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Magazine

Bus, bruits de couloir à Toulouse

Circulation Une voie pour automobiles transformée en couloir de bus. Une signalisation pas claire. Et c’est le grand embouteillage.

L’EMBOUCHURE, un quartier bien mal embouché au cœur de la Ville rose! Sur cet axe qui relie le centre-ville à la rocade, puis à l’aéroport de Blagnac le long du canal du Midi, une voie de circulation a été raflée aux automobiles sur quelques centaines de mètres… histoire de céder le passage aux bus pour desservir la Zac dans les deux sens (car jusqu’ici, ils passaient de l’autre côté du canal). Résultat: ce nouvel aménagement contraint les bus à passer d’une file qui longe les immeubles à une autre qui longe le canal… le tout, en traversant trois files de voitures arrêtées par un feu rouge qui dure désormais cinq minutes!

Le chaos automobile

De bonne ou de mauvaise foi, beaucoup de conducteurs ignorent la signalisation et se retrouvent soit nez à nez avec le bus, soit bloqués au carrefour à feu, après s’être engagés à tort. Les vidéos de ces scènes filmées par un habitant de la Zac créent le buzz sur Dailymotion (taper bus-contre-sens-Toulouse). “C’est l’enfer pour couper le boulevard et rejoindre le couloir le long du canal, témoignait dans La Dépêche du Midi Franck Delpérier, secrétaire du syndicat Sud Transport chez Tisséo. Un bus a arraché l’avant d’une voiture et son conducteur a perdu les 6/11e de sa prime d’incitation à bien conduire de 650 euros par an!

Pourtant, Bernard Marquié, l’adjoint aux transports de Toulouse, est convaincu de l’utilité de cet aménagement: “Rien n’avait été prévu en matière de transports pour cette zone. En attendant la ligne de tramway qui reliera les ponts Jumeaux au pont des Demoiselles à l’horizon 2020 (projet inscrit au PDU, ndlr), nous avons essayé d’établir un minimum de dessertes pour ce secteur. Or, si on ne peut pas desservir au pied des immeubles, l’intérêt des bus est limité.” Pour l’élu, il s’agit surtout de nouvelles habitudes à prendre pour les automobilistes, même s’il reconnaît que la signalisation devra être améliorée.

Renforcer la signalétique

Du coup, pour calmer le jeu, un renforcement des bandes peintes au sol et un marquage en damier sur le virage d’entrée (schéma) sont prévus. Car il s’agit aujourd’hui de prévenir plus clairement les automobilistes que la voie ne leur est plus accessible. “Nous allons mettre des panneaux d’annonces plus visibles, poursuit l’élu, mais nous sommes limités par les bâtiments de France car le canal du Midi est classé.” La police sera aussi sollicitée pour verbaliser les automobilistes qui ne seraient toujours pas décidés à respecter les couloirs de bus.

Au service GDI (gestion des infrastructures) de la ville, on réfléchit cependant à faire évoluer l’aménagement d’ici à quelques mois. “Nous regardons ce qui peut être fait pour redonner de la fluidité aux véhicules légers, dont l’attente au feu a été augmentée de trois minutes, indique Philippe Le Cocquen, directeur du service GDI. La solution palliative n’est pas encore validée, mais nous allons sans doute faire en sorte qu’à chaque feu vert, on passe 50 à 60 véhicules de plus par heure. Mais, de toute façon, si on veut développer les transports en commun, on doit améliorer leur vitesse commerciale et donc prendre de la place à la voiture…

EXPRESS

Limousin, un ticket pour l’intermodalité

À compter du 28 mars, un titre intermodal permettra de circuler sur les réseaux urbains de Brive et de Tulle, ainsi que dans la navette ferroviaire TER qui relie les deux cités. Baptisé Passéo, ce titre est décliné en deux versions – quotidienne ou mensuelle – et s’appuie sur la billettique SNCF, avec une simple reconnaissance à vue dans les bus. L’objectif est de donner une véritable impulsion aux transports en commun entre les deux principaux pôles urbains corréziens distants de seulement 30 km. Car si 17 000 personnes transitent chaque jour entre les deux villes, c’est surtout par véhicules individuels (12 000 véhicules/jours) alors que la liaison fer TER ne représente que 300 abonnements. L’efficacité de Passéo dépend bien sûr de l’attractivité de ses tarifs: 7 € le titre utilisable toute la journée sur les trois réseaux contre 13,50 € le seul aller/retour TER, et 69,40 € l’abonnement mensuel contre 87 € pour l’abonnement ferroviaire uniquement. Avec une réduction d’environ 25 % si un seul des réseaux urbains est utilisé. Selon le conseil régional, instigateur du dispositif, "Passéo s’inscrit en complémentarité de la récente refonte des réseaux urbains de Brive et de Tulle, de la mise en cadencement en décembre 2009 de la liaison TER (35 circulations quotidiennes; + 8,7 % de fréquentation en dix-huit mois), de l’aménagement en cours des pôles intermodaux des deux villes, et de Mobilimousin, la centrale de mobilité régionale." Présenté comme la marque intermodale de la région, Passéo devrait peu à peu s’étendre aux autres réseaux limousins.

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Auteur

  • Catherine Sanson-Stern
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