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Magazine

L’Europe en croisade contre l’or noir

Livre blanc des transports 2011

Publié le 28 mars 2011, ce livre dévoile les grandes lignes de la politique européenne des transports à l’horizon 2050. Affichant clairement sa volonté de lutter contre la forte dépendance du secteur au gazole, l’institution fixe des objectifs plutôt ambitieux mais reste évasive sur les sources de financement nécessaires pour les atteindre.

À L’HEURE où le cours du brent a récemment frôlé 86 euros le baril, le nouveau Livre blanc publié le 28 mars 2011 par la Commission européenne appelle l’industrie des transports à la raison. “Le pétrole se fera plus rare dans les prochaines décennies, provenant toujours plus souvent de sources d’approvisionnement incertaines. Comme l’indiquait il y a peu l’Agence internationale de l’énergie (AIE), plus la décarbonisation tardera au niveau mondial, plus les prix du pétrole augmenteront. Si nous ne résolvons pas cette dépendance (…), notre sécurité économique pourrait être gravement affectée, avec d’importantes conséquences pour l’inflation, la balance commerciale et la compétitivité globale de l’économie européenne” , introduit la préface du Livre blanc. Si le problème est posé, l’ensemble des solutions proposées par la Commission européenne répond à un objectif précis: diminuer de 60 % les émissions du secteur d’ici à 2050.

Renverser la vapeur

Désignés comme “responsables d’environ un quart des émissions de CO2”, les transports urbains devraient ainsi faire les frais d’une “restructuration” passant par la transformation des stations de métro en plates-formes de correspondances multimodales, la mise en place d’installations facilitant les déplacements à pied et à vélo ou l’utilisation de véhicules moins gourmands en énergie puisque “les grands parcs d’autobus urbains, de taxis et de fourgonnettes se prêtent particulièrement bien à l’introduction d’alternatives en matière de systèmes de propulsion et de carburants.” En parallèle, cette feuille de route prévoit également de travailler le volet social afin “de créer des emplois de qualité, de développer les compétences requises et de renforcer la compétitivité des opérateurs de transport de l’Union européenne.” Confrontée à des difficultés croissantes de recrutement, la filière est donc encouragée à mettre l’accent sur la formation, la certification, l’amélioration des conditions de travail et l’évolution des carrières pour doper son attractivité. Autre incontournable pour le transport urbain: l’achèvement du cadre législatif lié au droit des passagers devant déboucher sur “une interprétation uniforme du droit européen et une harmonisation de sa mise en œuvre pour garantir à la fois des conditions de concurrence égales pour les entreprises et une protection européenne normalisée pour les usagers” , prévoit le texte.

Un système ferroviaire commun

Avec, en toile de fond, la création d’un espace ferroviaire unique, l’achèvement du réseau ferroviaire à grande vitesse européen et le triplement de sa longueur d’ici à 2030, la commission réaffirme son souhait de voir la majeure partie du transport de passagers à moyenne distance de l’Union s’effectuer par train à l’horizon 2050. Pour encourager cette dynamique, elle appelle l’ensemble des acteurs de la filière à “lever les entraves techniques, administratives et juridiques empêchant encore l’entrée sur les marchés ferroviaires nationaux” , et les autorités organisatrices à attribuer leurs contrats de services publics dans le cadre d’appels d’offres concurrentiels. Chapeautant les conditions d’exercice de la profession, l’Agence ferroviaire européenne (AFE) devrait voir son rôle renforcé en particulier en terme de sécurité où elle se chargera de superviser et d’harmoniser les décisions européennes au plan national. Comme elle le soulignait déjà dans son précédent Livre blanc, la Commission réitère son vœu de séparer structurellement la gestion des infrastructures et la fourniture de services. Deux catégories distinctes de prestataires qui ne devraient pas tarder à être sollicités pour participer aux premières réflexions sur l’élaboration d’une norme européenne de sécurité envisagées par la Commission dans le cadre de ce document.

1 500 milliards d’euros

Si les représentants de la profession saluent une grande majorité des mesures détaillées dans cette feuille de route, bon nombre d’entre eux affichent déjà leurs inquiétudes sur la question financière. Tablant sur un investissement de 1 500 milliards d’euros à l’horizon 2030, la Commission européenne étudie plusieurs pistes pour lever des fonds. Avançant, entre autres, la possibilité d’un soutien public via la poursuite des stratégies d’investissement des programmes de RTE-T et des Fonds structurels et de cohésion, elle plébiscite également la mise en place d’un cadre propice au développement des partenariats public-privé (PPP) grâce à “une procédure d’examen approfondi des projets liés au RTE-T afin d’identifier ceux qui se prêteraient à ce mode de financement et de mettre en place des modalités normalisées pour la passation de marchés de type PPP.” Complétant ce dispositif, l’Europe incite enfin ses membres à faire preuve de créativité dans la conception de nouveaux instruments financiers “et notamment, à l’initiative de l’Union européenne, en faveur d’emprunts obligataires pour le financement de projets.” Avis donc à ceux que les salles de marché inspirent.

