Dès l’aube de son nouveau mandat, qui va le porter à l’exploitation du réseau lyonnais jusqu’en 2016, Keolis Lyon va procéder à une refonte complète du deuxième réseau de transport en commun de France, décidée par le Sytral. Sous le nom d’Atoubus, cette réorganisation va remettre l’autobus au cœur du dispositif transport de l’agglomération. Et tout doit rouler pour la rentrée 2011.
Bernard Rivalta, président du Sytral, autorité organisatrice du réseau lyonnais, avait pris en compte trois critères principaux pour l’attribution de la première délégation de service public de France: une qualité de service optimisée aux clients, une maîtrise du déficit de fonctionnement et une implication de l’entreprise dans le management et la gestion sociale du personnel. À l’horizon de la rentrée 2011, le réseau présenté en cet automne 2010 s’inspire forcément de ces trois principes et, dans ce contexte, c’est bien l’autobus qui revient en pole position. “Ce projet de redéploiement du réseau de bus, à l’échelle de 64 communes et 1,4 million d’habitants est une première en France”, communique le Sytral.
Après une phase de concertation avec les élus et les techniciens des communes et arrondissements de l’agglomération lyonnaise, le nouveau plan de transport va être communiqué à la population. En l’absence de la création de grandes nouvelles infrastructures lourdes (nouvelles lignes de métro ou de tramway), économie oblige, c’est l’autobus qui opère son grand retour sur le devant de la scène. La désignation du nouveau plan, au nom d’Atoubus, n’est pas équivoque, c’est un signe fort. “Le réseau, tel qu’il est aujourd’hui, et particulièrement celui des bus, manque de lisibilité alors que l’offre est inégalement répartie”, constate opportunément Bernard Rivalta. “Il faut aussi adapter l’offre en fonction des modifications des comportements, qui font que, par exemple, l’heure de pointe du matin s’élargit et que la demande en soirée est plus tardive”, ajoute Michèle Vullien, présidente de la commission d’adaptation de l’offre au Sytral. Autre élément de cadrage du projet, l’intermodalité TCL/TER qui doit être favorisée, notamment sur les trois pôles que représentent les gares SNCF de Lyon Jean-Macé, Lyon-Vaise et Vénissieux, tout comme une meilleure desserte de la périphérie, en particulier celle des zones industrielles. Dans cette optique, un chapitre spécifique du projet Atoubus lui est dédié, avec la création de quatre lignes GarExpress reliant des gares TER du territoire (Saint-Fons, Feyzin, La Tour-de-Salvagny et Jubin), aux zones d’activité voisines, avec des horaires adaptés à ceux des entreprises et aussi ceux des trains. Pour réaliser l’ensemble de ces objectifs, c’est l’autobus qui sera là aussi le principal outil.
Le nouveau dispositif, qui entrera en vigueur le 29 août 2011, est le fruit d’un profond remaniement de l’organisation actuelle: seules 17 lignes resteront inchangées, alors que 85 seront modifiées. Quinze nouvelles lignes seront créées et autant seront supprimées. Avec une hiérarchisation de celles-ci. Tout d’abord, 26 lignes majeures ont été définies. Colonne vertébrale du réseau et structurantes, elles auront une fréquence de 8 à 12 minutes en journée et fonctionneront quotidiennement de 5 h 00 à 0 h 30, de septembre à juin dans cette configuration. En clair, les actuelles adaptations liées aux vacances scolaires seront supprimées. Les plus importantes seront dotées de bus articulés pour une meilleure adaptation de l’offre et un confort optimisé des usagers. Ensuite, 68 lignes complémentaires viendront en appui de ces lignes majeures pour mailler plus densément l’agglomération. Enfin, 13 lignes de proximité seront définies pour une desserte plus fine des quartiers, au plus près des habitants, en réponse à des besoins de déplacements plus locaux. Puis, en complément de ce dispositif et de celui défini plus haut concernant l’intermodalité bus/TER, certaines mesures spécifiques seront adoptées: 6 lignes pour les zones industrielles, des services express au départ de la gare de Lyon-Vaise pour le campus d’Ecully (là où figurent plusieurs grandes écoles) et pour le parc d’activités Techlid, un service de transport à la demande, Résago, et des lignes Pleine Lune pour les noctambules, avec 3 lignes comptant des départs à 1 h 00, 2 h 00, 3 h 00 et 4 h 00 du matin, en fin de semaine à partir des jeudis…
La présentation à la population de l’agglomération vient de démarrer. Elle se poursuivra jusqu’à la fin de l’année. En particulier, ont été établies 8 cartes géographiques affichées dans les mairies d’arrondissement ainsi que celles des communes concernées. À partir de janvier prochain, ce sera la préparation du nouveau réseau qui sera amorcé: conception des horaires, aménagement de voiries, formation du personnel de conduite, information du personnel, rédaction des documents d’information au public, préparation des véhicules et des points d’arrêt… Ensuite, à partir de mai et durant tout l’été 2011, l’information définitive sera déployée au public (plan de réseau, documents par secteur, fiches horaires, signalétiques aux arrêts…). Tout doit être fin prêt pour la mise en service du nouveau réseau Atoubus, le 29 août 2011.
