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Veolia-Transdev Le transport en (très) grand

Fusion Certes, c’est un “oui, mais…”, mais un oui quand même. L’Autorité française de la concurrence a donné son feu vert pour la fusion de Veolia Transport avec Transdev. Le nouveau géant du transport prévoit d’atteindre le cap de 10,2 milliards de chiffre d’affaires en 2015.

LES SALARIÉS de Veolia Transport et de Transdev ont eu la possibilité de prendre de concert des bonnes résolutions pour l’année 2011. Dans un communiqué du 30 décembre dernier, soit un an et demi après la publication des bans du mariage, l’Autorité française de la concurrence a annoncé qu’elle donnait son accord au projet de fusion entre les deux opérateurs de transport. Le feu est donc vert mais la circulation sera bel et bien réglementée par plusieurs réserves et exigence de l’autorité de contrôle. Le nouveau groupe va devoir vendre certains actifs (en plus de ceux cédés à la RATP dans le cadre de l’échange de ses 25 % dans Transdev) et, plus innovant, financer à hauteur de 6,4 millions d’euros un fonds d’animation de la concurrence.

La concurrence en danger?

Les conditions imposées sont justifiées par le fait que l’Autorité de la concurrence estime que “la concentration envisagée engendre des risques concurrentiels sur les marchés du transport public urbain et interurbain hors Île-de-France.” L’avis publié est même très clair sur le plan du transport urbain, qui lui semble le plus menacé par la raréfaction de la concurrence. “En faisant baisser le nombre de candidats lors des futures consultations, la fusion aura pour effet de détériorer le niveau des offres remises aux autorités organisatrices de transport dans 20 à 25 % des cas”, poursuit l’Autorité de la concurrence. La région Paca risquerait d’être la plus touchée par ce phénomène. C’est d’ailleurs dans ce secteur géographique que le nouveau couple devra lâcher du lest en cédant les réseaux urbains d’Aubagne, Salon-de-Provence, Fréjus-Saint-Raphaël et Carpentras.

Un fonds d’animation…

La cession d’actif ne suffira visiblement pas à garantir un choix équitable entre opérateurs pour les AO. Ainsi, à la demande de l’Autorité de la concurrence, Veolia Transport et Transdev vont financer la création d’un fonds d’animation de la concurrence. La dote des mariés se montera à 6,54 millions d’euros. Ce fonds devra permettre aux AO de financer sur l’ensemble du territoire français deux mesures afin d’encourager la concurrence:

• l’indemnisation des candidats non retenus aux appels d’offres;

• le recours par les collectivités, notamment de petite taille à des prestations d’assistance à maîtrise d’ouvrage pour améliorer l’efficacité des mises en concurrence qu’elles organisent.

Les AO ne pourront pas piocher de manière systématique dans ce fonds. L’Autorité stipule que “le financement de ces actions d’animation de la concurrence sera réservé aux réseaux de transport dont Veolia et Transdev sont les sortants et qui feront l’objet d’une mise en concurrence dans les cinq années qui suivent la date de réalisation de l’opération.

L’interurbain soumis à condition

L’urbain n’a pas été le seul sujet d’inquiétude posé par le rapprochement des deux groupes. Ils devront également faire des concessions dans l’interurbain. Quatre départements sont pointés du doigt en raison de risques de position trop dominante. Veolia et Transdev devront ainsi céder des actifs dans le Var, le Vaucluse, l’Eure-et-Loir et le Loir-et-Cher. Dans ce dernier département, Transdev venait pourtant de se renforcer avec le rachat du groupe Dunois, entériné depuis le 1er janvier dernier. Les cessions ne seront pas au programme de la Haute-Savoie mais Veolia-Transdev y jouira d’une liberté particulièrement surveillée. L’avis de l’Autorité prévoit un engagement du duo “à ne pas procéder à de nouvelles acquisitions significatives pour les cinq années à venir. Celles-ci seront plafonnées à 3 millions d’euros et 2 % du marché du transport interurbain dans le département pour toute la période.” De plus, et cela dans ces cinq départements, l’avis précise que “les parties se sont également engagées à ne pas se grouper, pendant une durée de cinq ans, avec les principaux acteurs de dimension nationale ou internationale présents sur le marché pour répondre à des appels d’offres interurbains.” Un lustre que Keolis, RATP Développement, mais également les PME indépendantes auront intérêt à exploiter pour se renforcer afin de faire face à ce nouveau géant.

