallucci, vice-président de la Fédération des conseils de parents d’élèves (FCPE), approuve: “Ce gilet, c’est une petite chose, pas chère, mais elle apporte beaucoup pour la sécurité. Nous le remarquons d’ailleurs partout, que les enfants soient à vélo ou à pied: ce gilet jaune fait ralentir les automobilistes. C’est autant de gagné pour la sécurité.

C’est plus facile quand c’est obligatoire

En fait, l’important n’est pas, contrairement à l’obligation faite, que les élèves portent les gilets dans le car mais qu’ils les conservent dans les situations de plus grand danger: aux arrêts et lors de leur traversée de route. Le dernier accident mortel en Loire-Atlantique a eu lieu l’an dernier, à Guérande. Si la petite victime avait porté son gilet, elle aurait été vue. L’accident aurait été évité. “Si 20 % des élèves le conservent déjà au bout d’un an, comme c’est le cas actuellement, l’an prochain ce sera peut-être 30 ou 40 %”, soutient Jacques Laissus, directeur des transports. Le message important est celui de la protection générale apportée par le gilet jaune. “L’objet lui-même est en vogue ailleurs pour les employés des sociétés d’autoroute, pour les automobilistes en panne, pour les cyclistes. C’est plus facile d’inciter les enfants à le porter”, souligne Jean-Louis Gallet, président de l’Association départementale pour les transports éducatifs de l’enseignement public (Adateep).

Les transporteurs scolaires ont été les premiers à appuyer la nouvelle obligation. Ils ont même apposé l’autocollant de la FNTV, As-tu ton gilet jaune? à l’entrée des cars. Mais au fil du temps, ce sont les conducteurs qui se sont fait le plus entendre. Leur travail est facilité, ils perçoivent mieux les élèves. “Dans toute cette opération, le travail de tout le monde a été facilité par l’obligation imposée par le conseil général. C’est fondamental”, souligne Alberti Gallucci, pour la FCPE. Même constat à la FNTV des Pays-de-la-Loire où Arnaud Vexier, délégué régional souligne, en comparaison, “le moindre succès des simples incitations, au port des brassards par exemple.

Et les villes alors?

La FCPE comme l’Adateep réclament maintenant que le gilet jaune devienne obligatoire dans les villes. “La sécurité des scolaires pour aller prendre le car et pour revenir à la maison passe partout par le gilet jaune”, administre sans ambages Jean-Louis Gallet, le président de l’Adateep. Pas seulement sur les routes de campagnes. Bien des aubettes de réseaux urbains ne sont pas éclairées la nuit. Et pas seulement la nuit d’ailleurs. Il souligne à quel point la couleur, le jaune, sert aussi à distinguer les enfants en plein jour. Le danger n’existe pas à moitié pour ceux dont le transport scolaire est organisé par la commune, et pas pour ceux dont il est assuré par les bus et le tram. Sa popularisation auprès des jeunes dépend aussi de l’obligation faite à tous de le porter.

Les deux communautés urbaines de Loire-Atlantique, à Nantes et à Saint-Nazaire, n’ont pas rejoint le mouvement. “Difficile de distinguer dans nos bus et nos tramways l’enfant sur le chemin de l’école de celui en promenade. Nos conducteurs ne peuvent pas être chargés de contrôle”, plaide la Société des transports de l’agglomération nantaise (Semitan). À l’Adateep, Jean-Louis Gallet admet que le gilet ne trouverait pas sa place dans l’hypercentre des villes, bien éclairé, habitué aux circulations piétonnes. Mais il perçoit le danger pour les enfants, sitôt que l’on s’en éloigne et dans les autres communes environnantes.

En attendant, les formations et les sensibilisations à la sécurité se multiplient dans les écoles, à l’intérieur des communautés urbaines et ailleurs. Les communes font de plus en plus appel aux personnels techniques des écoles comme accompagnateurs de trajets scolaires dans les cars. D’une manière où d’une autre, dans le département, il y a bel et bien un effet “gilet jaune”.

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  • Hubert Heulot
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