Telle une grande diva, Van Hool se fait rare sur le parcours des essais de Bus & Car, en général une à deux fois par décennie. L’attente du retour sur scène a tenu ses promesses. Avec le T 916 Astronef, le constructeur carrossier présente un autocar apte à jouer les têtes d’affiche.
Van Hool à l’art d’être à l’écoute de ses clients. Le T 916 Astronef, dévoilé pour la première fois à Busworld Courtrai en octobre 2009, en est la parfaite illustration. Conçu avec un plancher incliné en théâtre, il reprend un principe initié à l’origine par le carrossier Drögmöller puis réutilisé par Volvo, notamment sur les 9700 et 9900. Ces véhicules sont très prisés des Voyages Michel, qui en a même fait une de ses marques de fabrique. “Nous avons élaboré l’Astronef en collaboration avec cet autocariste. Le développement a pris cinq mois”, raconte-t-on chez Van Hool. Le résultat de cette réflexion partagée n’a pas séduit que les Voyages Michel. En 2010, près de 70 Astronef ont été immatriculés en Europe, dont 28 dans l’Hexagone. “En France, les ventes se sont réparties entre une dizaine d’autocaristes. Nous avons encore dix véhicules en attente de livraison”, poursuit le carrossier constructeur. Avec son plancher incliné, ou encore son toit vitré, l’Astronef vise le créneau du grand tourisme. “C’est dans cette optique que nos clients l’achètent. Ainsi, il est rarement vendu dans sa capacité maximale. En général, le trois essieux est aménagé pour accueillir 50 passagers”, soutient Van Hool. Le toit vitré, qui s’invite chez un nombre croissant de constructeurs, est pris dans la moitié des cas. “Ce n’est pas le prix de l’option qui force la décision. Certains autocaristes n’y trouvent tout simplement aucun intérêt. Il en va de même pour les porte-bagages de type avion. Cela ne nous pose aucun souci, nous nous adaptons en fonction des attentes”, assure Van Hool. Une flexibilité qui ne laisse pas le marché insensible. À fin août, Van Hool totalisait 132 immatriculations, en progression de 30 % par rapport à 2009, dans un marché global en net recul (− 17,08 %). Un scénario qui n’est pas pour déplaire au carrossier constructeur belge.
Avec seulement 5 188 km au compteur, le T 916 Astronef invité sur le parcours de Bus & Car ne tenait pas du vieux briscard. Il était doté d’un moteur Euro 5 Daf MX 340 U1 développant 462 ch, lui-même accompagné par une boîte de vitesses ZF AS-Tronic avec ralentisseur intégré. “C’est le choix de 90 % de nos clients”, précise-t-on chez Van Hool. La longue liste des options le plaçait dans le haut du panier des Astronef: toit panoramique vitré, porte-bagages type avion, cuisine, siège avec système de démontage rapide, caméra de route, verrouillage centralisé des soutes ou encore deux écrans latéraux de 19”(15” de série). Par ailleurs, les équipements de série ne manquent pas: écran amovible de 19” à l’avant, climatisation, toilette, réfrigérateur dans le tableau de bord, équipement audio et vidéo, phares au xénon… Enfin, les parois utilisaient un revêtement imitant le cuir et facile d’entretien. “C’est une matière spéciale qui ne se raye pas. Il rencontre un bon écho chez les clients”, confie le Belge.
Autant le dire tout de suite, ce n’est pas le point fort de l’Astronef. La face avant du véhicule n’est pas la plus glamour du marché… ni la plus moderne! Mais cette austérité est défendue par Van Hool: “Nous conservons une certaine continuité à travers le temps. Le style de nos véhicules évolue par petites touches. Cela permet de ne pas dénaturer les anciens modèles. C’est apprécié par les autocaristes qui nous font confiance depuis de nombreuses années.” En revanche, les flancs de l’autocar sont bien plus attrayants. Une ligne chromée souligne l’inclinaison du plancher et rappelle le Top Class de Setra. Mais il n’y a pas que sur le dessin que Van Hool se rapproche du spécialiste du haut de gamme. Sur le plan de la finition, l’Astronef joue clairement les premiers rôles. Il n’y a guère à redire dans l’habitacle qui, à l’inverse de la carrosserie, est très contemporain.
L’insonorisation est de bonne qualité, même à l’arrière, le moteur reste discret. Posé sur trois essieux, l’Astronef fait preuve d’une grande stabilité et les cahots de l’asphalte sont bien filtrés. La visibilité vers l’avant à l’intérieur du véhicule est excellente, plancher en théâtre oblige. Le large toit vitré offre une luminosité de premier ordre et permet d’atténuer l’habituelle lourdeur des porte-bagages de type avion.
Un parcours, avec un vent fort et une pesée à 21,5 tonnes, n’a pas empêché l’Astronef de faire preuve de sobriété. Sa consommation moyenne de 29 l / 100 km est tout à fait raisonnable pour un véhicule de ce gabarit. La boîte AS-Tronic et la dextérité de Jean-Philippe Pastre ont certainement joué. Car avec la puissance de son moteur Daf, l’Astronef n’est pas à mettre entre les mains d’un conducteur tenté par l’ivresse du pouvoir.
