À l’origine de la renaissance du tramway dans les grandes villes, le réseau stéphanois s’offre un profond toilettage, réinstalle les bus dans le centre-ville et s’engage dans le processus intermodal régional avec OùRA!, carte unique de transports publics en Rhône-Alpes
Exploité par la Société des transports publics de l’agglomération stéphanoise (groupe Veolia Transport), le nouveau réseau doit avant tout faire la démonstration d’une plus grande efficacité, d’un plus grand savoir-faire. Car dans l’agglomération de Saint-Étienne Métropole les moyens sont comptés et la conjoncture n’est pas au zénith: une population qui n’augmente pas, un pouvoir d’achat en berne et une situation économique à plat. Mais cela n’empêche pas ses dirigeants, Maurice Vincent, maire et président de Saint-Étienne Métropole, d’avoir des ambitions et d’améliorer l’attractivité des transports en commun. Pour y parvenir, la Stas, nom commercial du réseau stéphanois, s’est appuyée sur une étude des flux Origine-Destination, menée depuis le printemps 2008 sur l’ensemble des lignes. À partir de l’analyse de données extrêmement concrètes en terme de fréquentation, de motifs de déplacements, d’identification des arrêts de montée et de descente, elle a livré sa copie le 30 août dernier, accompagnée d’une campagne de communication. Sous le triptyque, Plus efficace, plus souple, plus vert, elle décline plusieurs innovations.
Pour une meilleure lisibilité et simplification de l’offre, une nouvelle numérotation des lignes a été adoptée, avec une hiérarchie. Les 3 lignes de tramway sont qualifiées de T1 à T3. Grâce à des aménagements de voiries, les itinéraires en site propre des tramways sont élargis, principalement en centre-ville. Les lignes numérotées de 1 à 9 sont qualifiées “essentielles”, avec un cadencement toutes les 8, 10 ou 15 minutes. De 10 à 29, seront affectées les lignes du bassin stéphanois, lignes principales et lignes de proximité. De 30 à 35, il s’agira des lignes de desserte de la vallée de l’Ondaine et, de 40 à 49, celles de la vallée du Gier. Une seule création de ligne est annoncée, celle reliant toutes les vingt minutes le centre-ville au centre universitaire de La Métare, en moins d’un quart d’heure, baptisée Campus Express.
Être plus près des usagers, coller aux nouveaux comportements, rester en lien avec les objectifs du projet d’agglomération de Saint-Étienne Métropole destinés à valoriser les transports collectifs… Bref, tout a été décidé pour rapprocher au maximum les autobus du centre-ville. Avec l’adoption d’un nouveau plan de circulation, ce choix s’est concrétisé par l’aménagement de 3 pôles de correspondance, tous maillés avec le tramway, situés en zone piétonne et vers lesquels convergent les lignes assurées par des autobus: place Jean-Jaurès/Jean-Ploton, pôle Cœur de ville et Hôtel de Ville. L’arrivée des bus en ces endroits est innovante. Parallèlement, différents aménagements qualitatifs ont été apportés. Car à Saint-Étienne, cité du design, il était de bon ton que l’habillage des véhicules, des supports de service, comme les distributeurs automatiques, et des titres de transport soit harmonieux. Résultat, le packaging coloré fait référence à la tradition de la passementerie et aux couleurs traditionnelles stéphanoises. Une mise en scène qui doit accentuer la visibilité du réseau et renforcer son attractivité. Le design intérieur des véhicules joue, quant à lui, sur les éclairages à leds. L’agencement intérieur offre davantage de confort aux voyageurs grâce à des espaces de circulation élargis, un endroit dédié aux personnes handicapées et des appuis debout pour les heures d’affluence. Une démarche identique s’applique au tramway: nouvelle livrée extérieure, sellerie revisitée, réaménagement des espaces à proximité des portes et modernisation de la plate-forme arrière pour plus de confort.
La première rame a été dévoilée ce 30 août et, selon ces mêmes principes, 13 autres suivront d’ici à fin 2011. De même, d’autres aménagements ont été apportés sur l’habillage du réseau: Abribus(r), signalétique, totems… et même l’installation, en certains arrêts, de quais en bois de synthèse pour faciliter l’accès aux véhicules.
La billettique a aussi fait l’objet d’un investissement lourd par la collectivité territoriale depuis 2004.
En particulier, près de 1 000 valideurs ont été embarqués à bord des véhicules dans le but d’accélérer l’installation des usagers. 78 nouveaux distributeurs automatiques de titres de transport ont été mis en place. Ils peuvent permettre la lecture et le rechargement des cartes OùRA!
Car c’est bien une innovation majeure de cette rentrée, le lancement de ce titre combiné qui associe deux réseaux de transports en commun, les TCL de Lyon et la Stas de Saint-Étienne, au réseau régional TER. “Un enjeu majeur pour améliorer la fluidité de l’autoroute A45”, selon Maurice Vincent, sur cet axe qui figure parmi les plus accidentogènes de France. Pour débuter, sont proposés deux types d’abonnement mensuel: TER + Stas + TCL et TER + Stas. Un train d’innovations donc qui doit permettre de “dynamiser notre production”, soutient Olivier Le Grontec, directeur général de la Stas.
Et pour en savoir davantage sur toutes ces nouveautés, rejoignez le site de la Stas sur www.reseau-stas.fr. En 2009, l’ancien site avait enregistré 636 000 connexions, soit une hausse de 17 %.
Allez Où vous voulez en Rhône-Alpes.
– 39 communes desservies
– 67 lignes régulières, 3 services de taxi-bus et 1 service de transport à la demande
– 310 véhicules, dont 35 rames de tramway
– 10,825 millions de kilomètres parcourus en 2009
– 661 salariés dont 427 conducteurs
– 42,352 millions de voyages par an
La ville a fait du vert sa couleur de communication bien avant son adoption par le mouvement écologique. Rien de plus naturel donc que le nouveau réseau s’inscrive dans la continuité des actions Stas pour la préservation de l’environnement et dans la logique de développement durable initiée par Saint-Étienne Métropole. 98 % des véhicules utilisent une énergie propre, aux normes
Euro 5: électrique, gazole à très basse teneur en soufre ou gazole blanc. En particulier, le tramway, 100 % électrique, ne rejette aucun gaz toxique dans l’atmosphère.
En transportant 200 personnes, il équivaut à 167 voitures. La politique de renouvellement des matériels s’inscrit dans la logique de développement durable dont le réseau Stas a été précurseur.
Dès 2008, le choix s’est porté sur des véhicules permettant de répondre aux normes de protection environnementale les plus exigeantes. 38 véhicules (Mercedes Citaro) ont ainsi été acquis à ce jour et 14 arriveront en début d’année prochaine.