EXPRESS

Les Cars Air France

Prêts à décoller sur internet

Le billet électronique ne sera plus réservé aux avions d’Air France.

Les autocars de la compagnie entrent également dans l’ère du numérique à l’occasion du lancement du nouveau site internet www.lescarsairfrance.com. La mise en service de cette boutique en ligne s’adresse tant aux particuliers qu’aux professionnels du tourisme.

Les premiers pourront acheter, régler et imprimer leurs e-tickets depuis leur domicile ou leur bureau. Cette offre devrait bien correspondre aux attentes des clients qui, à plus de 80 %, planifient d’utiliser ce moyen de transport au moment de la préparation de leur voyage. Les professionnels du tourisme bénéficient d’un espace dédié qui leur permet d’acheter des titres de transport, sans date de validité, afin de les proposer à leurs clients directs. En revanche, les utilisateurs d’iPhone (ou autres smartphones) devront patienter pour utiliser leur mobile en tant que justificatif de titre de transport. Une application est en cours de développement et devrait voir le jour dans les six mois. En plus de la vente, le nouveau site à la vocation d’aider à la préparation des déplacements avec les informations sur les horaires, les lignes, les tarifs, mais également la divulgation en temps réel des prochains départs aux différents arrêts… Une visite virtuelle à 360o des points d’arrêts à la gare Montparnasse est proposée, il en sera de même pour Orly et Roissy/Charles-de-Gaulle dans un futur proche. Bref, à terme, pour rater son car Air France, il faudra (presque!) le faire exprès.

Réseau Arc-en-Ciel

Les PME gagnent pour de bon

C’est l’épilogue du feuilleton du Nord de l’année 2010. Un groupement de PME, mené par Voyages Dupas-Lebeda (avec Finand-Parmentier, Les Chemins de Fer du Cambrésis, Fouache et Place accompagné de Livenais en tant que sous-traitant), croisait le fer avec Veolia Transport pour l’attribution de la délégation de service public (DSP) du périmètre 3 du réseau Arc-en-Ciel. Attribuée dans un premier temps à Veolia, puis confiée aux PME par la suite, la DSP de huit ans restait en souffrance suite au dépôt d’un référé précontractuel au tribunal administratif de Lille par Veolia (voir Bus & Car no 857, 860 et 861). L’affaire avait finalement atterri mi-août sur le bureau du secrétariat du contentieux du Conseil d’État. La lecture des décisions de l’autorité a eu lieu le 5 janvier dernier et donne raison, sur le fond, comme sur la forme, au groupement de PME. Le Conseil d’État préconise au conseil général de lui attribuer la DSP pour les huit prochaines années. Il impose également à Veolia de verser une indemnité de 4 500 euros au groupement.

"Nous nous réjouissons de cette décision, et du fait que le Conseil d’État ait réalisé une étude très fine du dossier qui nous avait été demandé pendant l’instruction. Il démonte toutes les attaques qui avaient été lancées contre l’offre que nous avions déposée le 31 mars 2010", explique Patrice Lebeda, mandataire du groupement. Le conseil général avait cependant relancé une procédure d’appel d’offres en octobre dernier et attendait les réponses pour le 25 janvier. Mais, selon une source proche du dossier, il aurait été décidé de se ranger derrière la décision du Conseil d’État. "Nous allons être en mesure de mettre en place l’offre de transport que nous avions proposée dans notre réponse du 31 mars 2010. Ainsi, les usagers du périmètre 3 vont être aussi bien lotis que les habitants des autres périmètres en matière de services de transport. Il y aura une réelle continuité de la mobilité territoriale", se réjouit Patrice Lebeda.

En chiffres

Veolia Transport

CA 2009

5,86 milliards d’euros (62 % à l’international)

Présent dans 27 pays

En France

57 réseaux urbains

95 réseaux interburbains

30 000 salariés

11 408 véhicules

Transdev

CA géré 2009

3,57 milliards d’euros (60 % à l’international)

Présent dans 9 pays

En France

51 réseaux urbains

37 réseaux interburbains

11 000 salariés

7 247 véhicules

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Auteur

  • David Reibenberg
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