Avec Libéo, son nouveau réseau, l’agglomération de Brive change de philosophie pour ses transports en commun (TC), et devient notamment propriétaire de ses bus et de son dépôt.
Nouveau réseau, nouvelle flotte, nouvelle livrée des bus, nouvelle organisation… Avec le lancement de Libéo, l’actuel nom du réseau, la Cab (Communauté d’agglomération de Brive) concrétise le premier volet de son PDU – celui concernant ses TC – et rend visible par la population la révolution qu’elle entend mener en matière de transport. “C’est une démarche assez exemplaire, je crois, au plan environnemental et social”, admet Jean-Claude Farges, l’élu chargé des transports et des déplacements. Paradoxalement, les principaux bouleversements ne concernent pas le réseau, même si les aménagements apportés le rendent plus lisible et efficace. Il est maintenant structuré autour de deux lignes principales cadencées toutes les vingt minutes aux heures de pointe autour desquelles gravitent cinq lignes interquartiers. Le Tad quant à lui (itinéraires et horaires prédéfinis sur réservation) est étendu à de nouveaux quartiers. Il est opérationnel six jours sur sept contre deux auparavant. Autre modification substantielle, le remplacement du service régulier du dimanche – peu utilisé – par des Tad, avec seulement deux dessertes régulières en soirée à destination des casernes et du campus. Mais les véritables bouleversements sont ailleurs, et peu visibles pour la population. Certes, elle a sans doute remarqué les 18 bus neufs (Heuliez 327, Heuliez 127 l) qui arborent de nouvelles couleurs et un autre nom, Libéo. Mais elle ignore sans doute que l’agglomération en est désormais propriétaire. “Nous avons choisi tous les aménagements des bus, depuis les sièges antitag jusqu’aux girouettes aux couleurs de la ligne, les portes coulissantes à l’extérieur pour ne pas perdre d’espace à l’intérieur, le signal visuel et sonore d’arrêt à l’intérieur, sonore à l’extérieur, les boutons d’arrêt avec inscription en braille, détaille Jean-Claude Farges. Et ce, alors que les deux principales villes de l’agglo, Brive et Malemort, achèvent la mise en accessibilité de tous leurs Abribus et que ces derniers, du moins ceux situés dans des secteurs avec équipements publics, sont dotés d’un plan du quartier en braille!”
Autre bouleversement, la Cab a exigé de Veolia – qui a dû batailler pour emporter la DSP – qu’une filiale spécifique, Veolia Transport Brive, soit créée pour les TC brivistes. Avec pour objectif d’avoir un interlocuteur dédié et des chauffeurs motivés puisque, ayant intégré la convention collective des transports publics, leur salaire a sensiblement augmenté. Le passage de Veolia à Veolia Transport Brive a toutefois été délicat, donnant lieu à un feuilleton juridique entre Veolia et les syndicats autour de la perte de certains avantages et primes. Au lieu des 12 % prévus, leurs salaires n’auraient en moyenne augmenté que de 8 à 9 %. Associés au choix des véhicules et de leurs équipements, les chauffeurs disposent désormais d’une climatisation individuelle, d’un espace réfrigéré pour les bouteilles d’eau et d’un autre espace vérouillable pour les affaires personnelles. “Nous avons poussé les scrupules assez loin, sourit Jean Claude Farges. Mais les chauffeurs sont la cheville ouvrière du transport et contribueront au succès de Libéo. Mieux vaut donc qu’ils soient en forme plutôt que grognons toute la journée!”
Si l’élu reste enthousiaste concernant la tarification – maintien du ticket à 1 euro, baisse des tarifications pour les jeunes –, c’est le président de l’agglomération, Philippe Nauche, également maire de Brive, qui concède que la gratuité totale un temps envisagée ne pourra éventuellement devenir effective que plus tard. Même si l’essentiel du coût du service (2,7 millions d’euros HT) est assuré par le VT (versement transport), passé en janvier de 0,5 à 0,6 % et qui rapporte environ 2,2 millions d’euros, et que la billetterie ne contribue qu’à hauteur de 10 %. De même, soucieux de concilier l’efficacité du service public et une gestion saine, Jean-Claude Farges n’entend pas multiplier les parcs relais gratuits et a dû renoncer à des véhicules électriques par la navette qui relie le seul parc relais briviste au centre-ville car “ce n’est pas encore fiable!” Autre petite déception. La halte TER ferroviaire qui devait irriguer la principale zone d’activité en périphérie de Brive n’est toujours pas opérationnelle, RFF tardant à rendre ses études. “C’est comme pour le pole intermodal. Sur 14 millions d’euros de travaux, RFF ne met que 600 000 euros mais retarde tout en trainant de convention en convention…”, peste l’élu qui, en revanche, se réjouit que l’agglomération dispose bientôt de son propre dépôt de bus. Car le local est acquis mais reste à l’aménager, avec un coût légèrement supérieur à celui initialement prévu (1,3 million d’euros). “Bien moins éloigné que celui qu’utilisait Veolia, cela nous permettra d’économiser 45 000 km à vide chaque année, soit autant de carburant, d’usure des véhicules et de temps de travail des chauffeurs…”
L’ancien nom du réseau, Stub (Service de transports urbains de Brive), a été abandonné au profit de Libéo et d’un autre logo. Selon Jean-Claude Farges, le vice président chargé des transports et des déplacements, "le logo rond comme une bulle, directement inspiré de celui de l’agglomération, évoque la facilité des déplacements. De même, le nom Libéo, facile à mémoriser et déclinable sur différents supports, est un terme générique qui peut recouvrir les différentes offres: Libéo la navette, Libéo accessible, Libéo à la demande…" Et pourquoi pas bientôt Libéoparking et Libéovélo. Libéovélo ou… Vélibéo.
– 1,995 million de voyages/an (1,2 million de voyages auparavant).
– 1,18 million de km parcourus par les véhicules (874 000 km auparavant).
– Contribution forfaitaire moyenne versée à Veolia. Transport Brive: 2 708 000 euros HT.
– 34 conducteurs.
– 18 nouveaux bus aux dernières normes européennes.
Ces chiffres ne tiennent pas compte du service Libéo Accessible.
