Le 22 septembre, un jour avant la grande grève nationale contre la réforme des retraites, la Carcept-Prévoyance Ipriac organisait les 1res Assises de la protection des transports et de la logistique. Fière de son bilan, cette caisse de retraite complémentaire des salariés de ce secteur collecte les cotisations des entreprises et des actifs pour verser les pensions de retraite complémentaire aux anciens salariés du transport.
Dans son introduction, son vice-président, Jean-Pierre Bekaert, s’est montré très optimiste: “Nous sommes des précurseurs!” Le secteur des transports se targue donc de placer au cœur de ses préoccupations le social, l’environnement et l’homme qui assure la prospérité des entreprises et (au-delà) de la société.
Pour Gérard Voisin, le député UMP de Saône-et-Loire, “le grand problème, c’est l’homme!” Difficile pourtant de progresser en matière sociale et environnementale tant que la “fiscalité européenne ne sera pas harmonisée, affirme-t-il. Nous devons veiller à améliorer notre compétitivité par la simplification de la fiscalité. L’Allemagne a créé une TVA sociale. Nous devrions nous en inspirer. L’Europe le permet et l’encourage pour établir une vraie concurrence”. D’autres pistes existent comme l’écoredevance – laquelle a été inscrite dans la loi de finance de 2009 avant d’être reportée – et l’eurovignette qui sont deux “bons moyens d’harmoniser la fiscalité européenne”. La taxation des infrastructures en contrepartie d’une baisse du coût du travail est aussi une alternative jugée crédible et intéressante. Toutes ces réflexions ont pour objectif commun de “donner au social une place aussi forte que l’économie et le développement durable”, comme le souligne Philippe Grillot, le président de la Fédération des entreprises de transport et logistique de France.
Dans cette première conférence-débat un tantinet fourre-tout – les débatteurs ont parlé de la création d’un service public de la logistique urbaine (Denis Baupin), de péage urbain, de voitures électriques, de ferroutage, sans fil conducteur audible –, il ressort surtout que la profession souhaite “garder la mainmise sur la protection sociale dans les transports.” Et Jean-Pierre Bekaert d’insister: “Ça reste une spécificité du secteur qui ne saurait être engloutie dans un grand système interprofessionnel!” Pour le coup, le message a le mérite d’être limpide.
