Ce qui m’interpelle quand je parcours l’actualité foisonnante à propos du Grenelle de l’environnement, c’est que pour une fois dans l’histoire de notre pays, très centralisateur, l’État semble justement dépassé par le mécanisme qu’il a instigué. Tout le monde, ou presque, s’accorde aujourd’hui à dire que l’on aurait pu, et dû, faire mieux dans le cadre de cette “révolution” écologique promise. L’État, qui se cache avec un certain opportunisme derrière la crise économique, aura finalement mis bien moins que prévu sur la table, revoyant largement ses ambitions initiales à la baisse. Dont acte. Ce qu’il ne mesurait sans doute pas, c’est l’ampleur de la vague “verte” qui emporte désormais sur son passage bon nombre de résolutions dans l’Hexagone. Non seulement des entreprises en tout genre ont intégré le facteur écologique dans leur stratégie de développement – avec plus ou moins d’hypocrisie selon qu’elles soient, ou non, polluantes de nature – mais le citoyen a fait sienne cette notion de protection de l’environnement devenue si fondamentale, si culpabilisante. Rien ne pourra désormais être vraiment comme avant. Le paradoxe le plus amusant de cette histoire, c’est que l’automobile a été l’un des premiers secteurs à s’emparer du concept “écolo”. Roulez vert, un argument de vente fort, une aubaine pour se sentir citoyen modèle, au-dessus du lot, sachant vivre avec son temps. Hélas, les mystères de la communication sont impénétrables. Il faut, je crois, que les transports de voyageurs – et l’autocar – jouent davantage sur les notions “vertes” ou “bio”, qui font tellement recette dans des domaines aussi peu vertueux que la voiture particulière ou l’agroalimentaire. La réalité des chiffres et des faits montrent que le public est tout à fait prêt à entendre, à comprendre, à intégrer se souffle bio dans son quotidien. Les mentalités changent à grande vitesse et, crise ou pas, la responsabilité des citoyens face à leur avenir et à leur planète est tendance. Je roule vert, je mange bio, je trie mes déchets. Le transport public et l’écomobilité au sens général ont toutes les cartes en main pour devenir les “chevaliers verts” de demain. Ce qui est intéressant à mes yeux, c’est que les transporteurs l’ont compris. Et bien avant que ce soit politiquement correct.
