Pas facile de s’accorder sur un partage des compétences quand on se trouve coincé sur un même territoire. Le département et la région de l’île de la Réunion s’opposent en ce moment sur le transport de voyageurs.
Après l’abandon du projet de tram train, l’île de la Réunion connaît un nouveau regain de tension entre les conseils généraux et régionaux concernant leurs compétences respectives en matière de transport de voyageurs. Le département, à travers le réseau Car Jaune, gère aujourd’hui les déplacements interurbains de l’île. Ce groupement, composé d’une dizaine d’entreprises locales, transporte chaque année plus de cinq millions de passagers, assure 17 lignes régulières et dessert 22 communes. Sur ce réseau principal viennent se greffer les réseaux secondaires Alterneo dans le sud, et Citalis au nord.
Souvent montrée en exemple dans les Dom-Tom, cette organisation mise en place par le conseil général est visiblement fragilisée aujourd’hui par la volonté de Didier Robert, président du conseil régional, de mettre en place son projet de Trans Eco Express, complété d’un engagement sur la mise en service de 2000 bus sur l’île. Le conseil général, qui refuse de se voir "dépossédé" de sa compétence transport par la région, a donc voté le 22 septembre une résolution rappelant que cette dernière ne pouvait imposer son schéma de déplacement en substitution des services actuellement gérés par le département. Enfin, ce dernier pointe du doigt un certain nombre d’imprécisions relevées dans le projet de Didier Robert, notamment concernant l’aménagement des infrastructures routières. La bataille des "précarrés" semble bien avoir commencé entre les deux institutions.
