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Magazine

Un franc-tireur au franc-parler

Transport interrégional Apparue comme une ligne de "covoiturage en autocar", Covabus a cessé son activité pendant six semaines avant de renaître sous la forme de service occasionnel. Un tour de passe-passe qui lui permet de profiter d’un flou juridique et d’envisager un avenir au niveau national.

CERTAINS confrères le surnomment le “Robin des bus”. Dans la presse, il est qualifié d’électron libre. Aux yeux des autorités locales, il est perçu comme un hors-la-loi, Thibault Vayron, président de l’Association pour des transports adaptés (Apta), soigne les moindres rouages de sa communication. Objectif: faire de son service de bus occasionnel reliant Lille à Paris une alternative à l’offre de la SNCF. À raison de trente euros l’aller-retour, “Covabus est un nom commercial dont le donneur d’ordre est Liberbus, une association de loi 1901 dont j’ai pris la présidence en 2010”, résume Thibault Vayron. Employant six salariés, cette association s’appuie également sur une flotte de dix autocars acquise aux quatre coins de l’Hexagone pour un montant symbolique. Parmi les généreux “donateurs”, la RATP qui lui a, par exemple, fournit trois bus articulés “à faible kilométrage, complètement rafraîchis et bénéficiant d’un contrôle technique interne”, assure-t-il. Si des villes comme Bordeaux, Lyon, Montpellier, Orléans ou Tours l’ont suivi dans son projet, Lille a affiché davantage de réserves pour cette initiative qu’elle ne voit pas tout à fait d’un bon œil.

Jouer sur les mots

Démarrant sur les chapeaux de roues, fin octobre dernier, Covabus a pourtant été freiné dans son élan au bout de plusieurs jours d’exploitation. En cause: le bug d’un site internet au bout de deux cents mails, des annulations de dernière minute conduisant aux plaintes de certains usagers et des contrôles routiers débouchant sur plusieurs procès-verbaux. “Si nous avions été en infraction, la Direction régionale de l’environnement, de l’aménagement et du logement (Dreal) aurait saisi ou bloqué nos véhicules, ce qui n’a pas été le cas”, se défend Thibault Vayron. En coulisses, c’est également l’appellation de “covoiturage en autocar” qui a mis le feu aux poudres puisqu’aux yeux de la Dreal ce service s’apparentait, en réalité, à une ligne régulière “déguisée” pour laquelle le président n’avait aucune autre autorisation officielle que son attestation de capacité. “Nous avons profité d’un vide juridique”, reconnaît Thibault Vayron. D’autant que lors du démarrage de cette liaison, c’est le conducteur, un bénévole issu d’une entreprise de transport régionale, qui encaissait les clients à leur montée à bord… “Fin janvier, nous avons été reçus au ministère des Transports où il nous a été conseillé d’axer notre stratégie de communication autour du concept de service occasionnel”, explique-t-il. Une nuance qui étend considérablement le champ des possibles: salons professionnels, expositions, foires, soldes, etc. “Pendant le salon de l’Agriculture, fin février dernier, nous avons été sollicités tous les jours par nos clients”, avoue-t-il. Autre réajustement nécessaire à la réouverture de cette ligne: un système de paiement sécurisé en ligne intervenant lors de la réservation.

Des ambitions nationales

Suspendu pendant un mois et demi, le service a repris de plus belle le 11 février dernier. Un hasard? Pas vraiment puisque la veille, l’association de transporteurs Eurolines annonçait ses velléités d’ouverture de liaisons interrégionales en France proposant, aussi, des tarifs largement inférieurs à ceux de la SNCF. Un concurrent inattendu dont l’arrivée a sucité l’indignation de Thibault Vayron: “Le fait que ce prestataire étranger puisse légalement ouvrir des lignes régulières sans payer de taxe en France nous a semblé profondément injuste.” Si les deux protagonistes ne sont pas directement en concurrence, ils spéculent pourtant sur un marché encore fictif dans la mesure où les transports interrégionaux et nationaux par autocar sont purement et simplement interdits au sein de l’Hexagone. Pourtant, les projets de l’association ne s’arrêtent pas là puisque “notre feuille de route s’articule autour des trois prochaines élections. Après les cantonales, nous prévoyons de desservir toute la France”, confie-t-il. Pour cela, l’association compte s’appuyer sur un réseau de PMI/TPE fonctionnant sur le principe “d’une centrale d’achat de transport”. Une première étape qui amorcerait la suite de l’aventure puisqu’à moyen terme l’association vise un départ toutes les heures, y compris le week-end. “Dans cette optique, nous devrons nous doter de treize véhicules supplémentaires”, prévoit-il. Cette fois, si les services de l’État ne le laissent pas naviguer à vue, Thibault Vayron compte bien répliquer. “Nous arrêterons les lignes étudiantes que nous exploitons via notre branche BaobusÒ. Avec plus de 800 étudiants lâchés en pleine nature chaque soir de week-end, cela risque de faire désordre”, menace sans ambages Thibault Vayron.

EXPRESS

Droit syndical

Unanimité à la RATP

Le 1er mars, la RATP a annoncé la signature d’un nouvel accord relatif au droit syndical et à la qualité du dialogue social. Conclut pour une durée indéterminée, ce consensus vise à assurer l’application des principes de la loi d’août 2008 sur la représentativité syndicale et la démocratie sociale, à favoriser la poursuite d’un dialogue social constructif, et à préciser l’articulation entre les moyens légaux et conventionnels mis à la disposition des partenaires sociaux. Dans la foulée, les dispositions relatives à la prévention des conflits ont été reconduites et le seuil de validité des accords en matière de négociation collective relevé à 30 % sur la base des seuls résultats aux élections des Comités départementaux économiques et professionnels.

TBCOOL ET KEOLIS

Abonnement unique

La société d’autopartage Autocool et Keolis viennent de commercialiser la carte Tbcool. Objectif: donner la possibilité aux usagers bordelais d’être abonnés au réseau de transports en commun tout en accédant aux 33 voitures en autopartage de la ville. Avec une tarification de 33,20 euros, l’usager réalise ainsi une économie de 20 % sur les deux abonnements.

FROGBUS

L’autocar désenclave les Pyrénées

Après avoir planté ses jalons en Pays catalan, l’autocariste Frogbus entend renforcer ses positions sur le marché français. S’attaquant au désenclavement des territoires restés en marge des grandes infrastructures, le groupe espère concurrencer les services de bus reliant Andorre et Girona mais aussi Toulouse et Barcelone grâce à une augmentation de ses fréquences de cinq à sept rotations quotidienne entre El Centre del Món de Perpignan et le tarmac de Vilobí d’Onyar dès le 1er avril. Parmi les autres projets prévus par la compagnie low cost: desservir Biarritz, Carcassonne, Narbonne, Pau, Tarbes, Toulouse, Saint-Gaudens et Saint-Sébastien.

ACHATS

Un poste d’optimisation certain

"Optimiser les achats des entreprises de transport", c’est ce que propose Christelle Bretaudeau, consultante indépendante, dans son dernier ouvrage publié aux éditions du Celse. Présentant les différentes étapes d’une démarche d’achat, cette publication met aussi l’accent sur les économies potentiellement réalisables sur différents postes de coûts et donne des exemples de stratégies facilement applicables au quotidien.

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Auteur

  • Diane-Isabelle Lautrédou
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