Les constructeurs ont calmé les rumeurs de fusion. "Les deux industriels vont trouver des synergies, mais garderont leur identité", assure notamment Man.
Les mariages arrangés par les parents n’ont pas la cote en Europe. Notamment dans l’industrie du poids lourd. Selon notre confrère allemand Der Spiegel, Volkswagen, à la tête d’importantes participations chez Man (30 %) et Scania (45,7 %), envisagerait de fusionner les deux grands constructeurs pour qu’ils se transforment en un seul géant. Plus précisément, VW aurait envisagé de transférer 30 % de sa participation dans Man à Scania en échange de quoi le Suédois lancerait une offre sur le restant du capital de Man. Plus qu’une fusion, il s’agirait d’un griffon nordique dévorant le lion germanique.
Cette révélation n’est pas restée sans suite. Les deux industriels ont rapidement réagi, en appelant à la prudence. Dans un communiqué, Scania a tenu à rappeler que: "À ce stade, aucune décision n’a été prise, parce qu’il reste de nombreuses questions commerciales et juridiques en suspens. Une décision ne pourra être prise qu’une fois que ces questions auront été résolues." Mais la suite du discours du Griffon indique bien qu’il ne boude pas le scénario présenté dans la presse: "Depuis un certain temps, Scania et MAN ont étudié différents projets dans le domaine industriel, la plupart liés aux véhicules commerciaux, qui permettraient aux deux entreprises de profiter de synergies de recherche et développement, de production et d’approvisionnement (…) Ce processus a montré qu’une réalisation complète des synergies potentielles requiert une coopération plus proche en combinant les deux entreprises." Le maintient de l’identité propre des deux industriels est un point sensible. Le sujet est abordé sans équivoque dans le communiqué de Man en réponse aux articles de presse: "Le maintien des activités commerciales et des valeurs de marques respectives sont essentiels. Cela sera à la base de toutes les options envisageables par Man dans le cadre d’un rapprochement plus poussé." En rappelant une nouvelle fois que les discussions ne font que commencer et qu’il serait prématuré de tirer des conclusions.
Les indiscrétions révélées par Der Spiegel ne manquent en tout cas pas de cohérence. Si la fusion finissait par se réaliser, le nouvel ensemble donnerait naissance à un géant industriel employant plus de 80 000 personnes, pour un chiffre d’affaires supérieur à 18 milliards d’euros selon les chiffres d’une année 2009 des plus sombres. De quoi venir chatouiller Daimler et Volvo, les deux leaders mondiaux du véhicule industriel.
