Alsace-Lorraine Les précipitations neigeuses ont gravement perturbé le trafic routier ces dernières semaines, notamment en région parisienne. Dans le Nord-Est, les transporteurs sont rôdés et leurs véhicules équipés. Il aura fallu une interdiction préfectorale – souvent jugée excessive – pour interrompre le service sur les lignes régulières et scolaires en Moselle.
CET HIVER, pour la deuxième année consécutive, la DIR Est poursuit sa politique de maîtrise du sel en appliquant “la bonne quantité, au bon endroit et au bon moment.” Pour traiter les 1 600 km de routes dont elle a la responsabilité (autoroutes non-concédées et nationales) à travers quatre régions, elle dispose de quelque 160 engins et d’un stock de 55 000 tonnes de sel. “Nous cherchons à maîtriser les coûts: le prix du sel représente un tiers du prix de la viabilité hivernale. Et préserver l’environnement en minimisant les quantités déversées”, précise Philippe Thirion, responsable de la division d’exploitation de la DIR Est à Strasbourg.
En cas de neige, “sur les 2x2 voies, nous traitons prioritairement la voie de droite. S’il y a trois voies, nous traitons les deux de droite”, explique Philippe Thirion. En cas de verglas, le traitement est généralisé à l’ensemble des voies. “En cas de précipitations de neige intenses, nous multiplions les passages sur une voie, plutôt que de traiter deux voies. En cas d’événements longs, nous devons aussi organiser les temps de repos des conducteurs pour tenir dans la durée. La priorité est alors donnée à la voie de droite”, poursuit Philippe Thirion.
À l’image des cars du Réseau 67 et du ramassage scolaire, les transporteurs restent sereins face aux intempéries. “Nos cars ne circulent pas sur les autoroutes et nos départementales sont déneigées intégralement”, précise Franck Siegrist, chef du service des déplacements et transports au conseil général du Bas-Rhin.
“Nos cars et ceux de nos transporteurs sont équipés de pneus adaptés. Tous les conducteurs bénéficient de stages de conduite sur chaussée glissante et, en cas d’intempéries annoncées, nous leur rappelons quelques bons usages: anticiper la prise de poste et préchauffer les véhicules”, explique Franck Siegrist. Sur certaines petites routes, les cars évitent de s’engager trop avant pour ne pas rester bloqués et les enfants terminent le trajet à pied.
Joseph Schwanger, des Cars Josy, dont l’activité s’effectue pour 40 % sur lignes régulières, observe que “par définition, les cars roulent sur la voie de droite sauf pour doubler, mais qu’à ne dégager qu’une seule voie, on risque l’engorgement voire la paralysie.” À ses yeux, une seule solution: rendre les pneus neige obligatoires pour tous les véhicules, comme c’est le cas en Allemagne.
Thierry Schidler, autocariste à Bouzonville et coprésident de la commission tourisme de la FNTV, se dit “énervé” par l’attitude des autorités: “Il n’est pas normal de ne dégager qu’une seule voie alors qu’il faudrait rechercher de la fluidité.” Et de mettre en cause les horaires d’intervention de l’équipement, devenu “procédurier”, autant que l’interdiction de circuler intempestive imposée par un préfet qui “ouvre le parapluie”, alors que les cars sont équipés pour affronter l’hiver.
