Ardèche L’autocariste Raymond Faure vient de passer un accord avec le parc animalier de Peaugres, histoire d’expérimenter un véhicule tout électrique destiné à pister sur 80 hectares une kyrielle d’animaux sauvages.
JUSQU’À FIN AOÛT, les visiteurs de l’un des plus vieux parcs animaliers de France pourront découvrir les 900 animaux sauvages du safari de Peaugres à bord d’un bus électrique. Le véhicule arbore les 80 hectares pour un euro symbolique par personne. Et c’est une première! Jusqu’ici la visite s’effectuait avec les véhicules des visiteurs à une vitesse limitée de 20 km/h, sans parler de l’état de la carrosserie après les singeries de quelques primates. Des plaisanteries qui ont d’ailleurs conduit à l’exclusion définitive des singes il y a quelques années. Aujourd’hui, les visiteurs ont donc la possibilité d’opter pour la visite à bord d’un autocar tout électrique, roulant à la même vitesse. Une initiative qui fait suite à un appel d’offres lancé par les exploitants du parc animalier. Les Cars Faure vont donc exploiter le second bus tout électrique en France, de la société PVI (Seine-et-Marne). L’Oreos 4X de 49 places effectuera ainsi sept navettes quotidiennes d’une heure, sur les 7 kilomètres du circuit, 7 j/7 et de 9 h 30 à 17 h 00. Une initiative préparée de longue date et qui réjouit aujourd’hui Raymond Faure: “Depuis le début des années 70, notre entreprise prône le véhicule propre. Nous avons notamment exploité le premier réseau urbain de Villefontaine, avec un véhicule expérimental de 30 places de la marque Sovel, destiné aujourd’hui à notre musée.” Pour l’expérimentation de Peaugres, Faure n’a pas lésiné sur les moyens. Outre le coût de l’Oreos 4X (400 000 euros), l’entreprise a dû former une douzaine de conducteurs.
De son côté, cette initiative permet au Safari de Peaugres de témoigner de ses efforts en faveur des transports collectifs. Le coût du contrat avec l’autocariste s’élève à 50 000 euros. Ce parc animalier s’est toujours considéré, à juste titre, comme un peu à l’écart des transports publics. Avec une exploitation qui s’étend de mi-février à mi-novembre, il reçoit autour de 250 000 visiteurs par an. Environ 80 % de ce visitorat arrive de la région Rhône-Alpes, dont un tiers est représenté par les groupes scolaires ou autres. Et l’on sait que l’Ardèche reste le seul département français à ne disposer d’aucune ligne SNCF. Même les cars TER, qui font la desserte entre Le Péage-de-Roussillon et Annonay, n’ont pas d’arrêt à Peaugres. “Si nous arrivons à démontrer que notre clientèle n’est pas obligatoirement liée à la voiture particulière et choisit le système du car électrique, alors notre demande pour l’arrêt de l’autocar TER sera bien mieux entendue”, estime Christelle Vitaud, directrice du Safari de Peaugres. Un aménagement qui serait bien perçu, notamment par la clientèle scolaire régionale. Quant à Faure, cette expérience permet à l’entreprise de bénéficier d’un certain laboratoire en situation réelle et de profiter d’un retour d’expérience très opportun. Une belle occasion aussi pour l’entreprise d’entrer en lice dans la course à la concurrence des futurs appels d’offre qui, question environnement, lui fourniront une position privilégiée.
Premier conseil pour Dominique Perben
Présidé par son nouveau président, Dominique Perben, le conseil d’administration de l’Agence de financement des infrastructures de France (Afift) s’est réuni fin juin. Au programme: la signature de plusieurs conventions de financement pour la ligne ferroviaire à grande vitesse Bretagne-Pays-de-Loire et de six projets de transports collectifs comme la ligne BHNS de Cannes-Mandelieu-la-Napoule, le TCSP de Saint-Pierre de la Réunion, la ligne de tramway de l’agglomération tourangelle, le TCSP d’Antibes/Sophia Antipolis, le TCSP de la voie du canal de Saint-Martory à Toulouse et la deuxième ligne de tramway du Mans.
Peu de transport…
Le 27 juin dernier, Nicolas Sarkozy dévoilait les grandes lignes de son Grand Emprunt portant à 35 milliards d’euros "les investissements d’avenir." Le transport y est représenté de manière transversale avec douze projets de transport en commun dont un métro, onze tramways et huit lignes de bus totalisant un montant de 200 millions d’euros. Un bus hybride figure également au chapitre PME.
Des projets plein la tête
La RATP veut développer une liaison directe entre la Gare du Nord et l’aéroport Roissy-Charles-de-Gaulle d’ici à deux ans. Officialisé fin juin devant la commission du développement durable et de l’aménagement du territoire de l’Assemblée nationale, ce chantier prévoit de mobiliser entre 150 et 200 millions d’euros dont la moitié devrait être supportée par la SNCF. Seul hic: la Gare du Nord affiche une capacité a priori limitée par rapport aux besoins de cette liaison. Autre dossier chaud de la régie parisienne: une éventuelle entrée au capital des transports de Clermont. En effet, l’an prochain, le réseau du Clermontois sera remis en appel d’offres et la société mixte T2C, dont le Syndicat mixte des transports en commun de l’agglomération clermontoise est actionnaire à 65 %, veut se rapprocher d’un nouveau partenaire industriel, en remplacement de la Caisse d’épargne d’Auvergne et du Limousin qui détient déjà 24,51 % du capital. Opposés à cette opération, les syndicats réclament un passage en régie. Affaire suivre.
Forte de plus de vingt ans d’expérience et basée à Gretz-Armainvilliers (77), l’entreprise PVI emploie plus de 150 personnes dont plusieurs dizaines d’ingénieurs. Ceux-ci sont particulièrement rattachés aux développements des véhicules du futur. L’actionnariat s’articule autour d’un groupe industriel majeur (Marcel Dassault), un partenaire financier (Centuria Capital) et une holding (Sovibus) regroupant le management de l’entreprise. Pour l’expérimentation de Peaugres, l’Oreos 4X a donc été retenu. Ce véhicule dispose d’une capacité de 25 places assises et 24 debout, et d’une place pour personne à mobilité réduite. Il affiche une puissance équivalente de 140 chevaux, ce qui lui autorise une vitesse de pointe en charge de 70 km/h sur le plat, de 12 km/h pour une pente de 18 %. Mais ce sont ses performances environnementales qui sont les plus impressionnantes. En considérant les émissions de la production à l’utilisation, l’Oreos 4X rejette l’équivalent de 90 grammes de CO2 par kilomètre. À titre de comparaison, sur les mêmes bases, un véhicule diesel de même catégorie rejette 1 065 grammes.
