Bombay Circulation chaotique, transports publics insuffisants, projets en retards… Voilà pour le tableau de Bombay, qui peine à satisfaire la mobilité de ses près de 20 millions d’habitants.
LORSQUE l’on arrive à Bombay, il faut savoir ne pas attacher trop d’importance aux horaires. Pour se déplacer dans la cité du sud de l’Inde, mieux vaut prévoir (beaucoup) de temps. La ville vit au rythme de ses embouteillages et de la sonorité des klaxons. Là-bas, le quotidien rime avec horaires de pointe. Mais que font les autorités organisatrices des transports publics, me direz-vous?
Le réseau de bus est placé entre les mains de la société publique, Best. Elle exploite une flotte assez disparate: plus de 4 000 véhicules avec des midibus, des autobus standards, des modèles à impérial et même quelques véhicules accessibles aux personnes à mobilité réduite. Pour moderniser son parc, Best a profité du programme de renouvellement Jawaharlal Nehru National Urban Renewal Mission, qui prévoit des subventions pour l’achat de 15 000 autobus dans 68 villes à travers le pays. Quelque 400 lignes de bus sont répertoriées et empruntées chaque jour par plus de 500 000 personnes. Un système Bus Rapid Transit a été mis en place, mais il peine à remplir efficacement son rôle. En cause? Un choix hasardeux de matériel roulant et d’importantes difficultés à faire respecter la notion de site propre. Les voies réservées des différentes lignes du BRT sont régulièrement empruntées par des véhicules non autorisés, qui n’hésitent pas à stationner de manière sauvage.
Un des joyaux de Bombay reste sans doute sa gare centrale, Chhatrapati Shivaji terminus (anciennement Victoria Terminus), classée au patrimoine mondial de l’Unesco. Plus de 2,5 millions de passagers y transitent au quotidien pour y prendre le train. Au total, se sont plus de 6 millions de personnes qui s’entassent tous les jours dans les vétustes trains de Bombay. L’affluence est telle qu’il n’est pas rare de voir des passagers accrochés sur le toit des wagons. En Inde, la possession d’un véhicule particulier reste en effet réservée à une classe privilégiée, ce qui explique un tel niveau de fréquentation.
Pour tenter d’améliorer la mobilité dans l’agglomération, plusieurs projets de transports publics ont été décidés. Le plus important concerne certainement, le métro. À terme, le réseau devrait compter neuf lignes, d’une longueur totale de 146,5 km (dont 32,5 km en souterrain). Mais tout le problème est de savoir quel sera ce terme. La ligne 1, sur un axe est-ouest au nord de la ville, dont le contrat d’exploitation avait été remporté par un consortium dans lequel figure Veolia Transport, devait entrer en service à la fin de l’année. Or, à ce jour, la visibilité sur la fin des travaux n’est toujours pas claire. Le BRT connaît lui aussi du retard à l’allumage. Sur les sept lignes promises par Best, seules deux sont officiellement en service. Là encore, il est très difficile de donner une date sur les prochaines mises en service. La patience est, dit-on, une vertu très indienne.
Istanbul privatise
Début janvier, le maire d’Istanbul a initié une procédure de mise en vente du gestionnaire de liaisons maritimes intra-urbaines, Istanbul Deniz Otobüsleri (Ido). À trois mois de la clôture des dépôts d’offres, le journal Sabah recensait déjà une vingtaine de candidats sur les rangs. L’heureux acquéreur mettra donc la main sur un chiffre d’affaires prévisionnel de 190 millions d’euros pour 2011 et sur un réseau de 86 embarcadères fraîchement modernisés.
Alstom décroche Bagdad
Alstom est parvenu à un accord avec le gouvernement irakien pour la construction du futur métro aérien de Bagdad. À la clé: une ligne de viaduc de 25 kilomètres de long, soit environ 65 % du réseau que la municipalité travaille à déployer depuis 2008. Un contrat ambitieux qui en ferait presque oublier les difficultés rencontrées par sa candidature au projet de TGV Djeddah-La Mecque-Médine, soumise à une concurrence espagnole qui a déjà consenti un rabais de 30 % sur l’offre initiale.
Ça chauffe à Stockholm
Avec 250 000 voyageurs par jour, la gare de Stockholm a eu une idée astucieuse: utiliser la chaleur dégagée par ses usagers pour chauffer l’immeuble voisin. Sur le terrain, cette initiative a déjà contribué à une réduction de 25 % de la facture énergétique du site concerné grâce à un dispositif d’échangeurs de chaleur au système de ventilation de la gare.
