Les deux événements largement abordés dans ce numéro – Busworld Asia et l’UITP de Dubaï – apparaissent révélateurs de plusieurs tendances lourdes dans le transport collectif. La Chine d’abord, où l’industrie du transport de voyageurs exprime enfin, à travers une relative désaffection du salon de Shanghai, toute l’importance de son marché intérieur. Certes, l’État chinois impose désormais aux industriels les plus en vue de participer à "sa" version d’une grande foire aux transports à Pékin, d’où l’absence des ténors du secteur. Mais plus que cela, ces mêmes constructeurs, qui souhaitent pour la plupart se développer à l’export, deviennent désormais des habitués des grands rendez-vous européens que sont Busworld Courtrai ou l’IAA de Hanovre. Plutôt que de s’afficher en vitrine sur leur propre territoire, ils viennent logiquement au-devant de leur clientèle étrangère. Un pas révélateur vient donc d’être franchi, symptomatique d’une certaine maturité de ce marché.
Du côté de Dubaï, cité de la démesure où se déroulait le grand rendez-vous de tous les modes de transports collectifs de la planète, l’heure est aussi, semble-t-il, à une certaine déception. Certes, chacun promet toujours un avenir radieux à ce secteur, mais pour 2025, voire 2050… Un peu long peut-être pour tous ceux qui attendent du concret rapidement. Bien sûr, quelques belles avancées industrielles sont venues ponctuer l’événement, de nouveaux outils à mettre au service du transport collectif, qui plus est souvent d’origine française, ou tout du moins européenne. Pour autant, on attendait sans doute mieux d’un événement se déroulant dans une cité comme Dubaï, où tout, ou presque, semble permis en matière d’innovation. Est-ce le nerf de la guerre – l’argent – qui vient à manquer?
La prochaine édition, en 2013, aura justement lieu à Genève, au pays des banques, peut-être aurons-nous alors de bonnes surprises, et quelques discours plus concrets en matière d’avancées significatives?