EXPRESS

RÉSULTATS

Les transports collectifs des régions en équilibre

Une politique des transports équilibrée au niveau national et plus contrastée à l’échelle régionale.

C’est en substance le bilan dressé par l’étude relative à l’organisation des transports régionaux de voyageurs publiée il y a quelques semaines par le Commissariat général au développement durable (CGDD). Parmi les tendances observées par l’organisme: un transfert de compétences d’où résulte “un fort développement de l’offre de transport, une augmentation de la fréquence et une progression des trafics voyageurs.” En cause: le renouvellement du matériel roulant, la réorganisation des dessertes, l’augmentation des fréquences, l’introduction d’offres tarifaires novatrices et la rénovation des gares. Chiffres à l’appui, l’étude s’est aussi attachée à mettre en perspectives ces données dans la durée. Ainsi, entre 1997 et 2008, les offres et les trafics ont respectivement grimpé de 56 % et 70 % au niveau national et de + 30 % à + 93 % et de+ 10 % à + 124 % en régions.

VILLEFRANCHE-RODEZ-RIGNAC

Accessible sur toute la ligne

L’accessibilité, c’est bien. Quand les personnes à mobilité réduite peuvent accéder aux arrêts, c’est mieux. Dans l’Aveyron, c’est chose faite sur la ligne régulière Villefranche-Rodez-Rignac. Les transports Gauchy qui exécutent le service proposent un système de rabattement vers les points d’arrêts de la ligne en service à la demande. Pour en bénéficier, les PMR doivent simplement réserver leur transport la veille de leur déplacement, et ce, sans surcoût. Pour le conseil général, l’investissement total a été de 280 000 euros et couvre les travaux de voirie, les aménagements des arrêts, la réalisation d’une aire de stationnement, la mise en place de poteaux d’information accessible aux handicapés visuels, auditifs et moteurs.

SAVIOE

L’union dans les transports?

Les fusions ne concernent pas que le monde de la finance. Les réseaux de transports peuvent eux aussi se lancer dans ce type d’opération pour plus de synergie et d’efficacité. Ainsi, Métropole Savoie, sous les conseils du cabinet Inddigo, spécialiste du développement durable, prévoit de placer la gestion des transports des agglomérations de Chambéry et d’Aix-les-Bains entre les mains d’une seule autorité organisatrice. L’objectif étant d’optimiser des services transport qui, s’ils répondent aux besoins d’aujourd’hui, risquent de connaître des difficultés face à l’accroissement promis de la population. Le cabinet Inddigo préconise la mise en place d’un réseau en râteau avec un axe structurant sur lequel viennent se rabattre des lignes desservants les territoires alentours. Le cabinet évoque aussi la mutualisation des équipements de transport, la mise en place d’un tarif unique ou encore la mise en adéquation des politiques urbaines avec le Grenelle de l’environnement.

NOMINATION

Nouveau président pour le GIE Objectif transport public

Le 30 mars dernier, Bernard Soulage a été nommé à la présidence du GIE Objectif transport public Gart-UTP pour un mandat de deux ans. Au sein de sa feuille de route, le nouveau président envisage de “promouvoir le transport public selon une approche globale et multimodale. La notion de développement durable doit être plus que jamais au cœur de nos choix en matière de transports.” Après avoir occupé les fonctions de professeur agrégé des universités en sciences économiques, de chargé de mission au Commissariat général du plan, et de secrétaire général de la ville de Grenoble, il a, par ailleurs, été élu vice-président en charge des transports et des déplacements à la région Rhône-Alpes et vice-président délégué à l’Europe et aux relations internationales.

Ouest Provence

Le transport, c’est simple comme un coup de fil

L’information voyageurs est au cœur des préoccupations du réseau Ouest Provence Le bus. Depuis le 27 avril, les usagers peuvent composer un numéro unique (04 42 77 07 07) afin d’obtenir toutes les informations sur leurs déplacements: horaire, destination, réservation d’un transport à la demande, perturbations… Deux conseillères en mobilité assurent ce service. Depuis le début de l’année, le réseau connaît une hausse de sa popularité, en janvier et février près de 160 000 voyageurs l’ont utilisé. Par ailleurs, Ouest Provence a créé un syndicat mixte de gestion et d’exploitation des transports avec Martigues. L’objectif étant d’augmenter les fréquences des bus pour faire du transport en commun une alternative crédible, notamment dans l’interurbain.

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Auteur

  • Diane-Isabelle Lautrédou
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