La joie n’aura duré que vingt-quatre heures au sein du Groupement des autorités responsables de transports (Gart). Le 16 novembre, les villes moyennes gagnaient à l’Assemblée nationale le droit de relever le taux du versement transport (VT) de 0,6 % à 0,9 %. Le 17 au soir, c’était fini. Le gouvernement ayant retoqué 38 amendements au projet de loi de Finances 2011, dont celui-ci.
Le Gart milite activement depuis 2007 pour que le taux du VT dans les villes de moins de 100 000 habitants puisse être relevé à 0,9 %. Arguant du fait que ces agglomérations avaient, comme leurs voisines de plus de 100 000 habitants, des besoins de financement importants pour mettre en œuvre leurs projets de transport en commun, le Groupement d’élus, sans demander un VT maximum à 1,85 % comme dans les grandes agglomérations, réclamait tout de même un relèvement significatif de son taux. Entendues par les députés, qui semblent avoir bien intégré les leçons des Grenelle 1 et 2 en matière de transport, ses attentes ont été clairement mises à l’écart par le gouvernement. le VT, qui rapporte aux collectivités locales un peu moins de 6 milliards d’euros par an (hors Île-de-France), contribue déjà à hauteur de 44 % au financement des transports, il n’ira visiblement pas plus loin.
Le gouvernement aura sans doute été plus sensible aux sirènes du Medef, qui stigmatise le VT depuis des mois, comme il le fit en son temps avec la taxe professionnelle. Abritées derrière la crise économique, et mettant en avant que les projets de développement des transports collectifs ne profitaient que rarement aux zones d’activités, les entreprises ont sans doute pesé plus lourd dans la balance que les élus locaux. "On se battra!", continue à clamer Roland Ries, député-maire PS de Strasbourg et président du Gart. Pour l’heure, la défaite est bien là.