Atoubus représente une offre supplémentaire annuelle de 6 % en kilomètres d’autobus, qui va s’ajouter à celle, actuelle, de 38 millions, pour environ 1,4 million de voyages par jour. Ces 2,5 millions de kilomètres supplémentaires vont générer de nouvelles dépenses: Atoubus prévoit l’acquisition de 90 bus articulés (dont 16 ont déjà été livrés), soit un investissement global de 33,3 millions d’euros supportés par le Sytral, avec, en plus, l’embauche nécessaire de conducteurs qui s’ajoutera à un effectif déjà riche de 2 300 personnes. Des efforts censés accompagner la croissance de la fréquentation de ce réseau qui évolue à un rythme compris entre 2 et 4 % par an. Pour l’accentuer, le Sytral compte aussi sur des progrès en terme de productivité qui seront forcément confrontés à l’équilibre social de Keolis Lyon. D’où l’obligation d’obtenir l’adhésion des équipes à ce projet. Un vrai challenge pour Bernard Rivalta qui dispose, certes, de solides appuis politiques, mais dont la situation vis-à-vis de sa communication locale reste plutôt délicate.
Décidée par le dernier comité syndical, fin octobre 2010, l’évolution tarifaire qui entrera en vigueur au 1er janvier prochain, a été calculée sur la base dune inflation annuelle de 2 %. Sur les 28 tarifs de l’offre du Sytral, 7 restent inchangés, dont le ticket unité avec un montant à 1,60 euro, pour la troisième année consécutive. Celui qui subit la hausse la plus importante est le ticket à l’unité, vendu à bord des véhicules: il passe de 1,60 euro à 2 euros (+ 25 %). Pour les autres, la hausse s’échelonne jusqu’à 28,6 % (TCL Pass réduit). Comme c’est déjà le cas pour les tickets de la RATP, les tickets TCL aux bars des TGV à destination de Lyon seront vendus au tarif majoré de 20 centimes à l’unité.
Contrepartie forfaitaire
• Veolia: 1,95 milliard d’euros
• Keolis: 1,99 milliard d’euros
• Transdev: 1,95 milliard d’euros
Engagement sur recettes
• Veolia: 1,14 milliard d’euros
• Keolis: 1,22 milliard d’euros
• Transdev: 1,17 milliard d’euros
Déficit prévisionnel
• Veolia: 809,7 millions d’euros
• Keolis: 771,3 millions d’euros
• Transdev: 779 millions d’euros
Source, La Gazette des Communes
C’était aussi l’une des exigences du renouvellement du contrat de délégation de service public: faire en sorte que chacun puisse accéder facilement aux informations dont il a besoin. De nouveaux moyens vont être mis en œuvre et une large part d’entre eux s’appuie sur de nouvelles technologies. Une carte interactive est actuellement en phase de test sur www.tcl.fr. Avec fonction zoom, elle permettra au voyageur de planifier son déplacement: recherche d’itinéraire, d’horaires, de tarifs… Dans le métro et le funiculaire, le Sytral va développer un système d’information dynamique des voyageurs en temps réel. L’installation de 118 panneaux pour un montant de 3,5 millions d’euros permettra de connaître le temps d’attente pour les deux prochaines rames et de diffuser des messages en cas de situation perturbée. Elle devrait être effective au premier trimestre 2011. Un peu plus tard, il est prévu d’installer sur chaque arrêt des codes barres. Une fois photographiés et analysés par une application préinstallée sur un téléphone mobile, ils permettront de connaître l’ensemble des horaires en temps réel ou encore le plan de situation à l’arrêt concerné. Enfin, le Sytral a décidé pour ses abonnés de la mise en place d’un service gratuit de diffusion par SMS d’informations en cas de situation perturbée. Ils pourront choisir jusqu’à 4 lignes du réseau, ainsi que les jours où ils souhaitent recevoir de tels messages.