– Longueur/largeur/hauteur
13,2 / 2,55 / 3,73 m.
– Moteur
Euro 5 Daf MX 340 U1
développant 462 ch.
– Boîte de vitesses
ZF AS Tronic avec Intarder.
– Freins AV et AR
À disques ventilés, ABS et ASR.
– Suspensions
Pneumatiques intégrales.
2 coussins d’air à l’avant, 4 à l’arrière. Delestage du 3e essieu.
– Réservoir
735 litres (AdBlue 73 l).
Lors du Coach Euro Test 2009, nous avions été critiques avec le Van Hool TD927 Astromega conduite à droite. Beaucoup des remarques émises à l’époque n’ont plus cours avec le T916 Astronef. La planche de bord bénéficie d’un agencement rationnel des commandes.
La chaîne cinématique (moteur DAF MX avec l’option boîte ZF As-Tronic 12 rapports) réalise le sans-faute absolu: cet autocar est un authentique grimpeur et un roi des grands axes. La maniabilité est tout aussi stupéfiante. Prudence toutefois, la bête fait 13,20 m de long! Les liaisons au sol inspirent confiance, malgré les rafales de vent qui ont balayé le parcours. Le freinage est progressif, puissant, et le ralentisseur ZF Intarder très réactif. Si le roulis est maîtrisé, on regrettera une tendance au tangage sur les grandes ondulations. L’articulation au sol de la pédale d’accélérateur peut parfois être gênante: tout dépend des chaussures utilisées. Le conducteur déplorera également un montant de pare-brise parfois gênant pour le rétroviseur gauche, l’absence de témoin d’antibrouillards avant et la rareté des espaces de rangements. Hormis ces péchés véniels, faciles à corriger, voici un autocar que l’on prend plaisir à conduire plus qu’à contempler (à moins d’être un adepte du cubisme). Pas de doute, ce représentant du plat pays est taillé pour les sommets.
• Performances et maniabilité.
• Agrément moteur/boîte.
• Volant et direction agréables.
• Insonorisation.
• Efficacité du ralentisseur.
• Rétroviseur gauche partiellement occulté par le montant de pare-brise.
• Peu d’espaces de rangements.
• Absence de témoin d’antibrouillards avant.
• Tendance au tangage.
• Pédalier envahissant.
– Le Daf MX 340 de 462 ch a indiscutablement la "patate". On comprend mieux pourquoi Van Hool a souvent la cote chez les conducteurs. Le constructeur belge propose également l’Astronef avec un moteur Man pour les autocaristes allergiques à l’AdBlue.
– Le rétroviseur gauche intègre le miroir de l’antéviseur. Il est malheureusement entravé par le montant de pare-brise (les conducteurs de grande taille seront plus gênés que ceux qui conduisent près du volant). En outre, le mât est sensible au vent.
– L’implantation des sièges se change aisément tout comme leur inclinaison pour proposer un confort maximal. Le plancher en théâtre possède l’inconvénient de rendre quasiment inaccessibles les liseuses aux places avant… À mois de mesurer plus de deux mètres.
– Le levier de sélection est celui fourni par ZF pour l’AS Tronic. Une bonne idée tant l’ergonomie est simple et intuitive. Sur le T916 Astronef et avec le moteur DAF MX, cette boîte se révèle sous son meilleur jour.
La planche de bord conserve des interrupteurs basculants. Cependant, on regrettera les quelques vis apparentes qui dénotent dans un autocar aussi bien fini, ainsi que la rareté des espaces de rangement.
– Trouvaille Van Hool: le positionnement des feux de gabarit assure la visibilité en toutes circonstances. Ils facilitent beaucoup la perception de la longueur du véhicule, en particulier de son porte-à-faux arrière.
– Attention: il n’y a pas de témoin de fonctionnement des antibrouillards avant! Et les feux de brouillard arrière n’ont que la lumière sur l’interrupteur pour se signaler au conducteur. Gare aux oublis (et aux amendes). L’afficheur central donne plusieurs indications (rapport de boîte, données de l’ordinateur de bord, etc.).
– L’implantation du levier de frein de parc n’est pas très astucieuse.
– C’est selon le goût de chacun. L’Astronef existe avec ou sans les porte-bagages de type avion. Ceux du modèle présenté n’étaient pas trop lourds et bien finis.
En revanche, la stabilité des tablettes était médiocre.
– Avec le toit vitré, l’habitacle est lumineux à souhait.
– Le T 916 Astronef en a sous le capot… et sous le plancher! Avec ses 13,5 m3 de soutes, il est paré pour les tours d’Europe avec passagers, amateurs de souvenir à ramener à la maison.
– Astucieux, le siège guide pivote pour faciliter l’accès à la couchette conducteur.
– Pour ce qui est du design, Van Hool repassera en deuxième semaine. Après tout, un autocar reste un rectangle avec des roues. Le carrossier constructeur belge applique la règle à la lettre.
